Coupe de France: le Club Franciscain, pour l’honneur du foot ultramarin

Le milieu de terrain du Club Franciscain Stéphane Abaul (g) lors d’un match de Coupe de France contre Nantes, le 3 janvier 2015 à La Beaujoire
Par Adrien VICENTE / © 2021 AFP

Les Martiniquais du Club Franciscain peuvent devenir dimanche le premier club ultramarin à se qualifier pour les 8es de finale de la Coupe de France, un morceau d’histoire à aller chercher chez un club de l’élite, Angers.

“Ca ne va pas être facile”, convient auprès de l’AFP Eric Littori, président du club amateur évoluant en Championnat de la Martinique, la plus haute division locale, équivalant du Régional 1 (sixième division).

“Il faudra être parfaits, physiquement et mentalement”, anticipe le capitaine de l’équipe, Stéphane Abaul.

Le milieu de 29 ans se rappelle la seule confrontation de l’histoire du club contre une équipe de Ligue 1: en 2015, en 32e de Coupe de France, les Martiniquais avaient encaissé un cuisant 4-0 contre Nantes.

“On avait pris une raclée comme jamais cette année-là, donc ça nous a fait un choc, mais on a appris de nos erreurs”, promet Abaul.

Magasinier à la mairie du François, la commune (16.000 habitants) de la côte atlantique où est basé le Club Franciscain, il a quelques expériences du haut niveau grâce à ses sélections avec l’équipe de Martinique, qui lui ont permis d’affronter le Mexique, le Canada ou le Panama dans les compétitions continentales.

“Historique”

“Je suis fier du parcours du club”, une réussite “malgré la multitude des matches importants disputés dans un laps de temps très court”, explique à l’AFP le maire du François, Samuel Tavernier.

Leader du championnat de Martinique, le Club Franciscain est le troisième club d’outre-mer de l’histoire à parvenir au stade des 16e de finale. La saison dernière, les Réunionnais de la JS Saint-Pierroise avaient été éliminés à ce stade par Epinal (National 2).

Mais cette année, c’est le format inédit de la compétition, remanié

pandémie oblige

avec une voie amateur et une voie professionnelle, qui l’a permis: les clubs d’outre-mer se sont affrontés entre eux.

Pour leur premier match de cette édition contre un club de métropole, les Noir et Vert du François n’ont pas été gâtés au tirage: contre le SCO, pensionnaire de l’élite, il y aura donc cinq divisions d’écart.

L’autre représentant ultramarin, le FC M’tsapéré de Mayotte (R1), a été éliminé en 32e à son premier match avec un club de métropole, Romorantin (N2).

“Aller en huitièmes, ce serait encore plus historique pour nous. On veut marquer l’histoire du Club Franciscain, du François et de la Martinique”, dit Stéphane Abaul.

En attendant de se déplacer au stade Raymond-Kopa d’Angers, les Martiniquais, en métropole depuis le 26 février, sont hébergés au quartier général des équipes de France à Clairefontaine (Yvelines).

“On ne demande pas mieux en football”, se réjouit Eric Littori. “Nous sommes bien logés, la nourriture c’est impeccable, c’est que du bon, ça nous permet d’être ensemble, de resserrer les liens.”

En arriver là, “c’est du bonus, y compris financièrement”, dit-il, soulignant les 102.500 euros de dotation déjà dans les caisses du club, auxquels s’ajouteraient 70.000 euros en cas de victoire.