Coupe de France: PSG-Lille, le choc empoisonné

L’entraîneur du PSG Mauricio Pochettino échange avec Kylian Mbappé durant la rencontre de Ligue 1 contre Nantes au Parc des Princes, le 14 mars 2021
Par Alexis HONTANG, avec Nicolas BLASQUEZ à Lille / © 2021 AFP

Entre le Paris SG, secoué de toutes parts dimanche, et Lille, qui se demande s’il ne faut pas privilégier le Championnat, le choc des huitièmes de finale de Coupe de France oppose mercredi (17h45) deux cadors en plein questionnement.

Sur le papier, l’affiche entre les deux premiers de Ligue 1 a de quoi rehausser la saveur des fins d’après-midi, à l’heure du couvre-feu national à 18h00.

Mais Parisiens comme Lillois s’interrogent autour de cette rencontre, à l’instar des diffuseurs qui ont décalé deux fois l’horaire du coup d’envoi, initialement prévu à 14h00 puis 16h45.

Le match a lui-même été avancé à mercredi, à la suite de la qualification du club de la capitale pour les quarts de finale de la Ligue des champions, prévus en même temps que les autres 8es de la Coupe, début avril.

Le PSG vient de vivre un week-end traumatisant, marqué par une défaite 2-1 contre Nantes, 19e de L1, et le cambriolage, la même soirée, dont ont été victimes Angel Di Maria et le père de Marquinhos.

“Nous sommes une équipe unie, et cela a affecté tout le monde. Aujourd’hui, le groupe va un peu mieux”, a constaté mardi l’entraîneur Mauricio Pochettino.

Du côté des terrains, les certitudes nées de l’exploit au Camp Nou face au FC Barcelone (4-1), le 16 février, en huitième de finale aller de Ligue des champions, se sont heurtées à la réalité d’une saison qui ne laisse à Paris aucun répit.

Le retour mal maîtrisé face au Barça (1-1), ajouté à la seconde période ratée contre les Canaris, l’ont fait replonger dans le même marasme qu’en novembre, quand il se demandait s’il allait pouvoir se sortir de sa poule de C1.

Forfait de Neymar

Les hommes de Thomas Tuchel, à cette époque, s’étaient redressés grâce à un état d’esprit en acier et aux prouesses de Neymar, alors en grande forme.

Or aujourd’hui, “Ney”, touché à un adducteur, n’a plus joué depuis début février, et s’il a repris partiellement l’entraînement collectif, il sera encore absent face aux Dogues.

Paris doute, l’entraîneur nordiste Christophe Galtier aussi, mais pour d’autres raisons.

En tête de la L1 avec trois points d’avance sur le PSG et Lyon, le Losc rêve d’un quatrième titre de champion. Son nul à Monaco dimanche (0-0) l’a conforté dans ses capacités à décrocher le Graal.

Mais parcours en Coupe et régularité en championnat ne font pas forcément bon ménage, surtout pour une équipe qui a touché ses limites au moment d’enchaîner L1 et Ligue Europa.

Le technicien lillois pourrait être tenté de soulager certains cadres, dans l’optique du sprint final, qui se poursuit dimanche contre Nîmes.

Puis viendra, le 3 avril après la trêve internationale, un nouveau choc au Parc des princes, presque une “finale” pour le titre.

“Bien figurer”

“J’ai lu que j’allais mettre une équipe D, pas B ou C… mais D. Il y a de la fatigue donc automatiquement il y a de la gestion. Je crois avoir deux équipes A”, a lancé Galtier, qui va laisser dans les cages Mike Maignan.

“Il y a des rotations qui me semblent obligatoires, tout en alignant une équipe très compétitive. (Paris), c’est un match important à mes yeux”, a poursuivi le technicien.

“La Coupe, c’est un état d’esprit différent”, a abondé Benjamin André. “Pour l’avoir gagnée (avec Rennes en 2019), c’est quelque chose de symbolique. Bien figurer dans les deux compétitions qu’il nous reste, c’est important.”

Pourquoi ne pas tout gagner? En 2011, l’année de son dernier titre de champion, le Losc d’Eden Hazard avait bien réussi le doublé, avec la Coupe de France.

Mercredi, c’est clairement Paris qui a le plus à perdre. Pochettino répète toutes les semaines à la presse que son équipe “veut gagner chaque compétition, chaque match”.

Un échec dans la doyenne des compétitions françaises, importante au PSG qui l’a remportée 13 fois (record), ouvrirait une brèche sous les pieds des Parisiens qui enchaîneront, dimanche, par un déplacement crucial à Lyon.

“C’est une semaine importante. Je reste extrêmement positif dans toute cette folie ambiante”, a souri “Poche”, citant le coronavirus, les nombreuses blessures…

Cette saison, les joueurs de la capitale n’ont remporté aucune de leurs grandes affiches au Parc des princes (Marseille, Lyon, Manchester United, Monaco, Barça). Pour eux, ce n’est plus le moment de tergiverser.