Espagne: le foot trouve de l’argent frais auprès du fonds CVC

La star argentine du FC Barcelone Lionel Messi buteur contre le Celta Vigo, le 16 mai 2021 au Camp Nou à Barcelone
Par Mathieu GORSE / © 2021 AFP

Une manne tombée du ciel? LaLiga, organisateur du championnat d’Espagne de football, a scellé mercredi un accord avec le fonds CVC pour vendre 10% de son capital contre 2,7 milliards d’euros, un apport financier providentiel pour des clubs ébranlés par la pandémie.

Et si cet investissement réglait d’un coup plusieurs feuilletons, de l’onéreuse prolongation de contrat de Lionel Messi à Barcelone au possible recrutement d’un nouveau “galactique” au Real Madrid, comme par exemple Kylian Mbappé, en passant par les travaux du Camp Nou ou du Santiago-Bernabeu?

“LaLiga confirme un accord de principe avec CVC pour injecter 2,7 milliards d’euros dans la compétition et les clubs”, a annoncé mercredi dans un communiqué la société, qui regroupe les clubs de première et deuxième divisions espagnoles.

Cet accord, qui valorise LaLiga à plus de 24 milliards d’euros, vise à “renforcer la croissance globale de LaLiga et de ses clubs en poursuivant sa transformation en une entreprise mondiale de divertissement numérique”, a ajouté LaLiga.

Concrètement, une nouvelle société va être créée dans laquelle LaLiga va transférer toutes ses activités. CVC détiendra “une participation minoritaire d’environ 10%” de cette nouvelle entité.

Plus de 200 M EUR pour Real et Barça ?

Cette somme ira “à 90% aux clubs”, assure LaLiga, qui voit dans son rapprochement avec CVC une opportunité pour “développer un nouveau modèle économique” ne se limitant pas “au match et aux droits TV”.

Selon le quotidien sportif Marca, le FC Barcelone, qui est en grande difficulté financière, pourrait recevoir 270 millions d’euros grâce à cet accord qui doit encore être approuvé par les clubs, et le Real Madrid 261 millions.

Cet argent ferait le plus grand bien au Barça, lourdement endetté et actuellement engagé dans un assainissement de ses comptes pour pouvoir sceller la prolongation de contrat de sa superstar et capitaine Messi, dont le précédent bail s’est achevé en juin.

Côté Real, le budget du club a été grevé par l’ambitieux projet de rénovation du stade Santiago-Bernabeu, dont la livraison est prévue pour 2022.

CVC Capital Partners est l’un des plus grands fonds d’investissement au monde, gérant près de 115 milliards de dollars d’actifs (environ 97 mds EUR).

Très présent dans le sport, il a notamment signé en mars un accord avec le Tournoi des six nations de rugby, dans lequel il investira plus de 400 millions d’euros sur cinq ans. Dans le rugby, ce fonds est déjà actionnaire du Pro 14 et du championnat d’Angleterre.

L’Italie et la France planchent aussi

En Italie, une opération similaire, avec encore CVC parmi les acteurs, est sur les rails mais se heurte pour l’instant à l’opposition de certains clubs de Serie A.

Le principe d’une possible association de la Ligue italienne avec les fonds d’investissement privés CVC, Advent et FSI dans la gestion des droits TV en échange de 1,7 milliard d’euros d’argent frais, a été approuvé à l’unanimité en novembre. Mais, selon plusieurs médias, plusieurs clubs n’y sont plus favorables, dont la Juventus et Naples, et les négociations sont au point mort.

En France, la Ligue professionnelle (LFP) a inscrit fin 2020 dans ses statuts la possibilité de créer une filiale commerciale qui permettrait de dégager de nouvelles sources de revenus, mais celle-ci n’a pas encore vu le jour.

Cette recherche d’argent frais par deux des plus grands championnats européens intervient alors que les clubs ont perdu énormément en raison de la pandémie de Covid-19, qui les a obligés à fermer leurs stades.

Selon un rapport publié en mai par l’UEFA, la crise sanitaire devrait coûter plus de 8 milliards d’euros aux clubs européens de football sur deux saisons, un brutal coup d’arrêt après vingt ans de croissance ininterrompue.

Dans ce contexte, douze grands clubs européens, dont le Real Madrid, l’Atlético de Madrid et le FC Barcelone en Espagne, avaient provoqué un séisme sur la planète foot en annonçant en avril leur projet de Super Ligue, une ligue quasi fermée, afin d’engranger des revenus bien supérieurs.

A l’exception de la Juventus de Turin, du Real Madrid et du FC Barcelone, qui assurent rester engagés dans ce projet, la plupart de ces clubs se sont ravisés deux jours plus tard, face au tollé international et à la fronde des supporters.