C1: Wijnaldum, la tête qui sort enfin de l’eau

La joie du milieu de terrain néerlandais du Paris Saint-Germain, Georginio Wijnaldum, après avoir égalisé (1-1) face à Leipzig, lors de la 4e journée de la Ligue des Champions, le 3 novembre 2021 à Leipzig
Par David COURBET / © 2021 AFP

Critiqué depuis son arrivée au Paris SG pour ses prestations décevantes, Georginio Wijnaldum, auteur d’un doublé contre Leipzig (2-2) mercredi en C1, a su saisir sa chance au meilleur moment, même si ses deux buts n’ont pas suffi aux Parisiens.

Lors de la première égalisation à la 21e, le Néerlandais de 30 ans, jusqu’ici cantonné à un rôle de joker de luxe au sein de l’effectif pléthorique de stars parisiennes, n’a pas contenu sa joie, refoulant une frustration visiblement accumulée depuis plusieurs mois.

“Le collectif du PSG ne se résume pas qu’à un seul joueur”, avait prévenu la veille l’entraîneur du RBL, Jesse Marsch. Si sa remarque faisait davantage référence à l’absence de Lionel Messi, blessé au genou, le coach américain avait bien vu juste.

Depuis le début de saison et jusqu’à ce match, Wijnaldum n’avait pu grappiller que 594 minutes de temps de jeu, un vrai camouflet pour l’ex-pilier de Liverpool arrivé libre l’été dernier dans la capitale.

Après une bonne préparation de début de saison, “Gini” avait connu une période de flottement qui l’avait vu être relégué dans la hiérarchie des milieux parisiens derrière Idrissa Gueye voire Danilo.

Tête rageuse

Mais mercredi, le Batave a tout d’abord profité d’un alignement des planètes, profitant des absences de Marco Verratti et Leandro Paredes blessés, pour fêter sa 8e titularisation sous la tunique parisienne.

C’était d’ailleurs sa première apparition en C1 depuis sa piteuse prestation lors du match d’ouverture contre Bruges (1-1) au cours duquel il avait été sorti dès la mi-temps.

Face aux Allemands, après un début de rencontre brouillon, à l’image de son équipe qui a eu beaucoup de déchets techniques, le PSG a d’abord relevé la tête, aidé par son gardien: alors que Leipzig aurait pu mener 2-0, Gianluigi Donnarumma a arrêté le penalty de Silva. Et tout a basculé.

Peu après, sur une récupération de Di Maria pour Neymar, le Brésilien a glissé dans un trou de souris la balle pour Kylian Mbappé qui, d’une touche de balle, l’a remisé au centre pour Wijnaldum qui n’avait plus qu’à la glisser au fond.

Avant la mi-temps, le milieu de terrain a récidivé d’une tête rageuse cette fois après un corner dévié par Marquinhos. Alors que l’arbitre l’avait dans un premier temps signalé hors-jeu, il a finalement accordé le but après vérification par la VAR.

Il s’agit du deuxième doublé de sa carrière en C1, après celui avec Liverpool le 7 mai 2019 en demi-finale contre Barcelone (4-0).

Comme libéré d’un poids, le Néerlandais est monté en puissance en seconde période, se montrant altruiste comme pour cette passe à Mbappé à la 53e devant le but alors qu’il semblait mieux placé pour frapper.

“Tout est nouveau”

Mais ses fulgurances n’auront pas suffi au PSG pour se faire rattraper dans les arrêts de jeu sur penalty.

“Nous devons progresser. Par moments, nous avons bien joué, contrôlé le match, en nous créant des occasions dont nous n’avons pas profité”, a déclaré le Néerlandais après la rencontre.

Pour expliquer son niveau moindre qu’attendu depuis son arrivée chez le vice-champion de France, le numéro 18 avait expliqué qu’il lui fallait encore du temps pour s’adapter au style de jeu parisien.

“C’est un nouveau début pour moi, dans un nouveau club et avec un nouveau staff. Tout est nouveau, dont le style de jeu. Le coach veut que l’on soit libre dans les matches, avec beaucoup de rotations de positions. Je dois aussi m’adapter à cela”, avait-il expliqué la veille lors de la conférence de presse d’avant match.

Sa prestation de mercredi n’a pas seulement dû rassurer le staff parisien mais aussi le nouveau sélectionneur des Pays-Bas, Louis van Gaal.

La situation compliquée du capitaine des Oranje (83 sélections, 26 buts) et son manque de temps de jeu faisaient l’objet de nombreuses critiques depuis plusieurs semaines dans tout le pays, certains fans demandant carrément son transfert dès cet hiver.

Une option qui n’a aucune raison de se concrétiser pour le milieu, dont le contrat court jusqu’en 2024. A condition que sa solide prestation n’ait pas été qu’un coup d’essai.