Coupe du Roi: une finale inédite 100% basque, mais sans public

L’attaquant de la Real Sociedad, David Silva (d), lors du match de Liga contre l’Atlético de Madrid, à San Sebastian, le 22 décembre 2020
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Deux équipes basques rivales dans une finale “historique”: samedi à Séville, la Real Sociedad et l’Athletic Bilbao s’affronteront pour la Coupe du Roi 2020 loin de leurs supporters, dans le triste silence du stade vide de la Cartuja.

La finale de l’édition 2019-2020 avait été repoussée d’un an (du 18 avril 2020 au 3 avril 2021) pour maximiser les chances d’avoir du public pour cette première finale 100% basque… mais 350 jours plus tard, la pandémie de Covid est toujours là.

Un bien étrange théâtre pour cette finale inédite entre deux équipes voisines mais rivales, qui ont ressurgi cette saison pour bousculer l’ordre établi et les trois géants actuels du football espagnol: le FC Barcelone, le Real Madrid et l’Atlético Madrid.

“L’attente valait le coup”, a titré vendredi en “une” Marca, le journal le plus vendu en Espagne, soulignant que “le derby qui valait un titre arrive enfin, 350 jours après” la date initialement prévue.

Un enthousiasme partagé par la presse catalane: “une finale historique”, se sont accordés les quotidiens Sport et Mundo Deportivo ce vendredi sur leurs premières pages respectives.

“La Coupe la plus convoitée”, a pour sa part affiché le journal sportif espagnol As, dans une “une” rayée de rouge et de bleu, les couleurs des deux clubs.

Aucun des deux finalistes n’a remporté la coupe nationale depuis plus de trente ans et la fin de l’époque glorieuse des clubs basques, à la fin des années 1980. Le dernier à avoir soulevé ce trophée a été la Real Sociedad, en 1987 (2-2 puis 4-2 aux t.a.b. contre l’Atlético Madrid en finale).

Bilbao transformé

Le club de Saint-Sébastien, justement, est la nouvelle coqueluche de la scène footballistique espagnole : avec son jeu léché, son entraîneur iconoclaste (Imanol Alguacil), sa séduisante politique de formation (Ander Barrenetxea, Mikel Oyarzabal) et ses intelligentes recrues (David Silva, Adnan Januzaj, Alexander Isak), la Real Sociedad a conquis le public depuis deux saisons.

Même s’ils sont cinquièmes de Liga (45 pts) après un début de saison canon, ils restent sur une grosse déconvenue, infligée par le Barça (6-1), le 21 mars.

“Après tant d’années (sans titre), une finale repoussée, et la pandémie au milieu de tout ça… C’est sûr, on veut rentrer dans l’histoire de ce club. Et l’heure est venue”, a harangué Imanol Alguacil en conférence de presse de veille de match, vendredi.

Mikel Oyarzabal et les internationaux espagnols de l’Athletic, Unai Simon et Iñigo Martinez, ont pu découvrir la pelouse de la Cartuja mercredi avec l’Espagne face au Kosovo (3-1), en qualifications pour le Mondial-2022 au Qatar.

L’Athletic Bilbao, en difficulté en championnat (9e, 35 pts), voit ses chances d’accrocher une place qualificative pour l’Europe s’éloigner peu à peu. Mais cette année, en Espagne, c’est l’équipe de coupes par excellence.

Le groupe a été transformé par l’arrivée de l’entraîneur Marcelino: depuis sa nomination début janvier, l’Athletic a écarté le FC Barcelone pour s’adjuger le titre en Supercoupe d’Espagne (3-2 a.p., le 17 janvier) et se prépare à jouer une deuxième finale de Coupe du roi le 17 avril, encore face au Barça, toujours à Séville.

“Il n’y a aucun doute, quand on entre ici, le premier souvenir qui nous vient en tête, c’est la joie de la Supercoupe d’Espagne”, a confié Marcelino vendredi soir en conférence de presse.

Les “Lions” n’ont ainsi concédé que deux défaites en 17 matches toutes compétitions confondues depuis fin janvier. De quoi remplir d’incertitudes cette affiche face à la Real Sociedad, à défaut de spectateurs.