Espagne: Ramos, vieux phare au milieu de la nouvelle vague

Le défenseur de l’équipe d’Espagne, Sergio Ramos, avant le match de Ligue des nations contre l’Ukraine, le 13 octobre 2020 à Kiev
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

A presque 35 ans et de retour d’une opération au genou gauche, le capitaine du Real Madrid et de la “Roja” Sergio Ramos reste l’indéboulonnable repère défensif de l’Espagne, qui a profondément rajeuni son groupe avant d’aborder les qualifications au Mondial-2022, jeudi contre la Grèce.

Malgré le sacré coup de jeune voulu par Luis Enrique depuis son retour aux commandes de la sélection espagnole à l’automne 2019, Ramos a résisté aux coupes successives… qui n’ont par exemple pas épargné son éternel ami andalou Jesus Navas (34 ans), absent de la liste.

Avec le revenant Jordi Alba (31 ans) et son compère du Barça Sergio Busquets (32 ans), il fait office de dinosaure au sein de la “Roja”, qui s’apprête à disputer fin mars ses trois premiers matches des qualifications pour la Coupe du Monde au Qatar contre la Grèce (jeudi), la Géorgie (dimanche) et le Kosovo (31 mars).

De retour

Malgré ce durable état de grâce, le capitaine de la “Maison blanche”, en fin de contrat le 30 juin, n’a toujours pas prolongé au Real. Une indécision qui tient les supporters “madridistes” en haleine, tant le rôle talisman du défenseur central est primordial pour la bande à Zidane.

Idem en sélection. Originaire de Camas, en banlieue de Séville, Ramos va retourner sur ses terres natales jeudi (à Grenade) et surtout le 31 mars contre le Kosovo (au stade de la Cartuja, à Séville) pour réaffirmer son rôle de phare indéboulonnable au milieu de la nouvelle vague.

Durant son absence de deux mois entre mi-janvier et mi-mars pour une opération du ménisque interne du genou gauche, le Real a connu une baisse de régime notable, tandis que Ramos irriguait les réseaux sociaux de vidéos de sa rééducation.

Mais depuis le retour de son patron défensif, le Real a enchaîné un nul contre son voisin et leader de Liga l’Atlético Madrid (1-1), un succès probant contre Elche (2-1), et une qualification pour les quarts de finale de Ligue des champions en écartant l’Atalanta Bergame (1-0, 3-1) en 8es.

Préservé samedi face au Celta Vigo (3-1), Ramos a allumé quelques alarmes… immédiatement éteintes par Zinédine Zidane en conférence de presse.

Objectif : six Mondiaux

“Sergio ira avec la sélection, bien sûr. Il a reçu un coup l’autre jour (au tibia gauche, contre l’Atalanta). Le premier match (de l’Espagne) est dans cinq jours, donc ce match de repos tombe bien, il aura beaucoup de temps (pour se reposer)”, a rassuré “Zizou” samedi soir après le match à Vigo.

Luis Enrique pourra donc compter sur son adjudant pour guider les jeunes pousses de la sélection: Dani Olmo (22 ans), Pedro Porro, Ferran Torres (21 ans), Bryan Gil, Eric Garcia (20 ans) et Pedri (18 ans).

De jeunes pépites à qui le vieux roc Ramos n’a rien à envier physiquement: “Quand tu as passé tant d’années à prendre soin de ton corps, à l’arrivée, tu récoltes toujours ce que tu as semé… On ne peut juger personne d’après (l’âge inscrit sur) sa carte d’identité. Le rendement, c’est ça qu’il faut évaluer ! Et j’essaie toujours de donner le maximum”, a assuré Ramos il y a une semaine après la qualification pour les quarts de finale de Ligue des champions.

Le 11 mars, Ramos a annoncé qu’il voulait être le premier joueur de l’histoire à disputer six Coupes du monde en jouant le Mondial-2026 en Amérique du Nord.

“Vous avez mal entendu, il n’a pas dit 2026, il a dit 2046”, a plaisanté Luis Enrique lors de l’annonce de la liste de l’Espagne, la semaine dernière, pour souligner l’impressionnante longévité de son capitaine.

“Jouer six Mondiaux, personne ne l’a fait. Mais s’il y en a un qui peut le faire, c’est bien Sergio. Moi, je ne sais même pas si je serai là, j’espère, mais celui qui sera là pourra se réjouir de compter sur quelqu’un comme Sergio”, a encensé le sélectionneur espagnol.