C3: Monaco, l’exploit contre Braga ou la dépression

L’attaquant de Braga Abel Ruiz fête son but sous le regard du capitaine monégasque Wissam Ben Yedder, en Ligue Europa, le 10 mars 2022 à Braga
Par Christophe BELLEUDI / © 2022 AFP

Monaco, relégué à neuf points du podium en L1 et qui ne sait plus marquer, devra remonter deux buts à Braga, jeudi à Louis-II en 8e de finale retour de Ligue Europa, sous peine de vivre une fin de saison agitée en coulisses.

A force de brûler des jokers à chaque match, Monaco a dilapidé tout son bas de laine sportif. Éliminée en Coupe de France, l’équipe de la Principauté est irrégulière, parfois même inconsistante, en championnat où elle n’a pris que 12 points sur 27 depuis l’arrivée de Philippe Clement, à la place de Niko Kovac.

Elle est désormais, en plus, au pied du mur en Ligue Europa, après sa défaite (2-0) de l’aller. Avant la rencontre, Clement avait annoncé qu’il faudrait “un très grand Monaco” pour l’emporter. Ses joueurs ne se sont pas mis au niveau requis. La sanction a été implacable.

Incapables d’être efficaces dans les deux zones de vérité, offensive et défensive, ils ont poussé la faute jusqu’à prendre un deuxième but en toute fin de match, alors que les Portugais souffraient. Clement n’a pas aimé.

“On ne peut pas encaisser un but comme ça, à 5 contre 3 dans la surface, lâchait-il après la rencontre. Ce n’est pas bien. On fait une erreur sur leur seule occasion de la mi-temps.”

Clement en colère

Jusqu’à ce but du jeune et culotté Vitinha, Monaco pouvait envisager un retour en maîtrise. Et croire la qualification largement possible. Désormais, il n’y a plus de droit à l’erreur pour se hisser en quart-de-finale d’une compétition qui offre au vainqueur une place en Ligue des champions. L’objectif N.1 des dirigeants monégasques…

Pour l’ex-technicien de Bruges, qui a repris Monaco début janvier, les raisons d’espérer un revirement ne sont pas légion. Depuis la victoire à Marseille (1-0) il y a dix jours, son équipe régresse.

Trois jours après la défaite à Braga, elle a encore sombré. Cette fois, à Strasbourg (0-1) en L1, au terme d’un match insipide et contre un adversaire direct. Plus question alors, pour Clement, de protéger son groupe! Il n’a caché ni sa colère, ni son désarroi.

Il a exécré la façon dont ses joueurs, le capitaine Wissam Ben Yedder en tête, ont abdiqué et rendu une copie indigne d’un prétendant à la C1.

“J’ai dit les choses comme je le pensais dans le vestiaire, a-t-il froidement soufflé a posteriori. Je veux voir l’équipe réagir jeudi (contre Braga, ndlr) et les semaines suivantes. C’est la première fois qu’elle me déçoit. Ne pas se battre jusqu’au bout, c’est impossible! Je suis en colère.”

Inefficacité chronique

Surtout, Monaco a perdu son animation offensive. A Strasbourg, même le gardien Alexander Nübel a déploré l’incapacité à “pousser pour égaliser”, avant de conclure, euphémique: “Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions”.

En effet, depuis un mois et sept matches, toutes compétitions confondues, Ben Yedder, Volland et les autres tournent au ralenti: cinq petits buts inscrits, dont deux (par Maripan et Boadu) à Nantes, lors de l’élimination en Coupe (2-2, 4 t.a.b. à 2).

A Bordeaux, c’est le défenseur Marcelo, contre son camp, qui a permis l’égalisation. Contre Reims à domicile, Ben Yedder a marqué, avant un écroulement général (1-2). Seul le but, heureux, de Gelson Martins à Marseille a permis la seule victoire de cette piètre série.

Car au nul sans but contre Lorient (0-0) le 13 février, se sont ajoutées les deux dernières prestations stériles, où se sont mêlées inefficacité à Braga et incurie à Strasbourg.

Pourtant, Monaco veut y croire. Le directeur sportif Paul Mitchell et le vice-président Oleg Petrov font corps avec le successeur de Kovac. Mais à force de mauvais résultats, l’édifice qui semblait solide, commence à fissurer. En cas d’élimination, la dépression ne sera pas loin…