CAN: Diallo et Gueye, la même “fierté” de jouer pour le Sénégal (à l’AFP)

Les internationaux sénégalais du Paris Saint-Germain, le défenseur Abdou Diallo (g.) et le milieu de terrain Idrissa Gueye (d.) posent pendant une interview au centre d’entraînement Ooredoo, à Saint-Germain-en-Laye, le 17 décembre 2021.
Par Emmanuel BARRANGUET, Alexis HONTANG / © 2021 AFP

Ils n’ont pas grandi dans le même pays, mais Idrissa Gana Gueye et Abdou Diallo portent le même maillot du Sénégal, une “fierté”, ont confié à l’AFP les deux joueurs du Paris SG, qui, à la prochaine Coupe d’Afrique des nations, viseront la victoire, “forcément”.

QUESTION: Le Sénégal vise la victoire finale à la CAN (9 janvier6 février) ?

Abdou Diallo: “Forcément, il ne faut pas se cacher!”

Q: Qu’est-ce qui a manqué aux Lions en 2019, battus en finale par l’Algérie (1-0) ?

AD (qui n’était pas sélectionné puisqu’il jouait encore pour l’équipe de France Espoirs): “On t’écoute!”

Idrissa Gana Gueye: “Seulement la victoire finale… On avait fait une bonne CAN, on était allé jusqu’en finale, malheureusement on prend ce but-là dès le début (dès la 2e minute, NDLR) et ça a un peu gâché la finale, mais on espère que la prochaine fois sera la bonne!”

Q: Le Sénégal a perdu ses deux finales (2000 et 2019)…

AD: “Il y a une grosse attente, on la sent au quotidien là-bas, tout le monde nous en parle, même ici à Paris. Mais c’est normal, on représente un pays de football, les attentes sont élevées, mais c’est du positif.”

Q: Vous avez deux parcours différents, Gana vous avez grandi au Sénégal, Abdou en France et redécouvert récemment le pays de vos origines. Que représente pour vous ce maillot?

IGG: “C’est un rêve et une grande fierté de représenter notre pays. On avait des exemples en 2002 (quarts-de-finalistes de la Coupe du monde, NDLR) qui nous ont donné envie de défendre notre pays.”

AD: “Pour moi, il y a eu tout un cheminement, ce n’était pas aussi évident que pour lui qui est né là-bas, mais c’est très important, je peux renouer avec mes racines, découvrir mon pays d’origine plus profondément et j’en suis très content.”

Q: En sélection, ça parle français ou wolof?

AD: “Les deux! Il faut que j’apprenne le wolof. Lui (Gana) m’a pris sous son aile, comme ici au PSG, et puis je connaissais beaucoup de joueurs des terrains, et aussi des sélections, parce que je ne suis pas le seul binational. J’ai reçu un très bon accueil.”

Q: Racontez votre première sélection.

IGG: “C’était à Mantes contre la Guinée en novembre 2011 (4-1). C’était un moment exceptionnel pour moi, j’étais trop fier d’être sélectionné. Malheureusement je n’ai pas été retenu pour la CAN suivante (2012).”

AD: “Contre le Congo (0-0) en mars 2021, en face il y avait Dylan Bahamboula (formé avec Diallo à Monaco, NDLR), donc c’était encore plus spécial parce que j’avais un de mes meilleurs amis, et mon premier match pour le Sénégal, j’aurais aimé que ce soit au Sénégal mais c’était au Congo. C’était beaucoup de fierté, beaucoup d’émotion et beaucoup d’inconnues. Mais ça s’est super bien passé, j’ai pris deux gros tacles sur les deux premières minutes, ça m’a mis dans le bain et après j’ai fait mon match!”

Q: Et votre meilleur souvenir?

IGG: “C’est trop tôt pour toi! (rires)”

AD: “Non, t’es fou ou quoi (rires)?! C’est mon premier but! Un vrai but d’attaquant (contre le Togo, 2-0). Ca s’est vu à la célébration, un vrai gamin qui célèbre (il a étreint tout le banc de touche, NDLR).”

IGG: “Moi c’est forcément quand on est arrivé en finale de la CAN-2019, et le pire c’est quand on a perdu la finale…”

Q: Quel est votre poste en sélection?

AD: “Pour l’instant, je joue en charnière avec Kalidou (Koulibaly). Mais je suis à la disposition du coach et de la sélection, si on a besoin de moi ailleurs, j’irai, mais pour l’instant je suis central et j’y suis très bien, avec le ministre de la Défense (Koulibaly) (rires).”

IGG: “Au milieu, mais là-bas le coach me demande d’être plus offensif (qu’au PSG, NDLR).”

AD: “+Box to box+!”

IGG: “Voilà, de faire du +box to box+ (de surface à surface, NDLR), je suis un peu plus libéré là-bas.”

Q: Avez-vous des doutes sur le tenue de la CAN au Cameroun en janvier?

IGG: “On en parlait à l’instant avec Achraf (Hakimi, international marocain du PSG). Oui, on a des inquiétudes, on a peur que ça ne se dispute pas, mais ce serait dommage, on espère vraiment qu’on va pouvoir disputer cette CAN parce que c’est important pour nous, c’est notre compétition.”

AD: “Et puis on veut la gagner, pour la gagner il faut la jouer (rires)!”

Propos recueillis par Emmanuel BARRANGUET et Alexis HONTANG