Coupe de France: Monaco dans sa bulle face au piège Rumilly-Vallières

Le capitaine et attaquant de Monaco, Wissam Ben Yedder, célèbre son but avec ses coéquipiers, lors du match de L1 à domicile contre Dijon, le 11 avril 2021 au stade Louis II
Par Francois-Jean TIXIER, Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

C’est le moment de retrouver la finale”: Niko Kovac veut qualifier Monaco pour sa première finale de Coupe France depuis 2010, mais son équipe doit éviter jeudi en demi-finale (21h15) le piège tendu par les amateurs de Rumilly-Vallières (N2).

Monaco a l’occasion de vivre une superbe fin de saison. Pour cela, le club de la Principauté, large favori jeudi soir, ne doit pas se manquer à Annecy face aux Hauts-Savoyards, dont le championnat a été arrêté il y a plusieurs mois en raison de la situation sanitaire.

L’entraîneur Niko Kovac est conscient de l’enjeu et il a littéralement mis ses joueurs sous cloche.

En compagnie du directeur sportif, Paul Mitchell, et du directeur de la performance, James Bunce, le Croate a estimé qu’il était opportun de placer l’effectif professionnel et un staff élargi, dans “une bulle de performance”, jusqu’à la fin de la saison.

L’objectif est de réduire au maximum les risques de contamination au Covid-19. D’ailleurs, six joueurs, dont Gelson Martins, Aleksandr Golovin et Eliot Matazo, ont été positifs ces dernières semaines. Mais il s’agit aussi d’assurer un meilleur confort de récupération pour tous.

En effet, Monaco vise quatre victoires sur les dix jours à venir. Celle face à Rumilly-Vallières serait synonyme de finale de Coupe de France, une première depuis 2010 (défaite 1-0 a.p. contre le PSG). “Onze ans, c’est long, souffle Kovac. C’est le moment pour le club de retrouver la finale.”

Il avait déjà éliminé Monaco

“Tout le monde s’attend à une victoire de Monaco, c’est le vrai danger, reconnaît l’entraîneur croate. Si on pense qu’en jouant à 70% on peut passer, on sera éliminé.”

Il assure donc avoir préparé cette rencontre comme un match contre le Paris SG. “Avec un peu moins de vidéos mais le même travail pour pointer les forces et faiblesses de cette équipe compacte, qui contre et est bonne sur coups de pied arrêtés”, indique-t-il.

“Je respecte les clubs des divisions inférieurs, précise-t-il encore. Je suis conscient de leurs efforts quotidien. Les joueurs de Rumilly ont un rêve: jouer une finale dans le plus grand stade de France, jouer le plus grand match de leur carrière. Ils donneront 100%. On doit en faire de même. Et oublier Rennes et Lens”, affiches à venir en Ligue 1, précise-t-il.

“On est en demi, c’est fou mais on ne réalise pas totalement”, avait souligné le milieu haut-savoyard Mathieu Guillaud dès la qualification face à Toulouse (2-0), contre qui il a marqué et été impliqué sur le second but.

Guillaud avait déjà connu pareille aventure avec Chambéry en 2011. Il avait atteint les quarts de finale sous la direction de l’entraîneur David Guion, aujourd’hui à Reims. Avant de perdre contre Angers (3-0), les Savoyards avaient d’ailleurs sorti… Monaco, puis Brest et Sochaux.

“A la vie, à la mort”

Pour jouer cette demi-finale, Rumilly-Vallières, entré au 4e tour, en a déjà passé dix. Avec toutes les péripéties possibles dues à la pandémie.

Après avoir éliminé deux équipes de Régionale 3, l’équipe de l’Albanais (Pays de Savoie niché entre les lacs du Bourget et d’Annecy) a sorti, au 6e tour, Manival, club de R2 de la banlieue grenobloise, par forfait en raison de la crise sanitaire.

Puis, la refonte inédite de la compétition en deux voies (clubs professionnels et clubs non professionnels) a permis à cette équipe de National 2, dont le championnat est à l’arrêt depuis de longs mois, de n’avoir à éliminer que des clubs amateurs. Dans l’ordre Limonest (N3), Saint-Priest (N2), Prix-les-Mézières (N3), Annecy (N1) et Le Puy (N2). Avant de se qualifier aux dépens de Toulouse (L2), décimé par les cas de Covid-19.

En attendant de songer au Stade de France, les joueurs du GFA 74 savourent. Ils affrontent “l’équipe la plus en forme depuis six mois”. “Nos chances sont infimes, admet Guillaud. Mais au coup d’envoi, il y a 0-0”.

Prévenus du danger, les Monégasques se focaliseront sur leur performance. “Pour entrer dans l’histoire d’un club, il faut remporter des trophées, fait valoir le Brésilien Caio Henrique. Je veux me qualifier pour la finale. Ce sera un match +à la vie, à la mort+.”