C3: Sidibé, “tonton” de Monaco à l’ambition retrouvée

Le défenseur monégasque Djibril Sidibé, sous le regard de son entraîneur croate Niko Kovac, lors de la finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain, le 19 mai 2021 au Stade de France à Saint-Denis
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

Afin de retrouver les Bleus et d’avoir une chance de défendre son titre au Mondial-2022, Djibril Sidibé sait qu’il doit briller avec Monaco, notamment en Ligue Europa, à commencer par jeudi contre la Real Sociedad, à Saint-Sébastien (18h45).

“Quand je me rappelle son retour la saison dernière et que je le vois aujourd’hui, c’est un joueur totalement métamorphosé. Comme un papillon !” lance Niko Kovac, l’entraîneur monégasque, qui ne tarit pas d’éloges à propos de son défenseur.

Il faut dire qu’en septembre 2020, à son retour de prêt d’Everton, le latéral droit n’était plus le joueur qui s’était affirmé lors de la saison 2016-2017. Monaco était alors devenu champion de France, demi-finaliste de la Ligue des champions, et Sidibé avait trouvé une place de titulaire en équipe de France.

Le club anglais n’a d’ailleurs pas levé l’option d’achat pour un joueur qui vivait pourtant son “rêve d’évoluer en Premier League”. Mais sans un excellent niveau physique, on n’existe pas outre-Manche.

Depuis, Sidibé a effectué un travail important sur lui-même. Au-delà d’un meilleur entraînement invisible, il s’est surtout astreint, à 29 ans, à retrouver un physique conforme à celui du joueur qu’il désire redevenir.

“Prouver toujours”

“J’ai commencé à jouer tôt en professionnel et à enchaîner pas mal de matches de très haut niveau, explique-t-il. Dès que le coach fait appel à moi, j’essaie de répondre présent. Je dois prouver. Prouver toujours. Je le sais.”

Sous contrat avec Monaco jusqu’en juin, il sait qu’il joue son futur dans les prochains mois. Lui, qui a vu ses compagnons du titre de 2017 s’engager dans les plus grands clubs européens, est resté à quai en Principauté.

Malgré de belles mais lointaines sollicitations, notamment l’Atlético Madrid, malgré ce prêt d’un an à Everton, il n’est jamais parvenu à séduire un club de standing supérieur. C’est donc le moment ou jamais pour le “tonton”, comme l’appellent les jeunes du vestiaire.

Sous les ordres de Kovac, Sidibé s’est donc réveillé et relancé. “Physiquement, tactiquement, c’était difficile à comprendre au début, se remémore le joueur. On a mis six mois pour le faire. A partir de janvier dernier, on a tous tout compris. Maintenant, malgré la déroute face au Shakhtar (en barrages de C1), il faut monter d’un cran individuellement et collectivement. J’espère répondre à ce que veut le coach actuellement. Et surtout, continuer à progresser.”

Blessé aux adducteurs le 26 août à Karkhiv contre le Shakhtar en prolongations, alors qu’il était en grande forme et en train de réaliser une très belle prestation, il a été titularisé contre Nice, dès son retour un mois plus tard.

“Apporter ma combativité”

“+Djibo+ est un joueur très important pour son expérience mais aussi son développement. S’il est prêt, il n’a aucune raison de ne pas jouer”, avait alors précisé son entraîneur.

“Je ne m’attendais pas à débuter, se souvient Sidibé. C’était un derby. Le coach m’a demandé si j’étais prêt. Avec le staff médical, on a pris le temps nécessaire et fait très attention parce que c’était musculaire. J’étais prêt physiquement. Et cela me démangeait de pouvoir jouer car ça a été très long.”

Depuis, Sidibé enchaîne. Après une mi-temps compliquée contre Saint-Etienne (3-1) et un match solide à Clermont (3-1), il retrouve progressivement du rythme. En même temps que Monaco renoue avec la victoire.

“Je dois apporter mon expérience, ma combativité, rassurer mes partenaires avec ma prestance”, confie le champion du monde, investi. “Mais je ne suis pas seul. Monaco, c’est un collectif. C’est ce qui a fait notre force la saison passée et ce qui doit être encore notre marque de fabrique.”

Dans l’antre du stade Anoeta de Saint-Sébastien, où Monaco s’était incliné 2-1 en amical d’avant-saison, lui et les siens auront une belle opportunité de démontrer que les actes valident les ambitions retrouvées.