C3: pour l’OM, gagner, avancer et souffler

Les Marseillais (de gauche à droite) Steve Mandanda, William Saliba, Leonardo Balerdi et Konrad de la Fuente, à l’issue du match de l’OM contre le FC Metz au Stade Velodrome de Marseille le 7 novembre 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Quatre jours après les incidents de Lyon-Marseille, durant lesquels Dimitri Payet a été touché au visage par une bouteille en plastique, l’OM défie Galatasaray sans son capitaine, jeudi en Ligue Europa à Istanbul, où l’équipe olympienne espère retrouver la sérénité et lancer enfin sa saison européenne.

Entre la trêve internationale et ce match interrompu à Lyon, qui n’aura duré que quatre minutes avant que Payet ne s’effondre, de nouveau touché par une bouteille remplie d’eau, lancée des tribunes adverses, on n’a plus vu l’OM sur un terrain depuis près de trois semaines et un sinistre match nul à domicile contre Metz (0-0).

Contre les Lorrains, les Marseillais avaient affiché leurs limites du moment: moins tranchants physiquement, ils restent dominateurs mais sont devenus plus lisibles pour leurs adversaires et se créent très peu d’occasions.

Ce manque d’efficacité offensive est un défaut qui a été particulièrement criant tout au long de la campagne de Ligue Europa, avec quatre matches nuls et quatre petits points en quatre rencontres, dont trois au moinsLokomotiv Moscou, Galatasaray au match aller et Lazio Rome au Stade Vélodromeont été maîtrisées par les hommes de Jorge Sampaoli.

Le match nul, concédé dans les dernières minutes du premier match à Moscou (1-1), est par ailleurs un lourd boulet que traînent les Marseillais et qui les obligent à gagner jeudi à Istanbul, où l’Algérien Sofiane Feghouli, interrogé par l’AFP, leur promet “une ambiance très, très chaude”.

“C’est une ambiance qui sera incandescente. C’est motivant, même si ça rend la communication difficile. C’est une ambiance que j’aime beaucoup et être dans ces stades avec une grande ferveur populaire me rend heureux”, lui a répondu Sampaoli en conférence de presse.

Seulement troisièmes de leur poule derrière Galatasaray et la Lazio, les Marseillais savent tout de même que deux succès lors des deux dernières journées leur assureraient a minima de jouer le barrage désormais réservé aux deuxièmes de chaque groupe, sorte de 16e de finale à disputer contre une équipe reversée de Ligue des champions.

Guendouzi attendu

Mais gagner à Istanbul ne sera pas simple pour l’OM, qui n’a remporté qu’un seul de ses six derniers matches, chez le promu Clermont (1-0), et a concédé trois nuls 0-0 sur la même période.

De leur côté, les Turcs sont en position de force au classement et veulent se racheter de leur défaite dans le derby d’Istanbul contre Fenerbahçe le week-end dernier.

“On a envie de rebondir. Une victoire contre Marseille nous ferait du bien, nous qualifierait et rendrait nos supporters heureux”, a reconnu mercredi l’international algérien Sofiane Feghouli.

Surtout, Marseille est affaibli. Dimitri Payet, qui de toutes les façons n’aurait sans doute pas été en état de jouer un match aussi chaud après les incidents de dimanche, est suspendu, comme Valentin Rongier.

Sampaoli doit donc trouver des solutions et l’une d’entre elles pourrait venir de Cengiz Under, l’international turc de l’OM, dont une photo géante accueille les visiteurs à l’aéroport d’Istanbul. Mais l’ancien Romain, qui a souffert du dos ces derniers jours, est encore incertain et a commencé à part l’entraînement de mercredi.

En jambes face à Metz, Konrad De la Fuente pourrait être une autre arme et l’OM espère surtout beaucoup d’Arkadiusz Milik, pas à 100% après sa longue blessure, mais qui doit tout de même porter l’équipe dans ce genre de rendez-vous.

Mattéo Guendouzi est lui aussi attendu, mais pas seulement par les Marseillais. Au match aller, il avait obtenu un penalty, finalement annulé après intervention du VAR. La suite de la rencontre et l’après-match avaient été marqués par ses prises de bec à répétition avec le latéral néerlandais de Galatasaray Patrick Van Aanholt, qui avait moqué “la perruque” du néo-international français.

Les supporters turcs ne devraient donc pas l’épargner et le siffler encore plus fort que les autres Marseillais.

Guendouzi n’a pas peur des ambiances brûlantes, mais quelques jours à peine après la triste soirée lyonnaise, la solidité psychologique des Marseillais sera forcément l’un des éléments centraux du match d’Istanbul.