Euro: Eriksen a retrouvé le nord avant Danemark-Finlande

La joie du milieu de terrain danois Christian Eriksen, après avoir marqué sur pénalty face à l’Islande, lors de leur match de Ligue des Nations, le 15 novembre 2020 à Copenhague
Par Camille BAS-WOHLERT, Anthony LUCAS / © 2021 AFP

A l’Euro, qu’il débute samedi à domicile contre la Finlande (18h00), le Danemark espère bien profiter du rythme retrouvé de son meneur Christian Eriksen, relancé par sa belle fin de saison à l’Inter Milan et le titre de champion d’Italie.

“Cela joue un rôle d’arriver à l’Euro avec une victoire en championnat dans ses bagages. Cela donne confiance et fait croire que tout est possible. Il faut cette conviction à l’approche d’une phase finale”, a confié l’Intériste à l’agence danoise Ritzau.

Avant de retrouver le 17 juin la Belgique de son équipier nerazzurro Romelu Lukaku, Eriksen et ses partenaires doivent démarrer du bon pied samedi contre la Finlande, l’équipe a priori la plus abordable du groupe B. La Finlande dispute son tout premier tournoi majeur, après plus de 80 ans de tentatives infructueuses.

Le Danemark, qui a décroché en préparation un nul heureux contre l’Allemagne (1-1) avant de dominer la Bosnie (2-0), semble lui avoir les moyens de jouer l’une des deux premières places avec les Diables rouges.

Certains rêvent même tout haut d’aller loin, comme le gardien Kasper Schmeichel qui se verrait bien marcher sur les traces de son père, vainqueur de l’édition 1992.

Le Danemark a deux atouts pour nourrir ses ambitions: jouer à domicile ses trois matches du 1er tour (avec la Russie en troisième adversaire) et un Eriksen au sourire retrouvé après avoir longtemps traîné sa peine à l’Inter Milan.

Arrivé en janvier 2020 chez les Nerazzurri, le discret Danois aura en effet mis en effet plus d’un an à convaincre l’exigeant entraîneur Antonio Conte.

“J’ai grandi”

Alors qu’il songeait à partir, l’ex-meneur de Tottenham a marqué fin janvier un but essentiel en Coupe d’Italie contre l’AC Milan (2-1)un coup franc dans le temps additionnelqui a changé la suite de sa saison. Il a alors pris la place du fantomatique Arturo Vidal pour ne plus la perdre, devenant un titulaire indispensable de l’Inter, dans un rôle de meneur reculé.

“Je ne sais pas s’il faut parler d’un nouveau Eriksen ou simplement d’un Eriksen qui joue davantage. Je me suis adapté au nouveau système. (…) Conte et moi avions besoin de mieux nous connaître”, a-t-il expliqué en mars au sujet de ce renouveau.

Et le milieu de 29 ans se sent désormais prêt à assumer son rôle de leader chez les “Rod-Hvide” (rouge et blanc), qui lui ont servi de bouée de sauvetage pendant l’automne en lui offrant du temps de jeu alors que Conte le laissait sur le banc à Milan.

“Il y a dix ans, j’aurais dit que je n’avais pas besoin du regard de quiconque sur moi. Mais j’ai grandi au cours de ma carrière, tout comme les attentes des gens à mon égard et ça donne un coup de pouce supplémentaire de savoir que les attentes sont élevées et que les yeux sont rivés sur moi”, a-t-il assuré à Ritzau.

“En quelque sorte, j’ai travaillé pour être celui qu’on regarde, donc je vois la pression comme un élément positif maintenant”, a ajouté l’international danois aux 108 sélections (pour 36 buts).

“Nous sommes heureux d’avoir un joueur comme lui”, abonde l’attaquant Yussuf Poulsen, auteur du but contre l’Allemagne (1-1) en préparation, sur un passe en profondeur millimétrée d’Eriksen. “Christian a le sang-froid et la vision pour savoir quand frapper.”