C4: Rennes peut avoir des regrets

La joie du milieu de terrain de Leicester, Marc Albrighton (d), après avoir ouvert le score à domicile face à Rennes, lors du 8e de finale aller de la Ligue Europa Conférence, le 10 mars 2022
/ © 2022 AFP

En prenant un deuxième but dans le temps additionnel, au terme d’un match où il n’avait pas été inférieur à Leicester, Rennes s’est tiré une balle dans le pied, jeudi, en huitième de finale aller de la Ligue Europa Conférence.

Le score de 1-0 était déjà frustrant, mais laissait la porte grande ouverte pour la qualification, mais le second but change la donne pour la qualification.

Et il est assez symptomatique de la maladresse qui a trop souvent habité les Bretons avec deux interventions de Nayef Aguerd, puis Warmed Omari, qui sont revenus dans les pieds des adversaires au lieu de couper court à la contre-attaque adverse.

Kelechi Iheanacho s’est finalement trouvé en position pour envelopper sa frappe et tromper Alfred Gomis alors qu’on jouait depuis plus de deux minutes dans le temps additionnel (2-0, 90+3).

Le résultat est d’autant plus rageant que Rennes avait vraiment bien commencé le match.

Compact, pour ne laisser aucun espace à son adversaire, fluide dans la circulation de balle, les Bretons avaient prouvé qu’ils n’avaient pas à rougir de la comparaison avec un club habitué à concourir pour les places de Ligue des champions en Premier League, même si cette saison est plus compliquée.

Ils ont même été les premiers dangereux avec un ballon qui est parvenu à Benjamin Bourigeaud, légèrement excentré dans la surface mais, au lieu de frapper au but, le milieu a préféré centrer fort devant le but et le ballon n’a été touché par personne.

Cruel manque de réalisme

Un mauvais choix assez caractéristique des limites offensives rennaises du soir.

Juste avant la pause, sur une remise en retrait habile de Gaëtan Laborde, Jonas Martin, dans l’axe et à l’entrée de la surface, mais sur son mauvais pied, a expédié le ballon dans le ciel (43e).

Rien n’a tourné dans leur sens pas même l’arbitrage avec un pénalty qui aurait pu être sifflé pour une main de Çaglar Söyünçü (53e).

Les hommes de Bruno Genesio avaient aussi semblé mieux finir le match que leurs adversaires, avec une frappe croisée de Martin Terrier repoussée par Kasper Schmeichel (74e) et Flavien Tait, de 20 mètres face au but, qui avait raté le cadre de peu (79e).

Défensivement, Rennes avait aussi très peu concédé des occasions à son adversaire, même si Leicester sans Jamie Vardy, touché à un genou et qui ne sera pas là pour le retour non plus, est moins menaçant.

Il avait même fallu une action brillante des Anglais pour ouvrir le score.

Sur un beau débordement de Harvey Barnes, le centre en retrait de l’attaquant était arrivé à l’opposé à Marc Albrighton, lancé, qui a frappé de bon coeur et sans contrôle du droit pour trouver la lucarne gauche d’Alfred Gomis (1-0, 30e).

Mais, hormis une frappe en pivot dans la surface de Kiernan Dewsbury-Hall (56e), il n’y avait pas grand chose à mettre à l’actif des Foxes. Jusqu’au dernier contre du match…

Au Roazhon Park, avec une ambiance qui sera sans doute moins policée que celle du King Power Stadium jeudi soir, Rennes peut encore croire en ses chances, mais il faudra être bien plus précis et efficace dans les deux surfaces.