Coupe de France: Marseille, “maldito” Benedetto?

L’attaquant de l’OM Dario Benedetto frappe le ballon face à Angers, en L1 au Vélodrome, le 25 janvier 2020
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2020 AFP

Dario Benedetto se démène, offre au moins un geste génial par match, mais ne marque plus beaucoup pour l’Olympique de Marseille. Le retour de l’attaquant argentin au tableau d’affichage est espéré pour le 8e de finale de Coupe de France contre Strasbourg, mercredi (21h05).

“Je le trouve bien, s’il passe les quatre prochains matches sans but et qu’on gagne les quatre, c’est bon pour moi aussi”, le défend André Villas-Boas.

L’entraîneur de l’OM ne s’inquiète pas. Il répond placidement, une fois par conférence de presse, à la question sur le relatif mutisme de “Pipa”, qui n’a réussi que deux buts sur ses 14 derniers matches, toutes compétitions confondues, après un départ canon: 5 buts pour ses neuf premières rencontres.

Benedetto “n’est pas un 9 pur comme (le Lyonnais) Moussa Dembélé”, ajoute le Portugais. “Tant qu’il fait son travail, je suis content, ça ne m’inquiète pas qu’il ne marque pas”.

“AVB” manie même l’humour pour défendre les statistiques du joueur qu’il a tenu à aller chercher à Boca Juniors cet été. “Ce n’est pas un frappeur de penalty, comme vous l’avez vu”, une allusionqui a fait sourire la salle de presse de La Commanderieau penalty que Benedetto avait raté pour son tout premier match, à Nantes (0-0).

Et si par exemple Benedetto n’a pas été très dangereux non plus contre Angers (0-0), samedi en Ligue 1, Villas-Boas explique aussi que le buteur “a joué avec une douleur au tendon d’Achille, qui a échappé un peu à tout le monde. Il a reçu un coup en première mi-temps”.

“On se régale de jouer avec lui”

L’Argentin était aux soins dimanche et en salle lundi, où il a passé une IRM qui n’a rien révélé. Vraiment pas de quoi s’en faire, donc, pour AVB, qui estime que son attaquant de pointe “reste sur l’objectif établi pour lui: 15 buts” pour cette première saison en Europe, à 29 ans.

Au-delà des buts, il y a les gestes de footballeur. Contre le SCO, il a délivré un amour de passe dans le dos des défenseurs et dans la course de Nemanja Radonjic pas loin de devenir décisive.

Contre Brest (2-1), sa feinte de corps à la Pelé avait offert un but à Bouna Sarr.

Bref, Benedetto manque d’efficacité, pas d’inspiration.

Et le joueur non plus ne s’en fait pas. “J’en ai parlé avec lui, la confiance de certains buteurs souffre de ne pas marquer, mais il m’a dit: +Non, Mister, je suis content que l’équipe gagne, et mes performances sont bonnes+, ce qui est vrai”, racontait le coach portugais fin novembre, au cœur de la première série sans but de Pipa.

Il rappelait que “c’est un joueur qu’on a fait venir ici pour son jeu d’association, et il le fait à la perfection pour nous”.

Ses coéquipiers abondent. “On se régale de jouer avec lui car il décroche, dézone, bouge beaucoup, il fait bouger les adversaires et crée des espaces entre les lignes”, explique Morgan Sanson, suspendu contre le Racing.

“Il pense pour l’équipe”

Dario “nous aide dans le jeu, il est très intelligent, il arrive à bien jouer avec ses partenaires en remises, quand il décroche, dans la surface…” développe Steve Mandanda.

Le capitaine loue aussi “l’état d’esprit” de Benedetto. “Dario a un gros caractère, c’est aussi quelqu’un qui pense pour l’équipe, quand on gagne et qu’il ne marque pas, il est vraiment content”, assure le champion du monde.

“Je ne le sens pas du tout affecté, et le groupe non plus” par le manque de but, poursuit Mandanda, mais “mettre ce petit but serait bon pour la confiance”.

“Moi, je veux marquer à chaque match, disait l’Argentin en octobre, j’ai l’habitude de me mettre moi-même la pression. Mais le plus important, c’est l’équipe, pas les individualités”.

“Dario reste tranquille tant que l’équipe gagne, confirme Villas-Boas, le plus important c’est l’équipe, pas le buteur”. Mais un “pion” contre Strasbourg ferait du bien au buteur…