Le sĂ©lectionneur de l’Ă©quipe de Roumanie Mirel Radoi (c) Ă  la fin du match contre la France lors de l’Euro des moins 21 ans, le 24 juin 2019 Ă  Cesena
Par Mihaela RODINA et Ionut IORDACHESCU / © 2019 AFP

Accueillir samedi le tirage au sort de l’Euro-2020 puis ĂŞtre l’un des douze pays hĂ´tes de l’Ă©preuve: tout devrait inciter la Roumanie Ă  se rĂ©jouir. Mais Ă  sept mois du coup d’envoi, le pays est en plein doute, redoutant de n’ĂŞtre ni prĂŞt, ni qualifiĂ©.

“Je suis déçu car ni les stades ni les infrastructures pour transporter les touristes ne seront terminĂ©s. Et que dire de l’Ă©tat du foot roumain?”, se dĂ©sole Alexandru, un supporteur âgĂ© de 38 ans interrogĂ© par l’AFP après une nouvelle dĂ©faite du onze roumain battu 5-0 par l’Espagne, mi-novembre, en qualifications pour l’Euro (12 juin-12 juillet).

Pas de chance pour le nouveau sĂ©lectionneur national Mirel Radoi qui assistera samedi (18h françaises / 17h GMT) au tirage au sort officiel de la compĂ©tition Ă  Bucarest, sans savoir si son Ă©quipe jouera dans la cour des grands du football europĂ©en: pour espĂ©rer dĂ©crocher son billet, la Roumanie devra attendre une demi-finale de barrage contre l’Islande, le 26 mars Ă  Reykjavik, avant une Ă©ventuelle finale le 31 mars en Bulgarie ou en Hongrie.

L’ambiance n’est guère plus riante sur les chantiers des stades de la capitale. Les multiples retards ont pris une tournure politique lorsque le nouveau Premier ministre de centre droit, Ludovic Orban, a dressĂ© l’Ă©tat des lieux en novembre, quelques jours après sa prise de fonctions.

“Les travaux n’ont pas avancĂ© d’un pouce pendant quatre ans”, a-t-il dĂ©plorĂ©, mettant implicitement en cause les gouvernements prĂ©cĂ©dents, notamment la gauche.

La Roumanie a promis la modernisation de quatre stades de Bucarest destinés aux entraînements des équipes qualifiées.

Or pour le chef du gouvernement roumain, seuls deux d’entre eux seront “fonctionnels” avant le premier match, prĂ©vu le 14 juin.

Les fondations du troisième viennent juste d’ĂŞtre posĂ©es. En raison d’un litige, les travaux n’ont mĂŞme pas dĂ©marrĂ© sur un quatrième.

Les quatre rencontres du groupe C, qui compte notamment l’Ukraine et les Pays-Bas, seront quant Ă  elles disputĂ©es dans le National Arena de Bucarest, un stade d’environ 55.000 places, homologuĂ© pour les compĂ©titions europĂ©ennes.

Retombées économiques

“J’Ă©tais content quand j’ai entendu qu’on allait accueillir ces matches, en pensant qu’on aurait enfin de nouvelles infrastructures Ă  Bucarest. Mais on a rĂ©glĂ© le problème +Ă  la roumaine+”, en reniant tous les engagements, ironise un autre supporteur, Adrian, 32 ans.

InaugurĂ© en octobre, le chantier de la voie ferrĂ©e qui devrait relier l’aĂ©roport Ă  la principale gare de Bucarest est aujourd’hui retardĂ© par un recours des riverains.

Face Ă  ces critiques, le coordinateur national de l’Ă©vĂ©nement, Florin Sari, assure qu’il ne faut pas se faire de soucis: “Nous avons parcouru un long chemin et sommes entrĂ©s dans la dernière ligne droite”, a-t-il indiquĂ© Ă  l’AFP.

“Les infrastructures promises ne sont pas exigĂ©es par l’UEFA, elles Ă©taient simplement destinĂ©es Ă  appuyer notre candidature”, a-t-il ajoutĂ©.

Les équipes disposeront selon lui de trois autres stades pour leurs entraînements, dans la banlieue de Bucarest.

Pour cĂ©lĂ©brer les soixante ans de l’Euro, l’UEFA a choisi une organisation complexe et inĂ©dite de matchs disputĂ©s dans douze villes de douze pays.

Iulian, un supporteur âgĂ© de 31 ans, estime qu’il y a de quoi ĂŞtre content: “C’est quand mĂŞme cool, nous avons l’occasion de regarder tous ces matches chez nous, c’est pas comme si on pouvait le faire tous les ans.”

Les hĂ´teliers aussi se frottent les mains. “Nous comptons sur un total de 120.000 touristes Ă©trangers qui passeront en moyenne deux jours en Roumanie et y dĂ©penseront entre 72 et 96 millions d’euros”, a dĂ©voilĂ© Ă  l’AFP le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des hĂ´teliers roumains (FHR) Calin Ile.

“Tout ne sera peut-ĂŞtre pas parfait mais nous serons Ă  la hauteur”, conclut le journaliste sportif Ovidiu Ioanitoaia.