Coupe de France: après l’âge d’or, Sedan veut “retrouver la lumière”

L’ancien attaquant de Sedan, Cédric Mionnet, pose au centre d’entraînement du club, le 27 mars 2021 à Bazeilles
Par Nicolas BLASQUEZ / © 2021 AFP

Sedan (N2), qui accueille Angers (L1) mercredi en 8e de finale de Coupe de France, “a une belle occasion de retrouver la lumière” plus d’une décennie après son âge d’or, selon Cédric Mionnet, l’ancien attaquant sedanais, qui vit toujours dans les Ardennes.

Les +Sangliers+, qui évoluent en National 2 (4e division) pour la quatrième saison consécutive, tentent en effet de retrouver le monde professionnel quitté après un dépôt de bilan en 2013 qui a marqué la fin d’une époque dorée commencée 15 ans plus tôt.

En 1998, Sedan décrochait son accession en L2, et la saison suivante allait être encore plus inoubliable avec une inattendue montée en Ligue 1 et une finale de Coupe de France, perdue face à Nantes (1-0) malgré le soutien de plus de 25.000 supporters et la présence de sa mascotte, la laie Césarine.

“Avec la finale de la Coupe de France, on a réveillé les anciens et avec la Ligue 1, on a réveillé les jeunes, c’était impressionnant et cela a fait un beau mélange. Cette période était très forte, le public était fantastique, on ressentait l’amour des gens”, explique à l’AFP Cédric Mionnet.

Sedan allait ensuite connaître quatre saisons consécutives dans l’élite marquées par deux participations européennes en Coupe Intertoto et en Coupe de l’UEFA.

“Une bande de potes”

“On a réussi ce parcours incroyable car on était une bande de potes, simples et humbles. En L1, on n’avait peur de personne, on était complètement décomplexé. Pour nous, ce n’était pas un métier, on assouvissait notre passion. La notion de plaisir avait vraiment un sens”, se souvient Cédric Mionnet.

L’ancien attaquant, aujourd’hui âgé de 46 ans, a gardé un souvenir impérissable de son passage dans les Ardennes… où il est revenu dès la fin de sa carrière pour entamer sa reconversion.

“J’ai arrêté à l’issue d’une dernière saison avec Tours au printemps 2006. On montait de National en L2 et ils m’ont proposé une année de contrat. Je me décevais car je n’avais pas la possibilité de montrer mes qualités donc j’ai décidé d’arrêter”, raconte à l’AFP le natif de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Dans la foulée de cette décision, il reçoit un coup de téléphone qui va changer son destin: le directeur général du Conseil départemental des Ardennes, qui voulait un ancien athlète de haut niveau à la tête du service des Sports, lui propose de l’embaucher.

“De la pelouse à la moquette”

“J’ai été surpris et content qu’on me contacte. Ça me faisait un peu peur au début car je ne savais pas si j’aurais les compétences, souligne l’ancien attaquant. Je suis donc passé de la pelouse à la moquette, sans transition !”

L’aventure dure depuis presque 15 ans et Cédric Mionnet a aujourd’hui pour mission de gérer la Maison départementale des Sports et deux bases de loisirs.

“J’avais peur qu’ils me prennent juste pour mon nom, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas le cas. Je dois beaucoup à la collectivité, elle m’a permis d’évoluer et je lui en serai toujours reconnaissant”, explique-t-il.

L’ancien attaquant a gardé un lien avec le CCSA puisqu’il entraîne bénévolement l’équipe 2 des U15, une manière de “rendre un peu au club tout ce qu’il m’a donné”. Et il revoit ses anciens coéquipiers au moins une fois par an, en souvenir de ces belles années sedanaises.

Titulaire du diplôme d’entraîneur de football (DEF), Cédric Mionnet pourrait entraîner jusqu’au niveau National. A Sedan ? “Je ne cours pas après ça, ce n’est pas un rêve, même si je ne ferme pas la porte”, glisse-t-il avec le sourire.

Pour Cédric Mionnet, si le club veut renouer avec son glorieux passé, “il faut repartir de la base, la formation, car on a un vivier intéressant et on n’a pas les moyens de recruter. C’est comme ça que le club pourra retrouver sa place, qui est au moins en L2.”