Cuisance: signer au Bayern, “un rêve, pas un risque”,

Le jeune milieu de terrain français du Bayern Michaël Cuisance, le 20 août 2019 à Munich
Par Christophe BEAUDUFE / © 2020 AFP

“Petit, je rêvais très grand…” Derrière une voix douce et un air juvénile, Michaël Cuisance dissimule de hautes ambitions, comme le jeune milieu français l’explique dans un entretien à l’AFP: signer au Bayern Munich, où il joue peu, n’était pas un “risque” mais un “rêve”.

Cet été, ce milieu de terrain prometteur (20 ans) qui mûrissait tranquillement à Mönchengladbach a rejoint le grand Bayern. Un peu à la surprise générale: le “Rekordmeister” cible d’ordinaire des vedettes déjà accomplies.

Pourquoi donc, lorsqu’on n’est même pas encore international espoir, prendre le risque de venir à Munich, où la concurrence au milieu s’appelle Joshua Kimmich, Corentin Tolisso ou Philippe Coutinho?

“Pour moi ce n’était pas un risque, c’était un rêve”, répond calmement le joueur passé par les équipes de jeunes de Nancy. “Je pense que j’ai les qualités pour m’imposer. C’est clair que j’arrive jeune et que ça va demander du temps, mais il ne faut pas lâcher, il faut se battre. Et après, la victoire sera encore plus belle…”

“Une carrière à la Ribéry…”

Dans ses propos, deux mots reviennent en boucle: “rêve”, et “fierté”. Rêve d’une carrière au plus haut niveau et fierté du chemin déjà accompli, depuis son départ de Nancy où, à 17 ans, il avait été mis sur le banc pendant six mois pour avoir refusé de signer un contrat.

Quelques mois plus tard, il débutait en pro à Mönchengladbach en 2017, à tout juste 18 ans.

Mais cette saison, ses débuts à Munich sont difficiles: en six mois, il a eu droit à trois bouts de matches dans les 20 dernières minutes, en tout et pour tout.

“J’ai connu pire, dit-il, la difficulté, je la connais, je suis dans mon élément. (…) C’est comme ça qu’on grandit, qu’on devient un homme humainement aussi, et qu’on devient aussi un grand joueur.”

Depuis son enfance à Strasbourg, Cuisance a une vision claire de son avenir. “Moi, c’est la stabilité que je recherche, c’est pour ça que je suis venu au Bayern. Si on peut faire toute la carrière au Bayern, on la fait, à la Ribéry, ça fait rêver…”.

La “référence” Zidane

Franck Ribéry, un modèle, parti exactement quand Cuisance est arrivé, après 13 années à collectionner les titres et à se faire acclamer par les fans du club. “Je ne lui ai pas vraiment parlé, mais juste en voyant sa carrière et comment il est accueilli au Bayern quand il revient, ça fait rêver, c’est une légende”, souffle Cuisance.

Son idole de jeunesse, pourtant, est une autre légende. Zinédine Zidane, qu’il regarde comme “une grande référence…”

Pour l’heure, il progresse jour après jour à l’entraînement. “Je dois vraiment le complimenter”, dit de lui son entraîneur Hansi Flick, “il a fait des progrès dont nous sommes très satisfaits”.

“Ici tu ne peux qu’apprendre et grandir, confirme Cuisance, tu es parmi les grands joueurs, tu apprends d’eux au quotidien et de leur mentalité.”

Et de répéter, avec l’assurance que donne la passion: “Franchement je suis fier de moi, de comment je travaille au quotidien et comment j’en suis arrivé là, même s’il me reste encore beaucoup à travailler, j’en suis conscient…”

“Je n’ai rien eu gratuitement”

Entièrement concentré sur le football, ce grand blond longiligne (1,81 m, 75 kg) a peu à dire de sa vie hors des terrains: “Je suis un garçon très calme, je suis jeune mais j’aime bien avoir ma tranquillité. Après l’entraînement je rentre chez moi, je me repose avec mon chien, et voilà…”

Tout juste avoue-t-il qu’il aime bien parfois partager une partie de pêche avec quelques coéquipiers, dont son compatriote Lucas Hernandez.

Sa famille, qui vit toujours à Strasbourg, reste pour lui le pilier sur lequel il s’appuie: “Mes parents ont été super importants, je ne les remercierai jamais assez”, dit-il, “mais il faut se trouver soi-même. Je n’ai rien eu gratuitement, je me suis toujours battu pour tout avoir et je me battrai encore plus”.

Passé par toutes les sélections françaises de jeunes, Michaël Cuisance ne s’impatiente pas de découvrir les Espoirs, antichambre de l’équipe A: “Ca va venir”, veut-il croire. “C’est clair qu’en fin de saison il y a les JO. Ca fait rêver tout le monde, même (Kylian) Mbappé ça le fait rêver. On ne peut pas forcer le destin mais on va tout faire pour y aller…”