Du N2 à la L1, Jérémy Le Douaron en réussite à Brest

Le milieu de Brest Jeremy Le Douaron contrôle la balle lors du match entre le Stade Brestois et l’AS Saint-Etienne dans le Stade Francis-Le Ble de Brest le 1er décembre 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Ancien de National 2 longtemps cantonné aux fins de matches, Jérémy Le Douaron a pris une option sur la pointe de l’attaque brestoise, avec trois buts sur ses trois derniers matches, avant de se frotter samedi à Marseille (17h00).

Grâce à une série unique dans leur histoire en L1 de cinq victoires consécutives, les Brestois, très mal engagés en début de saison, sont remontés à la 11e place, 8 points derrière l’OM, dauphin du PSG, mais surtout 8 points aussi devant Bordeaux, virtuel barragiste.

Ils le doivent à un collectif qui a su, sous la houlette de Michel Der Zakarian, se remettre au travail, trouver ses marques en défense et s’élancer en contre-attaques redoutables orchestrées par des joueurs comme Franck Honorat ou Romain Faivre.

Mais ces dernières semaines, c’est un jeune attaquant filiforme de 23 ans, Breton pur jus arrivé du monde amateur, qui s’est souvent retrouvé à la finition.

Né à Ploufragan, près de Saint-Brieuc, “Le Daron”, comme le surnomme le vestiaire, a grandi au Stade Briochin et fait ses classes en N2 (4e division) avant de se retrouver propulsé à Brest à l’été 2020.

Sa première saison en pro est restée discrète et la deuxième s’annonçait sous les mêmes auspices: Le Douaron est entré à chaque match, mais toujours pour les 15 ou 20 dernières minutes.

Assez pour planter deux buts et participer à la bonne santé de l’attaque brestoise, la seule de L1 à avoir marqué à chaque match cette saison. Mais mi-octobre, “Der Zak” a choisi de donner sa chance à ce gros travailleur, d’abord sur l’aile, puis en pointe.

“Je n’ai pas lâché”

Une réussite: généreux dans le pressing, il sait multiplier les appels et son pied gauche peut se montrer efficace dans le dernier geste, qu’il soit d’anthologie comme sa frappe pleine lucarne lors du 4-0 contre Lens ou chanceux comme son égalisation à Bordeaux (1-1).

“Il s’est donné les moyens de gagner sa place”, salue Der Zakarian, qui apprécie son travail “dans la tenue du ballon, dans les appels, et par rapport à son jeu de tête devant le but. Il a des qualités, il croit en ses qualités. Il a marqué de jolis buts, il est aussi opportuniste, lucide”.

Dimanche à Bordeaux (2-1), il a su garder son calme après plusieurs tentatives ratées pour s’offrir en quelques minutes son premier doublé en L1.

“C’est le lot des attaquants, parfois ça nous réussit, parfois non. Je n’ai pas douté et je n’ai pas lâché”, a-t-il expliqué à la presse, ravi de la “très bonne dynamique” actuelle des Brestois.

Désormais, “le but c’est de ne pas s’arrêter ! (…) Je vais continuer à prendre du plaisir comme ça sur le terrain. En attaquant de pointe, je suis beaucoup plus libre, je ne suis plus cantonné au couloir”, a-t-il ajouté, en évoquant sa complémentarité avec Steve Mounié, le champion des duels aériens.

Pour Romain Faivre, “c’est un vrai bosseur. Il le mérite. Il est passé par des moments compliqués mais tout lui sourit maintenant. Il nous fait du bien devant”.