Espagne: Ancelotti – Simeone, retour gagnant contre folie pérenne

L’entraîneur argentin de l’Atlético Madrid, Diego Simeone, salue son homologue italien du Real Madrid, Carlo Ancelotti, avant le match aller de la finale de la SuperCoupe d’Espagne, le 19 août 2014 au Stade Santiago Bernabeu
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Carlo Ancelotti et Diego Simeone, deux entraîneurs au fort caractère qui ont incarné le sommet du football espagnol au début des années 2010, s’affrontent à nouveau dimanche (21h00) lors du derby de la 17e journée de Liga entre le Real Madrid et l’Atlético Madrid.

Qui sera le roi de la capitale espagnole ? Opposés sur les bancs mais unis par les mêmes qualités de gestionnaires d’hommes, l’affable Italien et le volcanique Argentin, qualifiés pour les 8e de finale de C1, arrivent en pleine forme à ce derby déjà primordial dans la course au titre en Espagne.

En cas de victoire, le Real Madrid, leader (39 points), pourrait reléguer l’Atlético 13 points derrière lui au classement avant la trêve, bien que les Colchoneros comptent un match en moins.

Si Simeone s’approche de la décennie passée sur le banc du club rojiblanco (le 23 décembre), Ancelotti n’avait passé que deux saisons sur le banc merengue (2013-2015) avant son retour cet été. Mais en deux ans, les deux techniciens s’étaient affrontés 13 fois, forgeant une rivalité encore vivace aujourd’hui.

La méthode Ancelotti

Après le départ de Zinédine Zidane à la fin de la saison passée, c’est “Carletto”, son prédécesseur, qui a été appelé au chevet d’un club en déclin, qui ne parvenait pas à faire sa mue après l’historique triplé en Ligue des champions entre 2016 et 2018.

Alors que “Zizou” avait regretté, dans sa lettre d’adieux, le manque de “soutien” et de “confiance” de la part du club, Ancelotti a été appelé pour remettre de l’humain dans la gestion de la “Maison blanche”.

Si sa nomination a surpris la presse espagnole, les résultats ont été immédiats. Le Real sortait d’une saison blanche, sans aucun titre remporté, et “Il Mister” a directement hissé le club merengue vers les 8es de finale de la Ligue des champions et au sommet de la Liga, avec une avance confortable sur ses poursuivants (8 points sur le Séville FC, 10 sur l’Atlético, 16 sur le Barça…).

Ancelotti brille par la méthode qui a fait son succès: son adaptation aux talents dont il dispose et sa gestion du groupe. L’Italien a par exemple enfin fait éclore le prodige brésilien Vinicius, qui combine parfaitement avec Karim Benzema.

Les deux meilleurs buteurs de Liga (respectivement 10 et 12 buts) pourraient d’ailleurs être associés dimanche, l’avant-centre français ayant soigné sa douleur à la jambe gauche qui l’a privé du match de Ligue des champions contre l’Inter Milan mardi (victoire 2-0).

Simeone, toujours bouillant

Des qualités finalement pas si éloignées de celles de Diego Simeone. Le bouillonnant technicien argentin a encore une fois répondu présent cette semaine en Ligue des champions.

Alors que les observateurs pensaient que sa méthode s’essoufflait, le “Cholo” a insufflé la motivation nécessaire à ses joueurs, qui ont balayé Porto chez lui mardi (3-1) pour accrocher leur ticket pour les 8e de finale.

“Ils ont davantage de qualités individuelles maintenant, mais ils ont gardé la même mentalité d’avant”, a estimé Ancelotti au sujet des hommes de son homologue de l’Atlético, samedi en conférence de presse. “Faire ce que fait Simeone à l’Atlético, rester dix ans dans un club et le marquer de son passage, c’est le rêve de tout entraîneur”, a ajouté l’Italien.

Privé de plusieurs cadres, surtout en défense (Kieran Trippier, Stefan Savic, José Maria Giménez et Sime Vrsaljko), Simeone pourra toutefois compter sur le “Pistolero” uruguayen Luis Suarez, sorti blessé et en larmes mardi à Porto mais qui sera apte à jouer dimanche selon l’entraîneur.

L’Atlético risque gros, devant gagner à tout prix pour ne pas dire adieu à ses chances de conserver son titre de champion d’Espagne, mais c’est peut-être dans cette position que Simeone est le plus fort.

Aussi électrique sur le banc que laconique en conférence de presse, l’Argentin dispose peut-être de l’effectif le plus talentueux et le plus profond de toute la Liga cette saison… et le gère à la perfection. Des joueurs comme Marcos Llorente, Yannick Carrasco ou même Antoine Griezmann (mardi) ont accepté sans rechigner de jouer à un poste différent pour les besoins de l’équipe.

Mais dimanche, Ancelotti compte sur une victoire pour équilibrer ses comptes: jusqu’à présent, en 13 duels avec les deux entraîneurs à la tête des deux principaux clubs de la capitale, il y a eu 4 nuls, 4 victoires pour “Carletto” et 5 pour le “Cholo”.