Espagne: Benzema et Zidane domptent le Barça et propulsent le Real Madrid vers le sommet

Le Real Madrid dans le sillage de Karim Benzema (2e à droite) s’est offert le clasico contre le Barça au stade Alfredo di Stefano, le 10 avril 2021
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Avec une talonnade sublime pour ouvrir le score, Karim Benzema a propulsé Zinédine Zidane et le Real Madrid vers la première place provisoire de Liga samedi pour la 30e journée, et a infligé une nouvelle désillusion 2-1 à Lionel Messi et au FC Barcelone.

Benzema a rapidement débloqué la situation pour les Madrilènes d’une sublime Madjer dès la 13e minute, et l’Allemand Toni Kroos a doublé la mise d’un coup franc détourné par le dos de Sergino Dest un quart d’heure plus tard (28e) pour remporter le 246e clasico de l’histoire, malgré la réduction du score maladroite d’Oscar Mingueza (60e).

Un virage important dans la course au titre en Liga: le Real s’empare de la première place provisoire, à égalité de points avec l’Atlético Madrid (66 pts), mais devant à la différence de buts particulière. Les Colchoneros se déplacent dimanche soir sur la pelouse du Betis Séville (21h) avec la nécessité d’accrocher au moins nul pour récupérer sa première place. Le Barça passe 3e, un point derrière (65 pts).

Dans la meilleure forme de sa carrière, Karim Benzema en est désormais à dix buts sur ses dix derniers matches de championnat. Capitaine en l’absence de Sergio Ramos (blessé au mollet gauche) et de Raphaël Varane (touché par le Covid-19), l’avant-centre a été le véritable patron offensif du Real et a remporté son duel de goleadors face au génie argentin Lionel Messi, toujours meilleur buteur de Liga (23 buts, contre 19 pour le Français).

“On est vivants dans les deux compétitions (Liga et C1), on a envie de se battre, et c’est ce que l’on va faire jusqu’à la fin. Et ce n’est pas sans difficultés. Mais on a su renverser la vapeur, se dire qu’en croyant en notre travail, on allait changer tout ça. Et c’est ce qu’on est en train de faire. Maintenant, on n’a encore rien gagné”, a calmé “Zizou” après le match.

La patte “Zizou”

Mais ce succès épique porte aussi la griffe “Zizou” : c’est lui qui a osé mettre sur le banc Marco Asensio, qui traverse sa meilleure passe depuis son retour de blessure l’an dernier, pour titulariser Fede Valverde, qui a initié l’action du but de Benzema avec un déboulé et un crochet audacieux devant Jordi Alba. Lui aussi qui a offert du temps et de la confiance à Lucas Vazquez, attaquant de formation, pour qu’il s’adapte à ce nouveau poste d’arrière droit jusqu’à ce centre parfait pour “KB9”.

Le plan du technicien français était simple, mais il a fonctionné sans accroc. Et ni la pluie torrentielle, qui s’est invitée juste avant la mi-temps pour perdurer jusqu’à la fin du match, ni le penalty réclamé par les joueurs du Barça à trois minutes du coup de sifflet final, ni le carton rouge adressé à Casemiro en fin de match (90e), ni la transversale heurtée par Ilaix Moriba (90e+4) n’ont perturbé la sérénité habituelle de “ZZ”.

Le seul bémol pourrait être la sortie sur blessure de Lucas Vazquez (42e), visiblement touché au genou gauche après un choc avec Sergio Busquets et remplacé par Alvaro Odriozola… Regrettable, à quatre jours du quart de finale retour de Ligue des champions à Liverpool (victoire 3-1 à l’aller mardi).

Messi, et maintenant ?

Pour le Barça, ce revers est synonyme d’un gros coup sur la tête à huit journées de la fin du championnat.

Après avoir repris en mains une équipe en ruines au début de saison, l’entraîneur Ronald Koeman a réussi à hisser le Barça vers la tête de Liga… mais une victoire samedi aurait placé le Barça deux points devant ses premiers poursuivants.

“Défensivement, on n’a pas été bons en première période. On a laissé de l’espace pour leurs contres, on n’a pas bien défendu”, a martelé Koeman en conférence de presse d’après-match.

La dernière défaite de Barcelone en championnat remontait à il y a plus de quatre mois: c’était le 5 décembre à Cadix, 2-1.

Le Barça aura toutefois l’occasion de remporter son seul et unique titre de la saison dans une semaine, en finale de la Coupe du Roi le 17 avril face à l’Athletic Bilbao à Séville.

Après la claque du 8-2 encaissé contre le Bayern Munich en quart de finale de la dernière Ligue des champions, la gifle en 8es de finale de C1 face au Paris SG en février (4-1, 1-1), cette nouvelle désillusion va-t-elle finir de convaincre Lionel Messi de quitter son club de coeur ?

En fin de contrat le 30 juin, la “Pulga” (puce, en espagnol), très discrète samedi, ne s’est toujours pas prononcée sur son éventuelle prolongation en Catalogne… et ce nouveau revers va tenir le peuple blaugrana en haleine encore pendant quelques semaines.