Euro: Autriche-Macédoine du Nord, le grand ancien contre le petit nouveau

L’attaquant nord-macédonien Goran Pandev après un but lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2022 contre l’Allemagne, à Duisbourg, le 31 mars 2021
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

Entre l’Autriche, qui n’a plus brillé depuis 40 ans, et la Macédoine du Nord, toute nouvelle à ce niveau, la rencontre promet pour l’entrée dans l’Euro de deux outsiders du groupe des Pays-Bas, dimanche (18h00, 16h00 GMT) à Bucarest.

En revanche pour l’âge du capitaine, l’ordre hiérarchique est inversé. A 37 ans, Goran Pandev reste le grand guide de sa sélection, quand l’Autriche est menée par David Alaba (28 ans), star du Bayern Munich en partance pour le Real Madrid.

“Est arrivé le jour dont j’ai rêvé toute ma vie. Celui pour la Macédoine de jouer un tournoi majeur comme celui-là”, a écrit la star sur son compte Instagram.

Si les deux équipes restent méconnues du grand public, elles n’ont pas de secret l’une pour l’autre, pour s’être déjà croisées lors des qualifications. L’Autriche a gagné les deux matches, 4-1 à Skopje, avec un doublé de Marko Arnautovic, et 2-1 à Vienne.

A propos de connaissances, Arnautovic jouait avec Pandev dans l’Inter Milan de José Mourinho, en 2010, mais le Macédonien était un cadre, titulaire lors de la finale de Ligue des champions gagnée contre le Bayern Munich (2-0), quand Arnautovic n’a joué que trois bouts de match dans la saison.

Voilà pour le passé. Pour le présent, l’objectif est un peu le même: décrocher une première victoire dans un Euro.

Sépia et Wunderteam-

Défi logique pour les bizuths macédoniens. Il s’agit même du match le plus important de leur jeune histoire, depuis la victoire en barrage contre la Géorgie (1-0), évidemment signée Pandev, et jusqu’au prochain, toujours à Bucarest, contre l’Ukraine, jeudi.

Mais pour l’Autriche aussi ce rendez-vous pèse lourd. Car l’aigle viennois n’a encore jamais remporté un match à l’Euro. Deux défaites et un nul, c’est le bilan identique de leurs deux participations, en 2008 et 2016.

Même à domicile, lors de l’Euro-2008 coorganisé avec la Suisse il y a 13 ans, l’Autriche n’a pas réussi à marquer plus d’un point.

Pire, elle n’a plus franchi un premier tour de grand tournoi depuis 1982 et le Mondial espagnol.

Il faut remonter aux images sépias des années 1930 pour retrouver les souvenirs de la “Wunderteam” de Matthias Sindelar faisant trembler l’Europe, jusqu’aux demi-finales du Mondial-1934.

Son meilleur résultat reste la troisième place à la Coupe du monde en Suisse, en 1954.

“Écrire l’histoire”

“Nous pouvons devenir la première équipe autrichienne à remporter un match à l’Euro”, a rappelé le sélectionneur, Franco Foda.

Mais le coach allemand ne “sen(t) pas de pression” pour autant. “Non, au contraire j’ai déjà parlé aux joueurs et au staff de la possibilité d’écrire l’histoire. Nous voulons vraiment gagner ce premier match et ensuite fixer de nouveaux objectifs et penser à passer le premier tour”.

Mais la nouvelle équipe promet autour d’Alaba, avec notamment le chef d’orchestre du RB Leipzig, Marcel Sabitzer, l’arrière ultra-offensif Stefan Lainer (Mönchengladbach) ou le géant de Stuttgart Sasa Kalajdzic (2,00 m), qui devrait animer le mercato estival, et plus encore s’il réussit son Euro.

La Macédoine du Nord et ses 2 millions d’habitants n’est pas aussi bien armée. Derrière Pandev, seul le milieu napolitain Eljif Elmas a fait ses preuves au niveau international.

Mais les “Risovi” (lynx) ont un esprit de corps à revendre, forgé à l’Euro-2017 Espoirs, disputé par l’ossature de cette équipe, et une défense à trois rodée, avec Egzon Bejtulai, Visar Musliu et Darko Velkovski.

Enfin les sang et or des Balkans avancent éclairés par l'”exploit de Duisbourg”, leur victoire contre l’Allemagne (2-1) en match de qualification pour le Mondial-2022 en mars.

“Nous sommes très fiers de participer pour la première fois à un grand tournoi, alors nous n’attendons rien de particulier, juste la fierté et le plaisir d’être là”, raconte un supporter croisé à Bucarest, Nenad Mirvkoski. “Prendre un point contre l’Autriche, ce serait bien”.