Coupe de France: l’armada rennaise reçoit des Merlus à sec

Les joueurs du Stade rennais en communion avec leurs supporters à l’issue de leur victoire à Lorient, en Championnat, le 28 novembere 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

D’un côté, un club européen au recrutement ambitieux, de l’autre, un récent promu déplumé: le 32e de finale de Coupe de France entre Rennes et Lorient, seul choc de Ligue 1, s’annonce tout aussi déséquilibré que d’autres samedi (21H00).

Cet été, Rennes et la famille Pinault ont déboursé quelque 80 millions d’euros pour consolider leur ambition européenne. Certes, le champion du monde Steven Nzonzi et la pépite Eduardo Camavinga sont partis. Et Jérémy Doku, blessé fin août, n’a fait que quelques apparitions depuis.

Mais ces absences ont été largement compensées, à l’exception de celle récente de Flavien Tait, la turbine du milieu de terrain.

A l’issue d’un automne disputé tambour battant, les Rouge et Noir sont sur le podium de L1 et qualifiés pour les 8e de finale de Ligue Europa Conférence. Bruno Genesio regrettait même l’annulation du match contre Tottenham la semaine dernière à cause d’une flambée de Covid-19 dans le club anglais.

Sans enjeu pour Rennes, le match était l’occasion de donner du temps de jeu aux éternels remplaçants et de préparer les absences liées à la CAN. Mais la rotation sera limitée samedi, pour ne pas laisser les titulaires 10 jours dans match avant le déplacement mercredi à Monaco.

“4 à 5 joueurs de National”

En face, Lorient est loin de ces problèmes de riches… Après avoir beaucoup investi lors de sa remontée dans l’élite à l’été 2020, le club a dû réduire la voilure, frappée par la crise financière liée aux mesures de huis clos sanitaires et au fiasco Mediapro.

Yoane Wissa a été vendu à Bentford et les prêts de Trevoh Chalobah (Chelsea) et Andreaw Gravillon (Inter Milan) n’ont pas été prolongés. Des piliers que le latéral brésilien Igor Silva et le défenseur central allemand Moritz Jenz, seules arrivées de l’été, n’ont pas réussi à faire oublier.

Parallèlement, les blessures se sont accumulées. Fin novembre à Angers, Christophe Pélissier a dû se passer de six titulaires potentiels restés à l’infirmerie, sans compter la suspension de Jérôme Hergault, qui en est à deux cartons rouges pour six matches joués cette saison.

Si certains blessés sont revenus, Lorient est encore privé de Jérémy Morel, défenseur central d’expérience, et surtout de son précieux capitaine Fabien Lemoine, touché à un mollet depuis début novembre et pas attendu avant fin janvier. De quoi contraindre l’entraîneur à piocher dans la réserve.

“On finit avec 4 à 5 joueurs de National 2”, relevait Pélissier il y a quelques semaines.

“Une manière de s’en sortir”

Parmi les nouvelles têtes promues en urgence, Léo Pétrot, défenseur central de 24 ans, évoluait la saison dernière à Andrézieux, une équipe de National 2 (4e div.). Samuel Loric, 21 ans, revient d’une saison à Avranches (National). Et Théo Le Bris, milieu de terrain formé au club, compte déjà une heure de jeu en L1, avant même son premier contrat professionnel signé la semaine dernière.

Aucun n’a démérité, mais il ne fallait pas non plus attendre de miracle dans un groupe en pleine crise: après un bon début de saison, Lorient reste sur 11 matches sans victoire et sept défaites d’affilée. Et vient de replonger dans la zone rouge, 19e à égalité de points avec Metz.

Malgré tout, le président Loïc Féry a maintenu publiquement son soutien à Pélissier et les joueurs ont montré dimanche que, même rapidement menés, ils n’avaient pas l’intention d’abdiquer.

En L1 fin novembre, l’attaque rennaise avait dû attendre le dernier quart d’heure pour faire la différence et s’imposer 2-0 au Moustoir. Et Genesio prévient: “Ils sont dans une série négative, mais c’est une autre compétition. Pour eux, c’est une manière de s’en sortir”.

“Qu’est ce qu’on risque?”, fait valoir Pélissier. “C’est la Coupe, à nous de l’aborder avec l’idée du petit, mais on a aussi nos arguments à faire valoir. Si on y va dans la peau de la victime, ce n’est pas la peine”.