Euro: dans les pas de l’Islande, la Finlande croit en son étoile

Les joueurs de la Finlande ont créé la surprise en dominant le Danemark dans le groupe B de l’EURO à Copenhague, le 12 juin 2021
Par Alexis HONTANG, avec Sam KINGSLEY à Helsinki / © 2021 AFP

Victorieuse, dans un contexte particulier, pour sa première dans un Euro, la Finlande rappelle l’Islande de 2016, avec un groupe sans star ni complexe qui pourrait se qualifier pour les huitièmes de finale en cas de succès contre la Russie, mercredi à Saint-Pétersbourg (15h00).

Samedi dernier, face au Danemark à Copenhague, les joueurs finlandais n’ont pas eu la tête à fêter leur succès (1-0), passé au second plan derrière l’arrêt cardiaque en plein match de Christian Eriksen.

“Normalement dans le vestiaire, il y a de la musique, des chants, des danses, ce genre de choses, mais là, il n’y a rien eu”, a remarqué le capitaine Tim Sparv.

Il fallait voir les images des célébrations de supporters, réunis dans le centre de Helsinki, pour comprendre la portée historique de leur performance.

Avant cet Euro, jamais le pays de 5,5 millions d’habitants n’avait disputé de tournoi majeur. Le voilà désormais avec une victoire, et des ambitions pour se qualifier.

Dès la deuxième journée du groupe B, la Finlande peut valider son billet pour les huitièmes si elle bat la Russie, et que le Danemark ne s’impose pas contre la Belgique, jeudi.

Concept minimaliste

Même en cas de victoire danoise, avec six points, les hommes de Markku Kanerva sont quasi certains d’avancer, en vertu du système qui permet le repêchage des quatre meilleurs troisièmes.

Un nul pourrait même suffire, en fonction des résultats de la dernière journée, qui verra la Finlande affronter la Belgique, lundi: “Ce n’est pas la bonne attitude que de jouer un match pour faire un nul. On veut gagner”, a rectifié mardi le milieu Joni Kauko.

“On ne va pas seulement à l’Euro pour participer, on veut réussir. Je n’ai peur de personne!”, a lancé à l’AFP le sélectionneur finnois avant la compétition.

Sa recette ? Un bloc ultra-compact, solidaire et bien organisé, qui rend pour l’adversaire la route vers le but de Lukas Hradecky aussi glissante que celles du rallye de Finlande.

En attaque, les “Huuhkajat” (“Hiboux grands-ducs”) misent sur l’efficacité de Teemu Pukki, le quatrième meilleur buteur des éliminatoires (10 buts), pour transformer leurs rares occasions.

Le joueur de Norwich, promu en Premier League la saison prochaine, est à deux réalisations d’égaler le record de Jari Litmanen (32), l’ancienne star de l’Ajax.

Le concept peut sembler minimaliste, mais il rapporte gros: en novembre dernier, la France championne du monde est partie dans le décor, dans un match amical perdu à la surprise générale (2-0) face aux Finlandais.

Samedi, le Danemark a totalisé 23 tirs, dont un penalty, arrêté par Hradecky, et la Finlande un seul.

Club de lecture

“Il y a eu des circonstances exceptionnelles (contre le Danemark), a relevé Kanerva. Mais on a réussi à gagner, et j’espère que cela va nous aider pour la suite.”

L’Euro peut sourire aux audacieux venus du froid: en 2016, l’Islande, pour sa première participation à un tournoi majeur, avait atteint les quarts de finale, après un exploit contre l’Angleterre en huitièmes (2-1).

La similitude s’étire aussi à travers l’histoire originale de certains cadres de ces sélections.

Les Islandais avaient un gardien réalisateur de clips (Hannes Halldorsson), les Finlandais ont un capitaine (Sparv) qui tient un club de lecture et livre ses pensées sur son blog.

“L’Islande nous a inspirés. Cet exemple nous a montré que, même pour les soi-disants plus petits pays, si on fait les choses correctement et qu’on croit en nos rêves, ceux-ci peuvent devenir réalité”, a assuré Kanerva.

Or, quand l’Islande était soutenue par des fans bruyants en France, les restrictions sanitaires limitent l’afflux de fans finlandais en Russie, malgré la proximité entre le pays des mille lacs et Saint-Pétersbourg, dont le centre est à trois heures de route de la frontière.

Mais les joueurs, eux, ont l’espoir d’aller loin.

“On a commencé le tournoi avec un rêve. Mais cela passe par des étapes. On n’a pas encore atteint notre rêve, a rappelé Kanerva. On reste concentrés sur notre jeu défensif, on doit aussi développer notre attaque. Si on veut concrétiser notre objectif, ce serait bien d’avoir plus de tirs que face au Danemark.”