Des supporters empêchés de déployer une banderole contre le Mondial biennal

Les supporters des Bleus autorisés à déployer une banderole en hommage aux victimes des attentats de novembre 2015, mais pas une autre hostile à un Mondial bisannuel au Parc des Princes, le 13 novembre 2021
/ © 2021 AFP

Le principal groupe de supporters français a regretté dimanche d’avoir été empêché de déployer une banderole durant France-Kazakhstan, samedi au Parc des Princes, pour exprimer son opposition à l’hypothèse d’une Coupe du monde tous les deux ans que défend la Fifa.

“#No2YearWorldCup”, soit “non à une Coupe du monde tous les deux ans”, était-il écrit sur cette banderole des Irrésistibles français (IF), déroulée finalement aux abord du stade l’issue de la rencontre qualificative pour le Mondial-2022 au Qatar remportée 8 à 0 par la France.

“Gianni Infantino (le président de la Fifa, présent à Paris pour le match, ndlr) n’a pas voulu la voir au Parc des Princes”, ont regretté les IF sur Twitter, en légende d’une photo de la banderole.

“Il n’y avait rien de méchant ou d’insultant, on voulait juste que la voix des supporters soit exprimée”, a expliqué à l’AFP un porte-parole du groupe, Fabien Bonnel, regrettant “un affolement complètement dénué de sens” des services de sécurité du Parc des Princes samedi soir.

Ces derniers ont retenu la banderole pendant la rencontre et le groupe de supporters l’a récupérée après le match.

“Notre liberté d’expression dans un stade a été remise en cause, alors que cela aurait pu se passer sans remous. Si cela gêne tant que cela, il faut qu’on en parle”, a repris M. Bonnel.

Le mot-dièse “#No2YearWorldCup” est celui lancé en septembre par Football Supporters Europe (FSE), un réseau rassemblant des groupes de supporters d’équipe nationale, hostile à l’instauration d’une Coupe du monde biennale, là où elle se tient actuellement tous les quatre ans.

Les Irrésistibles français ne prennent quasiment jamais position sur des sujets politiques ou sociétaux. Mais 97% de leur adhérents se sont positionnés contre ce projet, lors d’une consultation interne.

Ce projet, porté par la Fifa, a suscité une levée de boucliers de la part de joueurs et sélectionneurs, déjà confrontés à un calendrier surchargé.

En France, Didier Deschamps s’est montré réservé vis-à-vis d’une réforme de la Coupe du monde qui donnerait “le sentiment de la banaliser”. A l’inverse du sélectionneur, le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, a déclaré début octobre n’avoir “aucune opposition” de principe à ce sujet.

La Fifa organise un sommet mondial virtuel le 20 décembre sur la question, mais sans vote.