L’attaquant du Barça Antoine Griezmann exulte après avoir inscrit un but contre le Borussia Dortmund en C1, au Camp Nou, le 27 novembre 2019
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2019 AFP

Bronca ou ovation ? Antoine Griezmann, qui a quitté un Atlético fâché pour rejoindre Barcelone cet été, retrouve pour la première fois l’ancien public qui l’a admiré pendant cinq ans, dimanche (21h00) dans la peau du leader catalan lors de la 15e journée de Liga.

Après avoir saccagé la plaque installée au pied du stade en son hommage lors du premier match de l’Atlético cette saison (1-0 contre Getafe le 18 août), quel accueil réserveront les supporters “colchoneros” pour le retour d’Antoine Griezmann au Metropolitano ?

Ce qui est sûr, c’est que l’attaquant français aura l’occasion de se montrer.

La nouvelle grave blessure à la cuisse droite d’Ousmane Dembélé contre Dortmund mercredi en Ligue des champions (absent jusqu’à février), alors même que l’ancien du Borussia avait doublé Griezmann pour une place de titulaire, va désormais laisser le champ libre à l’ex-joueur de Diego Simeone pour retrouver son niveau d’antan.

Car depuis qu’il a rejoint le Barça cet été pour 5 ans et 120 millions d’euros, Griezmann (28 ans) connaît des difficultés pour trouver sa place dans le redoutable trio d’attaque catalan, aux côtés de Luis Suarez et Lionel Messi.

Mais depuis mercredi, ces difficultés d’adaptation semblent s’être évaporées: durant son récital au Camp Nou (3-1, le Barça qualifié en 8es), Messi a offert une passe décisive à Suarez, a marqué un but, puis a parfaitement servi Griezmann pour le troisième but catalan… et surtout faire taire les critiques, en tombant dans les bras de ses partenaires d’attaque. Une passe, un but, et tout est oublié.

“Les trois ont marqué (Suarez, Griezmann et Messi), Leo a offert une passe à Antoine… Donc vous ne pouvez plus rien dire maintenant”, a taclé le défenseur français Clément Lenglet après le match, mercredi, s’adressant aux journalistes en zone mixte.

“Un match motivant pour lui”

Qu’en penseront les supporters Colchoneros ? Tenteront-ils de déstabiliser le champion du monde français, qui connaît un léger mieux mais dont la situation reste fragile ? Ou salueront-ils celui qui avait été leur chouchou pendant cinq années (2014-2019), et qui avait porté l’Atlético vers une Supercoupe d’Espagne (2015), une finale de Ligue des champions (2016), un titre de Ligue Europa (2018) et une Supercoupe d’Europe (2018) ?

Il est probable que le Mâconnais, auteur de 5 buts et 3 passes décisives en 17 matches avec Barcelone (en Liga et C1) cette saison, ne soit pas accueilli à bras ouverts.

“Les gens lui réserveront l’accueil qu’ils pensent qu’il mérite. C’est tout. Griezmann a tout donné à l’Atlético quand il était là-bas. Il est habitué à jouer dans des ambiances hostiles. Ce sera un match motivant pour lui”, a encouragé Ernesto Valverde, l’entraîneur blaugrana, en conférence de presse samedi.

Diego Simeone, qui l’a eu sous se ordres pendant cinq ans à l’Atlético, n’a pas voulu faire de commentaires sur “un joueur de l’équipe adverse”: “l’Histoire et les chiffres parlent pour eux-mêmes, mais je n’ai rien à ajouter sur un joueur qui ne fait pas partie de notre équipe”, a-t-il balayé.

Il y a quatre mois à peine, le départ de Griezmann à Barcelone avait provoqué la colère des “Colchoneros”. Afin d’accélérer son transfert, Griezmann, qui était lié avec le club madrilène jusqu’en 2023, était allé au clash avec le club: il ne s’était pas présenté à la reprise de l’entraînement cet été.

“C’est à moi de l’arrêter”

L'”Atléti” avait ensuite publié un communiqué véhément dans lequel il jugeait que les 120 M EUR versés par le Barça pour payer sa clause libératoire étaient “insuffisants”, car “l’accord entre le joueur et le FC Barcelone a été conclu avant que la clause ne soit réduite de 200 à 120 millions d’euros”, le 1er juillet dernier, et avait donc entamé des “procédures”.

Les fans et les joueurs ont toujours ce départ rocambolesque en tête. “Il a été mon coéquipier pendant cinq ans, ce sera bizarre de l’avoir comme adversaire. Mais il a décidé de partir, et maintenant, c’est à moi d’arrêter ses tirs”, a prévenu Jan Oblak, le gardien slovène de l’Atlético (4e, 25 pts).

Pas de cadeaux. Le Metropolitano attend Griezmann de pied ferme. Mais le leader barcelonais (1er, 28 pts) n’entend pas en faire non plus, pour garder sa première place devant le Real Madrid.