Espagne: Diego Simeone, mythe de l’Atlético, le foot dans le sang

L’entraîneur argentin de l’Atlético de Madrid, Diego Simeone, lors du match de Liga à Valladolid, le 22 mai 2021
Par Diego Reinares / © 2021 AFP

Diego Simeone, l’égal de Neptune: icône de l’Atlético Madrid, l’entraîneur argentin qui a métamorphosé le club “colchonero” pour le hisser samedi au sommet du football espagnol est devenu une figure aussi sacrée que le dieu romain sur la fontaine madrilène où les supporters célèbrent leurs victoires.

“Pour nous, c’est comme un dieu. Il est arrivé et tout a changé. Tout ce qu’il nous a dit est arrivé. Il connaît le football à la perfection”, l’encensait en 2014 le Portugais Tiago, à l’époque milieu de l’Atlético.

En bientôt dix ans sur le banc de l’Atleti, dont il fut aussi joueur pendant cinq saisons, Diego Pablo Simeone a rendu sa fierté à un club habitué à vivre dans l’ombre de son puissant voisin et rival, le Real Madrid.

Dans son escarcelle, l’Argentin compte désormais deux Championnats d’Espagne (2014, 2021), une Coupe du Roi (2013), deux Ligues Europa (2012, 2018) et deux finales de Ligue des champions (2014, 2016).

Débit de mitraillette

Sa méthode: établir une confiance totale entre lui et son effectif, et lui transmettre sa passion du football.

Peu adepte du +tiki taka+ à la barcelonaise ou de l’attaque à tout-va, Simeone prône l’efficacité froide, l’agressivité et l’engagement physique de chaque instant, avec une défense intraitable et un accent tout particulier sur les coups de pied arrêtés.

Sur le bord du terrain, Simeone bouillonne, crie, saute, exulte. En conférence de presse, il fusille les journalistes du regard et leur répond avec un débit de mitraillette.

Sa famille raconte que “gol” est le premier mot qu’a su prononcer le petit Diego, né le 28 avril 1970 à Buenos Aires, bien aidé par un père, Carlos, tout aussi mordu du ballon rond.

“Les week-ends, nous allions d’un bout à l’autre de Buenos Aires. Il jouait un match, se changeait dans la voiture et on allait jouer ailleurs. Il ne se fatiguait jamais”, a raconté Carlos Simeone à l’hebdomadaire France Football.

“Rien ne pouvait l’arrêter. Il a fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir être footballeur et n’a jamais supporté la défaite. Son caractère, sa rage, ne changeront jamais”, admirait le père du “Cholo”.

Père de cinq enfants, il a transmis cet ADN à ses trois garçons, Giovani, Gianluca et Giuliano, tous footballeurs formés dans des grands clubs argentins.

“Insiste et insiste”

Pour les supporters de l’Atleti, Simeone est une légende vivante, l’une des personnalités les plus importantes de leur histoire. D’abord quand il portait le maillot du club, au sein de l’équipe couronnée en 1996 du doublé historique Liga-Coupe du Roi.

Après un passage en Italie, à l’Inter Milan (1997-1999) puis à la Lazio Rome (1999-2003), Simeone retourne à l’Atlético (2003-2005) puis en Argentine, au Racing d’Avellaneda, où il finit sa carrière de joueur et débute celle d’entraîneur en 2006.

Son premier exploit est un titre de champion d’Argentine avec Estudiantes de La Plata, auréolé d’une victoire 7-0 historique contre l’éternel rival Gimnasia.

Et c’est à Madrid, où il retourne fin 2011 après des passages par River Plate, San Lorenzo et Catane, qu’il continue de construire sa légende.

Seul échec: ne pas avoir remporté la Ligue des champions, avec deux échecs en finale face au Real, l’ennemi juré.

Pas de quoi déboulonner la statue ni remettre en cause une philosophie engagée baptisée “Cholismo” par la presse espagnole.

“Dans la vie, celui qui insiste et insiste fait apparaître sa chance”, est l’une de ses phrases favorites, qui résume parfaitement cet état d’esprit.