Le sĂ©lectionneur des Bleus Didier Deschamps Ă  la fin du match victorieux contre l’Albanie en qualif de l’Euro-2020, le 17 novembre 2019 Ă  Tirana
Par Antoine MAIGNAN, Jeremy TALBOT / © 2019 AFP

A moins de 200 jours de l’Euro-2020, les Bleus vont connaĂ®tre la composition de leur groupe, samedi lors d’un tirage Ă  Bucarest oĂą ils hĂ©riteront Ă  coup sĂ»r de l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie… et peut-ĂŞtre du Portugal de Cristiano Ronaldo en bonus.

“C’est le vrai coup d’envoi du tournoi aujourd’hui, nous espĂ©rons que le tirage sera passionnant”, a lancĂ© Giorgio Marchetti, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de l’UEFA, samedi matin devant la presse.

Les premières boules seront tirées à partir de 18H30 depuis le Romexpo Exhibition Centre de la capitale roumaine, en présence des sélectionneurs des vingt nations déjà qualifiées, dont Didier Deschamps.

L’effet de surprise, cependant, est lĂ©gèrement entamĂ© avant mĂŞme la cĂ©rĂ©monie. Car certains groupes sont dĂ©jĂ  en partie prĂ©-remplis pour des raisons sportives, diplomatiques et gĂ©ographiques qui tiennent Ă  l’organisation de cet Euro (12 juin-12 juillet 2020) Ă©clatĂ© dans douze villes du Vieux continent.

La Belgique, par exemple, connaît déjà sa destination et quasiment tous ses adversaires: les ambitieux demi-finalistes du Mondial-2018 iront à Saint-Pétersbourg et Copenhague pour défier la Russie et le Danemark, ainsi que la Finlande ou le pays de Galles dans le groupe B.

Les Pays-Bas devront de leur cĂ´tĂ© batailler contre l’Ukraine dans les matches du groupe C prĂ©vus Ă  Amsterdam et Bucarest, avec les Finlandais ou Gallois aussi en ligne de mire.

“Ça retire tout le plaisir d’un tirage au sort”, a d’ailleurs pestĂ© le milieu belge de Manchester City, Kevin De Bruyne, dĂ©nonçant “une sorte de falsification de la compĂ©tition”.

L’UEFA a tentĂ© d’Ă©teindre la polĂ©mique samedi, affirmant que les règles Ă©taient “claires depuis le dĂ©part”. “Quand il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’organiser un Euro comme celui-lĂ , c’Ă©tait Ă©vident qu’il y aurait une incidence sur certaines règles sportives”, s’est dĂ©fendu Marchetti, le prĂ©posĂ© au tirage.

Courts voyages ou périple?

Pour les Français, cependant, le tirage comporte encore de nombreuses inconnues. Le sĂ©lectionneur Didier Deschamps n’a que deux certitudes: il n’aura pas Ă  affronter les Belges et les NĂ©erlandais, d’une part, mais il faudra forcĂ©ment se frotter Ă  l’une des quatre autres tĂŞtes de sĂ©rie.

Concrètement, les champions du monde et vice-champions d’Europe en titre voyageront Ă  Rome et Ă  Bakou (groupe A) s’ils hĂ©ritent de l’Italie, absente du Mondial-2018 mais qualifiĂ©e Ă  l’Euro-2020 après 10 victoires en 10 matches.

L’Angleterre avec ses jeunes pĂ©pites Tammy Abraham, Raheem Sterling ou encore Trent Alexander-Arnold ferait un rival solide dans le groupe D hĂ©bergĂ© Ă  Glasgow et Londres, oĂą se tiendront aussi les demi-finales puis la finale.

Le tirage peut également les envoyer à Budapest et Munich, où les attendrait la jeune garde allemande des Julian Brandt, Leon Goretzka et Serge Gnabry. Le cador du groupe F revient fort après la claque du Mondial russe, terminé dès la phase de poules.

Dernier adversaire possible parmi les tĂŞtes de sĂ©rie: l’Espagne du revenant Luis Enrique, intronisĂ© mi-novembre sĂ©lectionneur cinq mois après son dĂ©part pour raison personnelle, et dont le come-back a provoquĂ© un clash avec Robert Moreno, son ex-adjoint et successeur.

Affronter la Roja, à la peine depuis son triplé historique Euro-Mondial-Euro (2008-2012), entraînerait pour les Bleus des déplacements à Bilbao et Dublin, villes hôtes du groupe E.

Attention au Portugal

L’autre enjeu est de savoir si les Bleus retrouveront, dès la phase de poules, leur bourreau portugais de la finale de l’Euro-2016 perdue Ă  domicile.

Les partenaires de Cristiano Ronaldo se sont qualifiĂ©s lors de l’ultime journĂ©e d’une phase de qualification qu’ils n’ont guère survolĂ©e (5 victoires, 2 nuls, 1 dĂ©faite), ce qui les place parmi les “petites” nations du tirage, rangĂ©es dans le troisième chapeau.

Pour rĂ©sumer, la France pourrait dans le pire des cas se retrouver dans un groupe de quatre avec l’Allemagne et le Portugal, par exemple.

Au-delĂ  de l’identitĂ© des adversaires, le tirage au sort livrera des informations cruciales sur les dĂ©placements Ă  venir ainsi que les temps de rĂ©cupĂ©ration entre les matches, notamment en vue de la phase Ă  Ă©limination directe.

Mais le tirage ne lèvera pas toutes les incertitudes. Car pour la première fois dans l’histoire de l’Euro, les quatre derniers billets ne seront distribuĂ©s qu’en mars Ă  l’issue des barrages.

La Roumanie, pays hĂ´te, reste par exemple suspendue Ă  la performance Ă  venir de ses “Tricolorii”: pour dĂ©crocher leur billet, ils devront disputer une demi-finale de barrage, le 26 mars en l’Islande, avant une Ă©ventuelle finale le 31 mars en Bulgarie ou en Hongrie.