Euro: Donnarumma, la finale de Londres avant le transfert à Paris

Le gardien de but italien Gianluigi Donnarumma stoppe le pénalty de l’attaquant espagnol Alvaro Morata, lors de la séance de tirs au but, remportée par la Squadra Azzurra (1-1, 4-2 t.a.b.), en demi-finale de l’Euro 2020, le 6 juillet 2021 au stade de Wembley à Londres
/ © 2021 AFP

Solide pendant le temps additionnel, décisif dans les tirs au but, Gianluigi Donnarumma a bien la tête à l’Euro dont il disputera la finale avec l’Italie, dimanche, malgré son transfert imminent au Paris SG.

A 22 ans, c’est avec l’assurance d’un vieux briscard qu’il a remporté son duel psychologique avec Alvaro Morata sur la quatrième tentative des Espagnols.

Il a parfaitement anticipé la frappepas très appuyée, il est vraide l’avant-centre qui aura traversé cet Euro presque comme un chemin de croix, pour repousser de la main gauche et offrir à Jorginho une balle de match que le joueur de Chelsea, presqu’un des locaux de l’étape, n’a pas manquée.

Une petite revanche personnelle dans un mano a mano qui avait d’abord tourné à l’avantage de l’Espagnol.

Entré à la 62e, deux minutes après l’ouverture du score italienne, Morata avait égalisé à dix minutes de la fin du temps réglementaire en prenant à contre-pied le gardien, déjà parti sur sa gauche lors de leur face-à-face, alors qu’il avait placé le ballon à droite, cette fois.

Mais l’Italie ne pouvait vraiment pas en vouloir à son portier.

Bousculé comme jamais dans ce tournoi qu’elle avait jusque là dominé, elle lui doit d’avoir atteint l’épreuve des tirs au but.

A la 25e, il avait bloqué une frappe de Dani Olmo quasiment au point de pénalty, sur sa droite et à ras de terre.

A la 58e, il avait aussi bien arrêté de deux mains fermes un tir de Mikel Oyarzabal et lors de la prolongation, il avait été présent pour dégager du poing un centre juste au-dessus de la tête de Morata (102e).

Archétype du gardien moderne

Tout au long du tournoi, il a dégagé une sérénité qui est pour beaucoup dans la solidité défensive de la “Nazionale”, une condition impérative pour qu’elle aille loin en tournoi.

“Cela fait six ans que je joue en Serie A, il y a plus de respect (envers moi)”, avait-il estimé il y a une semaine.

“Je me fais entendre et mes coéquipiers m’écoutent aussi. Le gardien de but doit donner des ordres à la défense et on doit faire ressentir de la sécurité et de la confiance, toujours”, avait-il ajouté.

Avec son 1,96m et malgré son jeune âge, il incarne parfaitement le gardien moderne qui ne peut plus se contenter d’être athlétique, vif et sûr avec ses mains.

En qualifiant l’Italie pour sa quatrième finale à l’Euro, après la victoire en 1968, mais des défaites en 2000 et 2012, il marche sur les pas des plus grands, qui ont pourtant laissé un énorme vide à combler.

“Je suis conscient que des gardiens avant moi ont fait l’histoire, mais je n’ai pas de pression. (…) Les records de Buffon, ça motive, ce n’est pas simple mais j’essaierai de les battre”, avait assuré Donnarumma, sur le site de l’UEFA.

“Il a 22 ans et donc des marges de progression encore importantes. De plus, c’est un garçon doté d’un caractère fort, il réussit toujours à être égal à lui-même, quelle que soit la situation”, l’avait complimenté, auprès de l’AFP, Walter Zenga, qui avait notamment gardé la cage de l’Italie à l’Euro 88 et au Mondiale 90.

Il semble d’ailleurs prêt à franchir un nouveau palier alors que son contrat jusqu’en 2026 avec le Paris SG n’attend plus que sa signature, selon la presse italienne.

Avec son parcours dans cet Euro, il pourra arriver la tête haute au Camp des Loges et garder cette belle assurance qui lui réussit si bien.