C4: Lovro Majer, l’esthète croate qui fait rêver Rennes

L’entraîneur du Stade rennais, Bruno Genesio (gauche) félicite son milieu de terrain, le Croate Lovro Majer, durant le match de Ligue 1 contre le Montpellier Herault SC, au Roazhon Park à Rennes le 20 novembre 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

En quelques touches de balle, Lovro Majer a fait chavirer les cœurs: avec un collectif en feu et un artiste croate de 23 ans au milieu, Rennes peut rêver en grand, à l’heure de recevoir le Vitesse Arnhem jeudi en Ligue Europa Conférence (18h45).

En tête de leur groupe avec 10 points, les Rennais n’ont besoin que d’un nul pour se qualifier pour le tour suivant, mais une victoire pourrait même leur assurer la première place, directement synonyme de huitièmes de finale, en fonction du résultat de Tottenham (2e, 7 pts).

Un succès donnerait quoi qu’il en soit l’ascendant aux Bretons avant le dernier match dans 15 jours contre les Spurs à Londres.

Lors du match aller aux Pays-Bas, les Rennais s’étaient imposés 2-1 fin septembre à Arnhem. C’était au début de la montée en puissance des Rouge et Noir, inconstants en début de saison mais désormais invaincus depuis deux mois et 11 rencontres.

Arrivé fin août pour un transfert estimé à 12 millions d’euros (hors bonus), Majer est resté plus d’un mois sur la touche à cause d’une mystérieuse contusion mais il s’est ensuite coulé avec grâce dans un collectif pourtant bien huilé.

Après quelques apparitions en octobre, deux titularisations ont suffi début novembre: face à Mura (1-0) en C4 et contre Lyon (4-1) en L1, son aisance technique, son toucher de balle, son élégance et ses passes inspirées ont sauté aux yeux.

“Il joue juste”

D’autant qu’il est efficace: sa patte gauche a offert le but de la victoire à la tête de Loïc Badé sur coup franc contre Mura et il a été impliqué sur trois des quatre buts contre Lyon.

Une performance confirmée samedi face à Montpellier (2-0), où il s’est aussi retrouvé à la conclusion d’une magnifique action collective pour inscrire son premier but en Rouge et Noir.

“C’est facile de jouer avec lui, il sent le football”, assure Benjamin Bourigeaud. “Lovro, c’est un top joueur”, renchérit Flavien Tait, qui partage son souci de “se porter vers l’avant tout le temps, avec la volonté de déséquilibrer par la passe ou le dribble”.

“Il joue juste. Quand il faut jouer en une touche, il en est capable. Quand il faut la garder, il en est capable aussi”, explique l’entraîneur Bruno Genesio, en saluant “un volume de jeu assez exceptionnel”, avec 12 à 13 km parcourus à chaque match.

Côté supporters, c’est déjà l’amour fou. Les messages dithyrambiques fleurissent sur les réseaux sociaux et le public scande son nom au Roazhon Park.

Sur les pas de Modric

Né à Zagreb, Lovro Majer n’avait encore jamais quitté la capitale croate: il a été formé au Dinamo et a fait ses débuts professionnels en 2016 au Lokomotiv, où il a été désigné meilleur jeune du championnat la saison suivante, avant de revenir en 2018 au Dinamo.

“J’avais besoin d’un nouveau défi et j’ai pensé que Rennes était l’option parfaite”, a-t-il expliqué à la presse, en évoquant le style de jeu et les ambitions du club breton mais aussi l’intérêt international croissant pour la L1.

Sa réussite à Rennes lui a d’ailleurs rouvert les portes de l’équipe de Croatie, alors qu’il évoluait avec les Espoirs au printemps. Juste après sa démonstration contre Lyon, il s’est ainsi offert une troisième sélection et un doublé à Malte (7-1).

Et il est reparti avec le maillot de Luka Modric, l’illustre aîné dont il est annoncé à Zagreb comme l’un des héritiers. “C’est sympa d’entendre ça mais c’est l’un des meilleurs joueurs du monde. J’ai encore un long chemin à faire avant d’y parvenir (…) mais je vais tout faire pour”, a-t-il promis.