Droits TV: Kastendeuch (UNFP) prêt à discuter sur les salaires des joueurs

Sylvain Kastendeuch, co-président du syndicat des joueurs UNFP, lors d’un match de Ligue 1 entre le Paris-SG et Metz, au Parc des Princes, le 10 mars 2018
/ © 2020 AFP

Le football français, qui a rompu avec son diffuseur défaillant Mediapro, est à la “croisée des chemins” entre “craintes” et “espoirs”, déclare à l’AFP Sylvain Kastendeuch, co-président du syndicat des joueurs UNFP, se disant prêt à discuter sur les salaires “pour que les clubs survivent”.

Q: En tant que membre du Conseil d’administration de la Ligue (LFP), quel est votre sentiment après la décision prise vendredi matin de rompre avec Mediapro pour trouver de nouveaux diffuseurs ?

R: “Il y a évidement des craintes générales. On comprend bien que les dirigeants soient très inquiets, que l’ensemble des acteurs soient très inquiets et que les joueurs soient inquiets également. Il y a des craintes parce que la tendance n’est pas à ce que les choses promises (par Mediapro) soient tenues. Tout le monde se prépare à des difficultés, les joueurs sont bien conscients de ces difficultés-là. Nous à l’UNFP, on est inquiets, mais en même temps, il y a une confiance envers ceux qui négocient actuellement. Je pense à Vincent Labrune, le président de la Ligue, les équipes de la Ligue et les présidents de clubs qui s’engagent également. On est un peu à la croisée des chemins, on ne peut pas trop en dire mais on a des craintes et des espoirs.”

Q: Malgré ces inquiétudes, est-ce un soulagement de voir poindre l’ébauche d’une solution ?

R: “Il est urgent de trouver les moins pires solutions, on n’en est plus à espérer que les sommes annoncées (Mediapro devait verser 780 M EUR par an pour la L1, ndlr) soient respectées. On en sera certainement assez loin. Maintenant il faut tenter de tourner la page rapidement. Je ne vais pas hurler aux loups, quand (Mediapro) s’est engagé on était tous très heureux de ça, mais c’est vrai qu’il y a des défaillances. Est-ce qu’elles sont de bonne foi ? Est-ce qu’elles sont dues au Covid ? On ne connaît pas les explications des difficultés de ce groupe aujourd’hui mais chacun essaie de prendre ses responsabilités et de survivre. Je ne vais pas critiquer et accabler ce groupe-là. Maintenant on a besoin de vite tourner la page. (…) Il y a des journées qui défilent, des enjeux importants. Pour l’instant si Mediapro est défaillant, il y a des journées de championnat non valorisées, des pertes d’argent… Chaque journée qui passe augmente les difficultés. (…) On attend de tourner la page et de trouver des nouveaux partenaires. On espère que ceux qui avaient été un peu blessés d’être écartés à l’arrivée de Mediapro (le diffuseur historique Canal+, ndlr) vont eux aussi tourner cette page-là et acheter ce produit. On en est là, on a besoin de vendre de notre produit et on espère qu’il va intéresser tel ou tel diffuseur.”

Q: L’UNFP est-elle prête à un effort sur les salaires des joueurs pour aider les clubs dans cette mauvaise passe ?

R: “Il y a des contrats individuels signés et les discussions doivent se passer entre l’employeur et le salarié. Comme dans toute entreprise, il va falloir modifier des contrats si jamais on en arrivait là. Cela veut dire que même si on se met d’accord sur un accord-cadre comme celui trouvé en avril-mai au moment du premier confinment, cet accord ne sera qu’indicatif et incitatif. On aura évidemment un rôle, l’UNFP va faire en sorte que les joueurs aillent dans la bonne direction. (…) On a bien conscience que quelques clubs jouent leur survie, c’est évident, évidemment qu’on va faciliter les choses pour que ces clubs survivent et que les emplois soient préservés. On est prêts à aider.”

Propos recueillis par Jean DÉCOTTE