Coupe de France: le Paris SG chasse la peur du bide à Montpellier

L’entraîneur argentin du Paris-SG, Mauricio Pochettino, lors du match de Ligue 1 à Rennes, le 9 mai 2021
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

La Coupe de France reste la dernière compétition où le Paris SG ait encore son sort entre ses mains, mais il lui faudra chasser le fantôme de l’échec qui rôde, mercredi (21h00) en demi-finale à Montpellier.

Bien sûr, le titre de champion n’est pas encore perdu, mais le PSG compte trois points de retard sur Lille à deux journées de la fin de la Ligue 1 et dépend d’un éventuel tremblement de la main, ou du pied, de son rival à l’heure de conclure.

Pour l’instant la spirale de l’échec entraîne plutôt l’équipe de Mauricio Pochettino vers le fond. Cette huitaine a très mal commencé avec une élimination logique à Manchester City (2-1, 2-0), en demi-finale de Ligue des champions, mardi.

Elle s’est poursuivie dimanche par un couac à Rennes (1-1), où les partenaires de Neymar, l’attaquant brésilien en tête, ont semblé incapables de réaction. Ils disputaient pourtant un match crucial pour conserver leur titre national.

Le plus inquiétant reste cette absence de révolte rageuse sur les 20 dernières minutes en Bretagne, alors que Rennes venait d’égaliser et que le trophée du champion de France s’approchait un peu plus de Lille.

Il faut sonner le tocsin, sinon l’armada du PSG qatarien pourrait terminer la saison bredouille, exception faite du modeste Trophée des champions remporté en janvier contre Marseille (2-1). Pas de quoi étancher la soif de gloire d’un club deux fois d’affilée placé dans le dernier carré de la C1.

Investissements lourds

Vu les investissements lourds, à l’image samedi de l’onéreuse prolongation de Neymar jusqu’en 2025, ce serait une catastrophe sportive. Et un camouflet pour Pochettino, pendant que son prédécesseur Thomas Tuchel, évincé à deux jours de Noël, prépare lui une finale de Ligue des champions avec Chelsea…

Pour corser la situation, le technicien argentin est privé pour cette demi-finale à Montpellier de deux joueurs majeurs, Marco Verratti et Presnel Kimpembe.

Le milieu de terrain, touché au genou droit, est forfait pour “quatre à six semaines”, sa saison est terminée, et il risque même de rater l’Euro avec l’Italie.

“Presko” lui est suspendu, après son rouge direct pour un tacle mal maîtrisé sur le Rennais Jérémy Doku, symptôme parmi d’autres de la fébrilité parisienne. Angel Di Maria a vu rouge à Manchester et Idrissa Gana Gueye à l’aller contre City…

Pour Pochettino, ces exclusions doivent plus “à la frustration du moment, des circonstances de jeu”. “Je ne pense pas que ce soit à cause des trophées” que le PSG risque de manquer, estime-t-il.

Le coach enregistre tout de même une bonne nouvelle, le retour de blessure et de suspensionà Rennesde son meilleur buteur, Kylian Mbappé.

Le champion du monde réussit souvent contre La Paillade, 5 buts lors des quatre dernières confrontations en L1, toutes gagnées par le PSG, et largement, deux fois 3-1, une fois 4-0 et une fois 5-0!

Montpellier en rêve depuis 1990

Mais Montpellier, vaincu dans la course à l’Europe en L1, rêve d’empoigner à nouveau le trophée de la Coupe de France, le premier titre remporté en 1990 par feu le président Nicollin, qui l’avait rendu fou de joie.

A l’époque, l’équipe de Laurent Blanc, Eric Cantona et Julio César avait battu en finale un club… parisien, le Racing Paris 1 de David Ginola et Pascal Olmeta pour retrouver une Coupe Charles Simon que le SOM, Sports Olympiques Montpellier, avait arrachée en 1929 à son grand rival régional, le FC Sète.

Le MHSC est privé de son défenseur central Pedro Mendes, gravement blessé à un genou, et aligne comme pour tout le tournoi son gardien N.2, Dimitry Bertaud.

Éliminer le PSG et tenter de remporter la finale, contre Monaco ou la surprise Rumilly-Vallières (N2), qui jouent leur demie jeudi (21h15), offrirait une sortie triomphale à Michel Der Zakarian, entraîneur sur le départ après quatre ans de service au MHSC.

Montpellier avait aussi atteint la finale en 1994, battu par Auxerre (3-0).

En 2012, il y eut l’apothéose d’un stupéfiant titre de champion de France, au nez et à la barbe du PSG qui vivait sa première saison sous pavillon qatarien.

Depuis, Paris s’est habitué à une ultra-domination sur le royaume du football français, contestée seulement par Monaco, champion 2017, et par le Losc cette année.

Mais le vent a tourné, et le PSG peut encore tout perdre.