Copa America: et Messi gagna enfin un gros trophée en sélection…

Lionel Messi enfin sacré avec l’équipe d’Argentine, en Copa America, le 10 juillet 2021 à Maracana de Rio de Janeiro
/ © 2021 AFP

Il a tout gagné en club, empilé les reconnaissances individuelles, il jongle avec les superlatifs mais son palmarès restait très maigre en sélection : Lionel Messi, en remportant samedi la Copa America, s’est adjugé la reconnaissance éternelle du peuple argentin, qui lui voue un culte.

Malgré son incroyable talent, le sextuple Ballon d’or restait essentiellement un joueur du Barça, l’institution qui l’a attiré alors qu’il était à peine entré dans l’adolescence, et pour laquelle il joue encore.

Dix titres de champion d’Espagne, quatre Ligues des champions, entre autres titres majeurs… le petit Argentin traité pour des problèmes de croissance à son arrivée en Catalogne a depuis marqué 672 buts et adressé 288 passes décisives pour les blaugranas, selon le site du Barça.

Mais le génie argentin semblait freiné dans son élan dès qu’il rejoignait sa sélection. Hormis sa médaille d’or aux JO de Pékin en 2008 avec les espoirs albicelestes, son parcours avec l’équipe nationale n’est émaillé que de déceptions, les dernières en date, une Copa America en 2019 et un Mondial en 2018 où il a été transparent, ne parvenant pas à peser sur le destin de son équipe.

L’héritage de Diego Maradona, son éternel modèle, décédé l’an passé, a longtemps semblé trop lourd à porter. Car le Pibe del Oro fut lui déterminant pour offrir son deuxième titre mondial à l’Argentine en 1986.

76 buts en 151 sélections mais aucun titre majeur. Une multitude de finales manquées (Mondial-2014, Copa America 2007, 2015 et 2016) et d’occasions perdues. Un stress visible dès qu’il revêtait le maillot ciel et blanc, le rendant parfois pataud, un comble.

La frustration de tout un peuple, aussi fier de l’idole Messi qu’incapable d’expliquer son blocage en sélection, s’est toutefois envolée samedi dans la nuit de Rio de Janeiro.

‘Le rêve d’une vie’

L’Argentine, en s’imposant sur la plus petite des marges (1-0) face au Brésil au Maracana, a remporté l’une des Copa America les plus décriées de cette compétition plus que centenaire, ternie par la pandémie de Covid-19 qui fait des ravages en Amérique latine.

Les Albiceleste étaient toutefois extatiques, se précipitant vers Messi dès le coup de sifflet final, puis jubilant sur le podium carioca, alors que “la Pulga” (la puce) brandissait la coupe tant attendue. Ce même Messi qui, à deux minutes de la fin du temps réglementaire, ratait son face-à-face avec le gardien brésilien Ederson, d’un crochet complètement raté.

Alors que toute l’Argentine sortait dans les rues pour célébrer son(ses) héro(s), oubliant jusqu’à l’existence de gestes barrières, les Albiceleste semblaient ne penser qu’à lui. Ils entouraient leur numéro 10 hilare, les yeux comme des billes de loto, l’énorme trophée entre ses mains. Puis ils le portaient à bout de bras, le faisant sauter en l’air.

Faire gagner Messi, “c’était mon rêve. C’est ce que je voulais le plus au monde”, a résumé quelques minutes après le match Emiliano Martinez, le gardien argentin, déterminant en finale.

“Nous l’avons donnée (la coupe) à Messi, celui qui le méritait le plus. Dans un Maracana qui était contre nous. (…) Donner le titre au meilleur du monde, c’est ce que je désirais le plus dans ma vie”, a-t-il insisté.

Le Leo national, du haut de ses 34 ans, a lui qualifié le moment de “folie”. “Ce que je ressens est impossible à expliquer. Je suis parti plusieurs fois triste (de compétitions) et je savais ce qu’on allait dire de moi”, a expliqué l’enfant de Rosario, né dans une famille désargentée.

“Il fallait que je m’enlève l’épine du pied pour gagner avec la sélection. Cela a pris énormément d’années. Je savais qu’à un moment, ça finirait pas arriver”, a ensuite raconté Messi.

“Cela s’est finalement passé au Brésil, en gagnant contre le Brésil (l’ennemi sportif de l’Argentine, NDLR). Je suis chanceux”, conclut celui qui “égale” donc au palmarès international son grand rival Cristiano Ronaldo, vainqueur de l’Euro-2016 avec le Portugal. Un détail qui n’en est pas un…