Coupe de la Ligue anglaise: Klopp et Tuchel, une soif de victoire insatiable

Les entraîneurs allemands de Liverpool, Jürgen Klopp, et de Chelsea, Thomas Tuchel, à l’issue de l’opposition entre leurs équipes à Anfield, le 4 mars 2021
/ © 2022 AFP

Au-delà de leur nationalité ou de leur parcours, si une chose rapproche les entraîneurs de Liverpool Jürgen Klopp et de Chelsea Thomas Tuchel, c’est bien un appétit insatiable pour les trophées qui sera encore mis à l’épreuve en finale de la Coupe de la Ligue, dimanche, à Wembley.

Pour le moment, le cadet, Tuchel, 48 ans, mène 1-0 sur la saison, avec le récent triomphe des Blues au Mondial des clubs, un honneur que l’aîné, Klopp, 54 ans, avait connu en 2019.

Mais le score n’en restera pas là, les deux étant encore en lice dans quatre autres compétitions, même si le titre national semble compromis pour Chelsea, avec 13 points de retard sur le leader Manchester City, malgré un match en moins.

Dès dimanche, ils devront se départager dans une compétition monopolisée ces 4 dernières années par City qui a chuté en huitième.

Un choc entre les deux coaches allemands qui se sont imposés comme des références mondiales en conquérant une Angleterre souvent impitoyable avec ses techniciens.

Passés tous deux par Mayence et Dortmund, leurs trajectoires anglaises sont très différentes, reflétant deux philosophies de clubs diamétralement opposées.

Klopp a ouvert la voie en prenant en main, fin 2015, des Reds encore traumatisé par l’échec dans la course au titre en 2014.

Ses premières années ont longtemps eu le goût amer des défaites en finale: en Coupe de la Ligue anglaise en 2016 aux tirs au but contre City, en Ligue Europa la même année, ou en Ligue des Champions en 2018.

Liverpool façonné à l’image de Klopp

Mais il a bénéficié d’une confiance et d’une patience rares à ce niveau pour façonner le club à son image et le porter sur le toit de l’Europe et du monde en 2019 avant, Graal ultime, de lui offrir son premier titre national en 30 ans en 2020.

Un luxe que Tuchel savait ne pas pouvoir se permettre à Chelsea, grand consommateur d’entraîneur et où seule la victoire protège les coaches, pour un temps.

Arrivé tout début 2021, il a eu un impact spectaculaire en arrachant une improbable qualification pour la C1 et surtout en allant étouffer Manchester City à Porto (1-0) pour le priver d’un sacre en Ligue des champions après lequel il court toujours.

La Supercoupe d’Europe et le Mondial des clubs ont depuis rejoint l’armoire à trophées des Londoniens.

Mais les deux coaches savent la fragilité d’un palmarès qui reflète le passé quand dirigeants et supporters ne pensent presque immédiatement qu’au triomphe suivant.

“On sait tous que les gens sont très satisfaits pour le moment. Mais dans 20 ans, quand ils parleront de cette équipe (de Liverpool), je ne serai pas surpris qu’ils disent, si on ne remporte plus rien, +moui, ils étaient bons, mais ils auraient dû gagner plus+” de titres, confié Klopp en conférence de presse.

“Pas de sentiments” pour Tuchel

Peu en verve à Wembley, où il a perdu une finale de C1 avec Dortmund et en Coupe de la Ligue, Klopp sera privé face à Chelsea de Roberto Firmino, touché aux adducteurs, mais il pourra peut-être compter sur Diogo Jota, remis d’une blessure à une cheville.

Tuchel devra, de son côté, trancher deux dilemmes aux deux extrémités du terrain.

Fera-t-il confiance jusqu’au bout dans cette compétition à Kepa ou alignera-t-il son “talisman”, Edouard Mendy avec qui il est invaincu en finale ?

“Kepa a été fantastique dans la période où on n’avait pas +Edou+ (pendant la Coupe d’Afrique des Natrions). Mais je ne peux pas me permettre de faire de sentiments à ce sujet. Je dois faire ce qu’il y a de mieux pour l’équipe”, a-t-il confié à la presse, semblant faire pencher la balance du côté du Sénégalais.

Sa décision sur la titularisation ou non de Romelu Lukaku, resté sur le banc contre Lille en C1, mardi, sera encore plus commentée.

“C’est un joueur important, il y a beaucoup d’attention sur lui, mais si on prend un peu de recul, vous verrez qu’il a débuté beaucoup de matches pour nous”, a relativisé Tuchel, qui assure qu’il n’y a “aucune rancune” entre eux et qu’ils ne pourront “atteindre (leurs) objectifs qu’ensemble”.