Coupe de France: Der Zakarian veut soigner la note finale

L’entraîneur de Montpellier Michel Der Zakarian lors du match contre Angers au stade Raymond-Kopa, le 4 avril 2021
/ © 2021 AFP

Son départ acté, l’entraîneur de Montpellier Michel Der Zakarian veut soigner sa dernière note par un coup d’éclat en demi-finales de Coupe de France mercredi face au Paris SG (21h00), favori cabossé par son élimination en Ligue des champions et ses difficultés en championnat.

+Der Zak+, âgé de 58 ans, boucle un cycle de quatre ans avec le désir farouche d’offrir un trophée et une qualification européenne au club de la famille Nicollin, de ponctuer son bilan flatteur sans goût d’inachevé et d’attiser peut-être des regrets auprès de tous.

“Faire une finale c’est magnifique. J’en ai fait deux comme joueur, jamais comme entraîneur. Ce sont des soirées extraordinaires à vivre pour un joueur”, s’est souvenu Michel Der Zakarian, quelques jours après l’annonce du non-renouvellement de contrat.

“Une montée, c’est très bien aussi. Mais, les émotions sont différentes. Elles sont plus fortes en Coupe, car il y a une sentence immédiate. J’ai vraiment envie d’en vivre une belle avec mon groupe”, a-t-il lancé.

Le vendredi 30 avril, le président Laurent Nicollin a préféré “passer à autre chose” plutôt que reconduire le contrat de +Der Zak+, arrivé en toute discrétion en 2017.

Bande joyeuse

Durant quatre saisons, l’ancien technicien de Nantes (2007-2008, 2012-2016), Clermont (2010-2012) et Reims (2016-2017) a pourtant stabilisé dans les dix premiers de L1 une équipe qui n’avait cessé de tanguer depuis le départ de René Girard (2009-2013), sacré champion en 2012 à la tête du MHSC.

Gros travailleur, persévérant, la tête toujours relevée dans l’adversité, +Der Zak+ a conduit son équipe jusqu’à la lisière des places européennes, échouant notamment à la 6e place au printemps 2019. “En bossant en harmonie avec toutes les composantes du club”, notamment au niveau du recrutement, le technicien à l’image austère a fait de “cette équipe chiante à jouer” une bande joyeuse et spectaculaire autour de son tandem d’attaquants Delort-Laborde, auteurs de 29 buts et 17 passes décisives à eux deux cette saison.

+Der Zak+, qui a fait ses classes à Nantes au pays de “Coco” Suaudeau, a l’opportunité d’ajouter une touche de couleur dans une carrière passée jusque-là dans l’ombre, en ajoutant un premier trophée après avoir permis aux Canaris nantais de remonter en Ligue 1 à deux reprises.

Ce technicien qui brille par sa constance et sa “volonté de progresser chaque jour” peut ainsi laisser une trace durable dans l’histoire de Montpellier, au palmarès couronné d’une Coupe de France (1990) et d’un titre de champion de France (2012).

Empreinte profonde

Il y a 31 ans, cet ancien défenseur dur au mal était déjà Montpelliérain lors de la victoire en Coupe de France face au Racing Paris 1 (2-1), en tant que remplaçant de la charnière formée de Laurent Blanc et Julio César. Quatre ans plus tard, il était le capitaine d’une jeune bande de gamins (Carotti, Lefèvre, Bonnissel…), battue en finale (3-0) par l’Auxerre de Guy Roux.

Toujours un peu en retrait, ou plus exactement dans l’ombre d’un club peuplé de fortes personnalités, +Der Zak+, qui aura passé la moitié de sa vie professionnelle sur les bords de la Méditerranée (22 ans), peut laisser une empreinte profonde.

“Ce n’est pas facile de faire quatre ans dans un même club. Michel, qui a pris une équipe en souffrance, l’a fait progresser. C’est une totale réussite depuis qu’il est là”, assure le défenseur Daniel Congré, l’un de ses fidèles lieutenants.

+Der Zak+ ne part pas seul. Il va quitter Montpellier dans le sillage du vétéran brésilien Vitorino Hilton, promis à la retraite à l’âge de 43 ans un an après son ami, l’attaquant sénégalais Souleymane Camara. Pour, l’un et l’autre, qui partagent bien des choses, c’est l’heure de sceller leur passage avec une fin triomphale.