Les sĂ©lectionneurs du Portugal Fernando Santos (g), de la France Didier Deschamps et de l’Allemagne Joachim Löw après le tirage au sort de l’Euro-2020 le 30 novembre 2019 Ă  Bucarest
/ © 2019 AFP

Malchanceux au tirage de l’Euro-2020, les Bleus sont tombĂ©s samedi dans un groupe F ultra relevĂ© au cĂ´tĂ© de l’Allemagne et du tenant du titre portugais, deux poids lourds du foot mondial qu’il faudra dompter Ă  Munich et Budapest.

Les champions du monde de Didier Deschamps voulaient Ă©viter la Selecção de Cristiano Ronaldo, cinq fois Ballon d’or, et un dĂ©placement Ă  Bakou, une des douze villes hĂ´tes de l’Euro (12 juin-12 juillet 2020).

Ils ont Ă©vitĂ© un long pĂ©riple en AzerbaĂŻdjan mais ils ne pourront pas s’affranchir d’un bras de fer contre le champion d’Europe en titre, leur bourreau lors d’une finale perdue en 2016 dans leur jardin de Saint-Denis.

Avant le tirage, Deschamps savait qu’une grosse nation du foot europĂ©en parmi l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie se dresserait sur son chemin. En effet, seul le parcours en qualifications Ă©tait pris en compte pour dĂ©terminer les tĂŞtes de sĂ©ries et la France, comme le Portugal, n’en faisaient pas partie.

Mais “DD” pouvait espĂ©rer que la Selecçao, Ă©pouvantail du troisième chapeau, ne lui tombe pas dessus. Une situation Ă  relativiser toutefois, sachant que les quatre meilleurs troisièmes de groupe verront les huitièmes de finale.

“C’est une bonne nouvelle sur le plan logistique (en ce qui concerne) les adversaires, un peu moins”, a rĂ©agi l’adjoint de Deschamps, Guy StĂ©phan, prĂ©cisant que le camp de base des Bleus “devrait ĂŞtre Ă  Clairefontaine” en raison des courtes distances sĂ©parant Paris des deux villes hĂ´tes.

L’Allemagne retrouve des couleurs

Les champions du monde français lanceront leur aventure le 16 juin dans l’Allianz Arena de Munich (70.000 places) face Ă  leurs prĂ©dĂ©cesseurs, sacrĂ©s en 2014 avant d’ĂŞtre piteusement Ă©liminĂ©s au premier tour de l’Ă©dition suivante.

Avant de dĂ©crocher sa couronne mondiale au BrĂ©sil, l’Ă©quipe de Joachim Löw avait coupĂ© la route des Français en quart de finale. Depuis, le rapport de force s’est inversĂ©: la bande d’Antoine Griezmann a pris sa revanche en demi-finale de l’Euro-2016, avant de prendre le dessus en 2018 durant la Ligue des nations (0-0 Ă  Munich, 2-1 Ă  Saint-Denis).

Mais la Nationalmannschaft retrouve petit Ă  petit des couleurs, sous l’impulsion d’une attaque revigorĂ©e par les jeunes Julian Brandt, Leon Goretzka et Serge Gnabry. Et après une campagne qualificative quasi-parfaite, avec pour seul trou d’air une dĂ©faite contre les Pays-Bas (4-2), l’Allemagne revient dans le bal des prĂ©tendants.

Les Bleus pourront compter sur leur contingent allemand pour apprivoiser l’Allianz Arena de Munich, oĂą Ă©voluent Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, Corentin Tolisso et Kingsley Coman, sous les couleurs du Bayern.

L’environnement sera moins familier au stade Ferenc Puskas de Budapest (68.000 places), l’autre ville hĂ´te du groupe. En revanche, l’adversaire portugais qu’ils y dĂ©fieront sera loin d’ĂŞtre un inconnu, le 24 juin pour clore la phase de groupes.

L’UEFA ne pouvait rĂŞver d’une meilleure affiche pour sa phase prĂ©liminaire, quatre ans après la finale de l’Euro-2016 qui avait opposĂ© les deux nations.

Depuis, les Bleus ont raflĂ© la Coupe du monde, avant que l’Ă©quipe dirigĂ©e par Fernando Santos ne s’adjuge la première Ă©dition de la Ligue des nations.

Sur les derniers mois, la dynamique penche plutôt en faveur des Français, seulement freinés par la Turquie en phase qualificative (défaite 2-0 puis nul 1-1). La campagne européenne du Portugal a été plus laborieuse avec 5 victoires, 2 matches nuls et 1 défaite.

Italie-Turquie en ouverture

Pour connaĂ®tre l’identitĂ© du troisième adversaire de groupe, il faudra attendre l’issue des barrages de la voie A notamment, dans laquelle figurent la Bulgarie, la Hongrie ou encore l’Islande, que la France a dominĂ©e lors de la campagne qualificative.

Le coup d’envoi de l’Euro sera donnĂ© le 12 juin au stade Olympique de Rome avec un choc entre l’Italie et la Turquie. La Suisse et le pays de Galles complètent le casting de ce groupe A.

Parmi les autres groupes, il y aura une belle bataille dans le D entre l’Angleterre et la Croatie, vice-championne du monde entre titre, Ă  Wembley. L’Espagne et la Suède ferrailleront, en compagnie de la Pologne, dans le groupe E Ă  Bilbao et Dublin.

Les Belges, ambitieux demi-finalistes du dernier Mondial, se retrouvent, comme prévu par un pré-tirage imposé par des contraintes géographiques et diplomatiques, avec la Russie et le Danemark. La Finlande les rejoint.

Les Pays-Bas n’ignoraient pas non plus devoir dĂ©fier l’Ukraine, chez eux Ă  Amsterdam. Mais ils ont appris que l’Autriche se dressera Ă©galement sur leur route.

Des inconnues demeurent. Car pour la première fois dans l’histoire de l’Euro, les quatre derniers billets ne seront distribuĂ©s qu’en mars Ă  l’issue des barrages.

La Roumanie, pays hĂ´te, reste par exemple suspendue Ă  la performance Ă  venir de ses “Tricolorii” qui doivent encore dĂ©crocher leur billet.