Euro-2020: Kai Havertz, star en Bundesliga, débutant en équipe d’Allemagne

La jeune pépite du foot allemand Kai Havertz, sous le maillot de Leverkusen, le 11 juillet 2019 à la BayArena
/ © 2019 AFP

En Bundesliga, Kai Havertz est une star. Mais en équipe nationale, il est le “petit nouveau” qui vient encore pour apprendre. Un curieux décalage qui devrait prendre fin en 2020 au plus tard.

Vendredi, le meneur de jeu de Leverkusen pourrait disputer son premier match officiel pour l’Allemagne en qualification pour l’Euro-2020, contre les Pays-Bas à Hambourg (20h45). La Mannschaft compte pour l’instant trois victoires en trois matches dans le groupe C, dont un succès 3-2 à Amsterdam contre les “Oranje” au match aller en mars.

La presse a déjà associé le nom de Havertz à toutes les plus grandes écuries d’Europe, du Real au Paris SG en passant par Barcelone et Munich. Sa valeur sur le marché des transferts est estimée à plus de 100 millions d’euros: de quoi entrer dans le Gotha des “vingt ans” les plus chers du monde.

“Il est vraisemblablement le joueur des prochaines années”, admet volontiers Joachim Löw, qui l’a fait passer directement de la sélection U19 à l’équipe A, sans passer par la case espoirs. Mais le sélectionneur allemand, fidèle à sa légendaire prudence, ne l’a jusqu’ici fait entrer en jeu que trois fois (dont une fois deux minutes pour sa première cape), et à chaque fois en match amical.

“Successeur au Ballon d’or”

“On voit à l’entraînement qu’il a d’énormes capacités”, a reconnu Löw jeudi, tout en justifiant sa décision de ne pas en faire encore un titulaire indiscutable: “En ce moment, tous nos postes sont doublés. Kai doit encore progresser (…) mais il peut être titularisé à tout moment, nous allons lui trouver une place, c’est clair, et dans les prochaines années il va s’imposer”.

“S’il se maintient à ce niveau, avec cette facilité, cette intelligence, cette présence sur le terrain et sa dangerosité devant le but, il pourrait devenir un jour mon successeur au Ballon d’Or”, a déjà jugé l’ancien capitaine de la Mannschaft Lothar Matthäus, désigné meilleur joueur du monde en 1990.

Havertz, lui, joue le rôle du débutant avec une rafraîchissante modestie: “Je suis encore jeune et je me réjouis d’être là, et d’apprendre beaucoup”, a-t-il lâché en début de semaine.

A tout juste 20 ans (il est né le 11 juin 1999), ce technicien surdoué attaque pourtant déjà sa quatrième saison en Bundesliga, où il a disputé 91 matches.

“J’ai une très bonne saison derrière moi, mais je dois continuer à faire mes preuves”, dit cet attaquant polyvalent, qui a marqué 17 buts et délivré quatre passes décisives pour Leverkusen la saison dernière, contribuant à qualifier son club pour la Ligue des champions.

“Aucune limite”

“Il n’a aucune limite”, assure son patron à Leverkusen Rudi Völler, lui aussi star de l’équipe championne du monde 1990, qui estime que son protégé peut devenir un joueur du calibre de Messi ou Ronaldo.

Sa limite, pour l’heure, est l’ambition limitée de Leverkusen. “Je le dis honnêtement, à un moment donné il va falloir que je fasse le prochain pas”, annonce Havertz, à qui le Bayern Munich fait les yeux doux, quitte à poser plus de 100 millions sur la table.

Le transfert ne s’est pas fait cette saison parce que Leverkusen, qui a laissé filer son autre vedette Julian Brandt à Dortmund, ne voulait pas perdre ses deux animateurs d’attaque en même temps. Et parce que le Bayern n’a pas mis beaucoup la pression, pour mieux se concentrer sur Leroy Sané, finalement resté à Manchester City et blessé pour plusieurs mois.

Mais d’autres sont aussi à l’affût. Mercredi, en marge du rassemblement de l’équipe nationale, le capitaine de Dortmund Marco Reus a incité ses dirigeants à entrer dans le match: “Je vais tout essayer pour le ramener vers Dortmund”, a-t-il avoué.