Coupe d’Allemagne: Leipzig-Dortmund en finale, le bal des prétendants

L’attaquant norvégien de Leipzig, Alexander Sorloth (g), salue son compatriote de Dortmund, l’attaquant Erling Braut Haaland, à la fin de leur match de Bundesliga, le 9 janvier 2021 à Leipzig
Par Christophe BEAUDUFE / © 2021 AFP

Leipzig et Nagelsmann en quête d’un premier titre, Dortmund et Haaland à la recherche du temps perdu… La finale de la Coupe d’Allemagne oppose jeudi (20h45/18h45 GMT) deux ambitieux qui revendiquent le statut de “deuxième meilleure équipe d’Allemagne” derrière l’intouchable Bayern.

Neuf fois champion consécutivement, auteur du doublé la saison dernière, Munich a laissé cette saison un os à ronger à ses rivaux: pour la première fois depuis 2017, le “Rekordmeister” est absent de la finale, disputée traditionnellement au Stade olympique de Berlin.

Le huis-clos, pour la deuxième année consécutive, évitera un choc des cultures en tribunes.

Dortmund, avec ses 160.000 membres, ses racines profondément ancrées dans l’histoire industrielle de sa région, et son “Mur Jaune”, est l’image même du club populaire allemand.

Leipzig, fondé et financé par le groupe de boissons énergisantes Red Bull, est au contraire l’archétype du club monté de toutes pièces par un investisseur, un modèle violemment rejeté par les fans traditionalistes.

Leipzig: l’ambition Nagelsmann

Une victoire de Leipzig viendrait couronner deux ascensions fulgurantes: celle du club, fondé en 2009 en cinquième division et parvenu au sommet en une décennie, et celle du jeune coach Julian Nagelsmann qui, à 33 ans, a déjà mené trois fois une équipe sur le podium de la Bundesliga.

Le RB, créature de la firme Red Bull, a brûlé les étapes. Arrivé en première division en 2016, il a été vice-champion d’Allemagne derrière le Bayern dès sa première saison, et a atteint le dernier carré de la Ligue des champions quatre ans plus tard.

A deux journées de la fin, les “Taureaux Rouges” occupent la deuxième place de la Bundesliga, avec une philosophie bien particulière: alors que les quatre autres équipes du Top 5 du championnat possèdent un buteur spécifique, à 20 buts ou plus cette saison, eux s’appuient sur le collectif: les meilleurs marqueurs sont Marcel Sabitzer et Emil Forsberg, avec sept buts chacun.

Cette puissance collective a été insufflée par Nagelsmann, qui passe pour un surdoué des bancs de touche depuis qu’il a déboulé en Bundesliga à 28 ans avec Hoffenheim.

Mais il n’a toujours remporté aucun trophée.

Et même s’il a déjà réalisé un rêve en signant au Bayern à partir de la saison prochaine, le jeune coach veut son premier titre: “Je ne suis pas encore prêt à dire au revoir”, a-t-il lancé récemment en conférence de presse, “j’aimerais bien fêter ce titre avec les gars”.

Dortmund: l’atout Haaland

Pour Dortmund, une victoire jeudi serait également un peu plus qu’une ligne sur le palmarès. Depuis une Coupe d’Allemagne en 2017, le Borussia n’a plus rien gagné. A l’époque, Thomas Tuchel était sur le banc.

Aucun de ses successeurs n’a pu décrocher un trophée et sous Lucien Favre, le BVB a même laissé filer un championnat qui lui tendait les bras en 2018/19, avec 9 points d’avance sur le Bayern avant la fin des matches aller.

Une victoire ferait taire les critiques, qui estiment que Dortmund a perdu son ADN d’équipe conquérante et audacieuse. Ce serait aussi un formidable succès pour l’entraîneur intérimaire Edin Terzic, qui a succédé à Favre mais doit rendre les clés en fin de saison.

Samedi, lors d’une répétition générale en championnat, le Borussia a battu Leipzig 3-2, malgré l’absence de son buteur fétiche Erling Haaland, victime d’un coup à une cuisse.

Mais le prodige de 20 ans a repris l’entraînement mardi, et devrait être sur la feuille de match pour la finale, même s’il débute sur le banc. “Ça fait une vraie différence s’il joue ou pas”, a reconnu Julian Nagelsmann en début de semaine.

“Ça se présente bien. Erling a confiance et donc nous aussi”, a déclaré pour sa part le directeur sportif du BVB Michael Zorc, convaincu que le Norvégien sera bien sur la pelouse de Berlin.