Euro: au Danemark, l’euphorie en rouge et blanc avant les quarts

Un supporter danois lors du 8e de finale contre le Pays de Galles, à Amsterdam, le 26 juin 2021
Par Camille BAS-WOHLERT / © 2021 AFP

Après les affres de la tragédie et le miracle de la résurrection, le Danemark tout entier baigne dans l’euphorie pour soutenir ses “gars” avant le quart de finale de l’Euro samedi contre les Tchèques.

La qualification pour les demi-finales? Une formalité, si l’on en croit les supporters danois dans les rues de Copenhague. “On est sur une vague qui ne peut pas être arrêtée maintenant”, garantit Ricky Thomsen, 34 ans.

Le petit pays nordique a cru perdre en direct son meilleur joueur Christian Eriksen, sauvé de justesse d’un arrêt cardiaque, puis il a décroché une qualification inédite après deux défaites lors des deux premiers matches.

Après la démonstration contre le pays de Galles (4-0) en huitièmes, le Danemark jubile et se sent porté d’une nouvelle force.

“Le soutien actuel est irrésistible, les encouragements sont partout, c’est fantastique”, souligne Christian Kokholm Rothmann, président de l’association des supporters danois.

“La manière dont l’équipe et particulièrement (le capitaine) Simon Kjaer, ont réagi a permis à beaucoup de Danois de réaliser à quel point les joueurs prennent soin les uns des autres, à quel point ils sont humains”, dit-il.

Rupture de stock

A Copenhague, le rouge et le blanc dominent: la ville pavoise, des drapeaux aux fenêtres aux devantures des magasins et les heureux détenteurs de maillotsil est en rupture de stockn’hésitent pas à les porter fièrement, jour de match ou pas.

De toutes ces expériences, la bande à Schmeichel fils est sortie grandie et la ferveur populaire a été décuplée, permettant à la devise de la fédération de football “une part de quelque chose de grand” de prendre tout son sens.

“Le pays entier baigne dans la joie et la félicité en ce moment”, résume le journaliste Poul Ferdinand, qui suit l’équipe nationale pour le quotidien populaire Ekstra Bladet.

“Les performances lors des deux dernières rencontres ont vraiment été excellentes”, note-t-il.

Le rêve de rééditer 1992 et la victoire miracle danoise, invitée de dernière minute, n’est jamais loin.

Pour David Andersen, un supporter de 33 ans, aucun doute, “c’est la meilleure équipe que je n’ai jamais connue. Il y a de bonnes chances que l’on fasse quelque chose d’historique”.

Propriétaire d’un café dans le centre de Copenhague, il a mis au point avec son torréfacteur un café pour l’équipe nationale baptisé “Damsinho”, surnom aux accents brésiliens de Mikkel Damsgaard, l’étoile montante du 11 danois.

Fier et rassemblé

D’après l’étiquette, les graines sont récoltées au “septième ciel”autrement dit l’état actuel des supporters.

Pas besoin de lire dans le marc de café: David se voit déjà en demi.

“C’est sûr qu’on a une chance et j’ai hâte d’en être au match à Wembley. Je prévois un match très serré contre l’Angleterre”, dit-il.

Avant de jouer à Londres, et redevenir éventuellement champion d’Europe, il faudra d’abord vaincre la République tchèque à Bakou, où peu de supporters feront le voyage, notamment à cause des règles de quarantaine qui ne permettent pas de se rendre ensuite à Londres, à moins d’être pleinement vaccinés.

Dans la capitale anglaise, les supporters danois, connus sous le surnom local de “roligans”des hooligans calmes

, préviennent déjà qu’ils feront beaucoup de bruit.

“J’ai entendu dire que les supporters danois étaient calmes mais c’est une rumeur bizarre (…) certains supporters sont très très bruyants”, s’amuse Christian.

La Première ministre, Mette Frederiksen, grande “addict” aux réseaux sociaux, a elle annoncé jeudi qu’elle ferait une exception à sa pause de publications pour cause de congés.

Avant même le huitième contre le pays de Galles, elle avait remercié l’équipe d’avoir rendu le pays “fier” et de l’avoir “rassemblé”.