Euro: à 30 ans, Wijnaldum sort de l’ombre avec les “Oranje”

La capitaine néerlandais Georginio Wijnaldum célèbre un but contre la Macédoine du Nord à l’Euro le 21 juin 2021 à Amsterdam
Par Christophe BEAUDUFE avec Benoît NOEL à Bruxelles / © 2021 AFP

Ceux qui ont vu les premiers trois matches des Pays-Bas dans cet Euro auront compris pourquoi l’ambitieux Paris SG vient de le recruter: Georginio Wijnaldum, animateur d’attaque, buteur et capitaine, sera de nouveau un atout maître des “Oranje” dimanche en 8e de finale contre la République tchèque.

“On se focalise beaucoup sur (Memphis) Depay. A juste titre (…) Mais, sur ce tournoi, il doit beaucoup à Georginio Wijnaldum. Leur complémentarité est évidente”, analyse l’ancien international néerlandais Ruud van Nistelrooy, dans le quotidien Algemeen Dagblad de vendredi.

“+Gini+ est plus dans l’ombre, mais son boulot est incroyable”, poursuit le joueur aux 70 sélections: “Si c’est le vrai patron de l’équipe? Je ne sais pas. Mais cela y ressemble. Il a l’expérience, le talent…”

A 30 ans, cet enfant de Rotterdam semble en tous cas franchir un nouveau cap. Après cinq saisons à Liverpool (une Ligue des champions, un titre de champion d’Angleterre), il rejoindra en août le PSG et ses prestations à l’Euro ne peuvent que donner raison au club français qui rêve, enfin, de décrocher la C1.

“Travailleur de l’ombre”

A l’Euro, il a marqué trois des huit buts des Pays-Bas (meilleure attaque de la phase de poules): le premier de la victoire 3-2 contre l’Ukraine, suivi d’un doublé contre la Macédoine du Nord (3-0), qui lui a permis de repartir avec le trophée d'”homme du match” de l’UEFA.

Wijnaldum compte désormais 25 réalisations en sélection, soit une de plus que la légende Marco van Basten (24), qui lui reconnaît des qualités, sans toutefois s’extasier.

“Georginio s’impose comme un joueur fondamental de De Boer. C’est un excellent régulateur et sa connexion avec Depay est excellente”, juge-t-il, “mais ce n’est jamais lui qui fera la différence. C’est plutôt un travailleur de l’ombre”.

Son entraîneur à Liverpool Jürgen Klopp, qui a fait des pieds et des mainsen vain

pour l’empêcher de partir, n’est pas de cet avis: “C’est un rêve pour un entraîneur, a-t-il dit, c’est l’un des joueurs les plus intelligents que j’ai eu le privilège d’entraîner (…) Il a tout ce dont vous avez besoin”.

Cette intelligence du jeu donne à Wijnaldum une polyvalence rare à ce niveau. Il a joué dans sa carrière à tous les postes du milieu de terrain, il a dépanné en défense centrale, et avait même joué attaquant lors de ses débuts au PSV Eindhoven.

“One Love”

La saison dernière, il a été le joueur le plus utilisé par Klopp, avec 51 apparitions sous le célèbre maillot rouge, et nul n’ignore son influence dans le vestiaire, où il fait partie, comme en sélection, des leaders du vestiaire.

“C’est M. Régularité”, avait dit de lui l’ancien grand buteur anglais Alan Shearer, qui l’avait placé très haut dans sa liste des meilleurs joueurs de la saison l’année du titre de champion d’Angleterre (2019-2020). “Il a obtenu un 8/10 ou plus à chaque match”, se justifiait-il, “sa qualité de passe, son énergie et son dynamisme ont aidé les trois de devant (Salah, Mané, Firmino) à briller”.

Cette forte personnalité s’est également fait remarquer hors du terrain cette semaine, en appelant l’UEFA à intervenir en cours de match en cas d’insultes racistes venues des tribunes.

“Je pense que l’UEFA doit nous protéger. Ils peuvent arrêter le jeu dans ce genre de cas. Cela ne devrait pas être la responsabilité des joueurs”, a-t-il lancé, alors que les Pays-Bas joueront leur 8e de finale à Budapest, où plusieurs incidents racistes ou homophobes ont été dénoncés lors des premières rencontres.

Pendant le match, Wijnaldum a annoncé qu’il porterait un brassard “One Love” en soutien à la cause LGBT.