Euro: Barella se met en quatre pour envoyer l’Italie en demie

Le milieu italien Nicolo Barella a lancé la Squadra Azzurra vers sa victoire sur la Belgique en quarts de finale de l’Euro à Munich, le 2 juillet 2021
/ © 2021 AFP

Au milieu de cette séduisante Italie, Nicolò Barella était celui qui décevait un peu, jusqu’ici à l’Euro. Le tonique lutin de l’Inter Milan attendait en fait son heure et le quart contre la Belgique (2-1) pour propulser les Azzurri vers les demi-finales.

Le Sarde (1,72 m), outre sa combativité habituelle, a mis l’Italie sur orbite avec un joli premier but où sa technique et sa vitesse d’exécution ont mis au suplice la défense belge.

Servi par Marco Verratti, qui a intercepté une relance ratée de la défense belge, peu inspirée sur le coup, Barella a résisté à Jan Verthongen puis Thomas Vermaelen pour ouvrir la marque d’une jolie frappe croisée du droit.

L’expérimentée défense belge a fait son âge face au technique milieu de 24 ans, auteur de son sixième but en 27 sélections.

Voir Barella briller dans un tel match, face à l’équipe considérée par le sélectionneur italien Roberto Mancini “comme la meilleure en Europe, voire dans le monde, avec la France”, n’a pas pas surpris les habitués de la Serie A. Ni son coéquipier de l’Inter Milan Romelu Lukaku, qui a souvent profité de ses passes cette saison.

Au même titre que le Belge, le joueur aux allures d’étudiant sage a joué un rôle prépondérant dans le scudetto de l’Inter Milan.

L’ex-joueur de Cagliari, passé par l’école de foot de l’ex-international italien Gigi Riva, s’est affirmé comme la meilleure rampe de lancement des Nerazzurri pour sa seconde année en Lombardie. Un métronome indispensable à Antonio Conte, dont a souvent dépendu le rythme de l’équipe.

“Son moment est arrivé”

Avant l’Euro, Marcello Lippi, comme d’autres grandes figures du football italien, en faisait ainsi l’Italien à suivre.

“Barella, ce n’est pas une nouveauté, mais ce sera la surprise du tournoi”, avait assuré le sélectionneur qui a emmené l’Italie à sa quatrième étoile mondiale en 2006.

“Son moment est arrivé. J’aime comment il joue, comment il se bat, comment il court. Notre étoile, c’est lui”, avait-il clamé.

Dans l’Italie joueuse de Mancini, le Sarde s’est imposé comme le parfait complément des deux meneurs, Verratti et Jorginho.

Pendant que les deux font circuler la balle et gère le tempo, Barella est celui qui est chargé de faire les incursions, en emmenant le ballon à grandes enjambées vers la surface adverse.

Les Belges ont bien tenté d’éteindre le feu follet mais il allait souvent trop vite pour eux. Et son service pour Ciro Immobile aurait pu valoir un troisième but (62e) si l’avant-centre de la Lazio n’avait pas manqué son contrôle.

Nicolò Barella a retrouvé ses meilleures jambes au meilleur moment.

Jusqu’ici, il faisait ses matches, au diapason d’une belle équipe d’Italie qui a survolé le premier tour, mais sans vraiment sortir du lot.

Pire, contre l’Autriche dans un huitième de finale physique, il avait un peu disparu comme tout le milieu de terrain azzurro en début de seconde période. Et c’est Matteo Pessina, entré à sa place, qui avait brillé en marquant le précieux second but (2-1 a.p.).

Pendant la semaine, la question a même été débattue en Italie de savoir s’il ne fallait pas laisser l’Intériste souffler pour lancer d’entrée le milieu de l’Atalanta, en pleine confiance avec la Nazionale.

Au vu du match de Barella, cela aurait été dommage pour l’Italie, désormais lancée à toutes jambes vers Wembley, à la vitesse des percés de son précieux milieu.