Coupe de France: Nice-OM, rivalité asymétrique sur fond de Méditerranée

Le Niçois Melvin Bard (à dr.) à la lutte avec Boubacar Kamara, le milieu de l’OM, lors du match rejoué entre les deux équipes à Troyes, le 17 octobre 2021
/ © 2022 AFP

Le sulfureux Nice-Marseille interrompu au mois d’août a rallumé la flamme d’une rivalité régionale historiquement plus vive chez les supporters niçois, attendus en masse pour les retrouvailles mercredi (21h15) en quart de finale de Coupe de France à l’Allianz Riviera.

Depuis la qualification aux dépens du Paris SG (0-0 et 5-4 aux t.a.b.), les ultras des Aiglons n’ont plus parlé que de l’affiche face aux voisins marseillais, séparés par 200 km et un petit point seulement sur le podium de la Ligue 1.

Et dimanche contre Clermont, les premiers chants anti-OM ont été répétés avant ces retrouvailles brûlantes en Coupe, six mois après les débordements de Nice-OM en Ligue 1.

L’animosité des Marseillais envers les Niçois existe aussi, comme en témoignent de récurrentes banderoles “Nissa Merda” dans les tribunes du Vélodrome, et surtout l’immense tifo portant la même inscription déployé dans le Virage Sud en mars 2019.

Mais l’OM a d’autres rivaux historiques, comme le PSG, Lyon ou Bordeaux et pendant des années, le voisin niçois n’était pas considéré comme boxant dans la même catégorie.

Il était même regardé avec une certaine indifférence. Pur Niçois et supporter du Gym, proche des ultras, l’ancien attaquant azuréen Alexy Bosetti avait lui-même reconnu que “Nice déteste plus l’OM que l’inverse”.

Derby entre “cousins”

“J’ai été très surpris en arrivant ici de découvrir l’antagonisme des Niçois. À l’époque, à Marseille, on voyait ce derby comme un rendez-vous à gagner, bien sûr, mais devant des cousins”, raconte à l’AFP Julien Fournier, directeur du football à l’OGCN et ancien directeur général de l’OM.

L’arrivée de l’ambitieux propriétaire britannique Ineos sur la Promenade des Anglais, en 2019, pourrait à terme modifier le rapport de force sportif et, pourquoi pas, changer la donne dans les tribunes.

“Maintenant, les gens regardent Nice différemment. Mais il est encore prématuré de nous voir là où nous ne sommes pas encore. Nous n’avons rien gagné depuis près de 30 ans”, nuance Fournier.

Les Niçois pourront compter mercredi sur le soutien d’une Allianz Riviera comble, avec plus de 30.000 billets réservés en début de semaine, et totalement acquise à leur cause. Les fans de l’OM ont en effet été interdits de déplacement par arrêté préfectoral.

Malgré cela, un dispositif d’encadrement conséquent a été établi pour cette rencontre, avec notamment trois compagnies de CRS et 700 agents de sécurité prévus.

Le 22 août dernier, l’affiche entre les deux rivaux de la Méditerranée avait dégénéré avec des jets de bouteilles, l’envahissement du terrain et des bagarres et incidents entre supporters, joueurs et membres de l’encadrement des équipes.

Le match, interrompu, avait ensuite été rejoué fin octobre (1-1), à huis clos et sur terrain neutre. Les Azuréens ont par ailleurs été pénalisés d’un retrait d’un point et ils restent toujours sous la menace d’un second retrait de point avec sursis.

Paix entre présidents

Depuis les graves incidents de l’été, où le capitaine marseillais Dimitri Payet avait notamment été ciblé, des filets de protection ont été installés devant les deux virages pour éviter tout jet de projectiles contre des joueurs. Des filets amovibles peuvent également être utilisés pour protéger les tireurs de corners.

Les présidents de Nice et Marseille, Jean-Pierre Rivère et Pablo Longoria, ont par ailleurs enterré la hache de guerre après s’être brouillés en août. Cette normalisation s’est traduite dans les faits par le prêt au Gym de Jordan Amavi, actuellement blessé, lors du dernier mercato hivernal.

“Les discussions avec Pablo (Longoria) s’étaient bien passées, avec respect et considération pour le prêt d’Amavi”, assure Fournier. “On peut être en totale concurrence sur le terrain, avoir des comportements peu contrôlés devant un match mais dès le coup de sifflet, on tourne la page.”

Le prochain chapitre de la rivalité Nice-OM s’écrit mercredi en Coupe de France. Les Aiglons ont soulevé le trophée trois fois, les Marseillais, dix. Et dans une édition particulièrement ouverte après l’élimination du PSG, chaque camp rêve de soulever le trophée… et d’éliminer son voisin au passage.