Covid, Mediapro, suspense à tous les étages: une saison folle en L1

Le Parc de Princes à huis clos à l’occasion du match PSG-Rennes disputé le 7 novembre 2020
Par Jeremy TALBOT / © 2021 AFP

En passe de se refermer, la saison 2020/21 de la Ligue 1 s’est écrite avec des ingrédients inédits, entre la défaillance du diffuseur Mediapro, la pandémie de Covid-19 en perturbateur majeur et un sprint final haletant dans le haut comme le bas du classement.

Voici le thermomètre d’une saison pas comme les autres:

. Froid: stades vides et cas de Covid

Pour lancer la saison du nouveau diffuseur Mediapro, la Ligue avait placé MarseilleSaint-Étienne en ouverture le 21 août. Las, la fête a été gâchée par le Covid-19 qui a contaminé plusieurs joueurs de l’OM et entraîné le report du choc. A la place? Un triste Bordeaux-Nantes (0-0), annonciateur d’un exercice difficile pour les deux rivaux de l’Atlantique.

“On a été une des rares ligues à arrêter notre championnat et quand on redémarre il y a déjà des matches reportés (…), c’est un mauvais signal”, regrette alors l’entraîneur de Lille Christophe Galtier.

Partout, les stades de France résonnent creux car, avec le rebond de la pandémie, la présence de supporters reste extrêmement limitée. De fait, les rencontres de L1 sont disputées devant 5.000 personnes maximum (public, staff, sécurité, médias), une jauge vite abaissée à 1.000 personnes, avant de laisser place aux tristes huis clos.

Adieu les recettes de billetterie pour les clubs et adieu l’ambiance dans les stades, où parfois une bande son pré-enregistrée de chants de supporters tente de masquer le vide.

. Glacial: impasse et passe d’armes sur les droits TV

En octobre, c’est la douche froide pour le foot français, sonné par la bombe du patron de Mediapro. “Nous voulons rediscuter le contrat de cette saison. Elle est très affectée par le Covid-19”, affirme Jaume Roures auprès de L’Equipe.

Détenteur de 80% des droits TV de la L1, le groupe espagnol à capitaux chinois est incapable de verser l’argent dû à la Ligue, obligée de trouver une solution d’urgence face à la panique qui saisit les clubs. Le manque à gagner s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros pour ces derniers, qui bâtissent une grande partie de leurs budgets sur les droits télévisuels.

“La crise Covid est mondiale, mais la crise Médiapro n’est tombée que sur le championnat français”, rappelait Christophe Galtier début avril dans un entretien à l’AFP.

Rupture de contrat, litiges juridiques multiples, appels d’offre: la Ligue dirigée par Vincent Labrune se démène pour éviter l’écran noir, jusqu’à l’annonce début février d’un accord avec Canal+ pour la fin de saison. Cela se traduit par une baisse des revenus télévisuels des clubs à hauteur de 49% pour l’exercice en cours, selon des sources ayant connaissance du dossier.

. Brûlant: lutte au sommet, survie dans l’élite

A deux journées du terme, le championnat de France est loin d’avoir livré son verdict pour le titre, le podium final, les tickets pour l’Europe et la relégation.

Chose rare, un quatuor constitué par Lille, le Paris SG, Monaco et Lyon a longtemps joué des coudes pour le titre. Avec trois points de plus, les Dogues lillois sont désormais en pôle pour ravir le trône aux superstars parisiennes, pourtant annoncés gagnants en début de saison. Orphelin de son buteur nigérian Victor Osimhen parti à Naples, secoué en coulisses par la vente du club, Lille pourrait rééditer la surprise créée en 2012 par Montpellier, champion au nez et à la barbe du puissant PSG.

Les billets pour la lucrative Ligue des champions ne sont par ailleurs pas encore attribués. Monaco (3e, 74 points) guette un faux-pas du PSG (76 pts) et se méfie de Lyon (4e, 73 points). Sur les 44 équipes ayant remporté au moins autant de points que l’OL à ce stade de la saison, seul Marseille en 2017/18 n’avait pas terminé sur le podium, d’après le statisticien Opta. L’équipe était entraînée par Rudi Garcia, l’actuel entraîneur de l’OL…

Quatre équipes sont en outre engagées dans un bras de fer pour les 5e et 6e places qualificatives pour les “petites” Coupes d’Europe: l’OM, Lens, Rennes et, dans une moindre mesure, Montpellier.

Le suspense est tout aussi élevé dans le bas de tableau, avec sept clubs à la lutte pour ne pas accompagner Dijon en Ligue 2 ou s’aventurer dans un barrage incertain. Des monuments comme Nantes (en position de barragiste) et Bordeaux (15e) sont ainsi menacés.