C1: Werner contre Ramos, l’ambitieux et le revenant

L’attaquant allemand de Chelsea Timo Werner lors d’un match de Premier League contre Fulham à Stamford Bridge, le 1er mai 2021
Par Christophe BEAUDUFE, Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

L’un veut conjurer sa malédiction devant les cages, l’autre revient dans son rôle de stoppeur royal: Timo Werner et Sergio Ramos se livreront un duel avec vue sur la finale mercredi (21h00) lors de Chelsea-Real Madrid en demi-finale retour de Ligue des champions.

Après le nul 1-1 de la première manche en Espagne, les deux hommes vont se retrouver face à face, avec chacun l’envie de rattraper le temps perdu: Werner, parce qu’il n’a pas marqué à l’aller, Ramos parce qu’il n’a même pas joué (blessure au mollet).

Le retour de Ramos, préservé ce week-end, tombe à pic: le capitaine de la “Maison blanche” est le parfait porte-parole de son entraîneur Zinédine Zidane sur le terrain, alors que le Real Madrid a perdu Raphaël Varane, touché à la cuisse droite lors de la victoire 2-0 contre Osasuna, samedi soir en Liga.

Comme Eden Hazard, redevenu titulaire samedi en Liga, Ramos (35 ans) traverse une saison cauchemar, minée par les blessures.

Dans une année charnière où il doit négocier la prolongation de son contrat au Real (qui expire le 30 juin), Ramos a manqué cinq matches entre novembre et décembre à cause d’une lésion musculaire à la cuisse droite, puis a été opéré du genou gauche début février, ce qui lui a fait manquer près de deux mois de compétition.

L’étanche rideau blanc

Revenu mi-mars, il n’a disputé que deux matches avec le Real (contre Elche en Liga et contre l’Atalanta Bergame en 8es de finale de C1) avant de se blesser à nouveau, cette fois-ci au mollet gauche, avec la sélection espagnole fin mars contre le Kosovo.

Après un mois de rétablissement où il a par ailleurs contracté le Covid-19, Ramos a repris l’entraînement collectif la semaine dernière, pour revenir à temps pour la fin de la saison et pour ce rendez-vous européen primordial.

En son absence, le rideau blanc a parfaitement conservé son étanchéité, avec un petit but encaissé sur les six derniers matches: celui marqué par Christian Pulisic à l’aller.

Il s’agit de la seule soirée depuis près d’un mois où la défense blanche à trois centraux a montré des signes de faiblesse, laissant beaucoup trop de champ libre aux “Blues” pour agresser la cage de Thibaut Courtois, avec notamment un couloir gauche très perméable en l’absence de Ferland Mendy (touché au mollet gauche).

Hormis cette rencontre sans, la solidité défensive des Madrilènes a été saluée par “Zizou” lui-même en conférence de presse, vendredi: “Défensivement, on fait les choses bien, on travaille tous ensemble”, a-t-il apprécié.

Saison d’adaptation

Pour percer cette défense, Thomas Tuchel comptera sur Werner.

Mais l’attaquant de 25 ans, présenté lors de ses débuts à Leipzig comme le grand buteur de l’Allemagne des années 2010, n’a pas vraiment justifié les 53 millions d’euros de son transfert à Chelsea en début de saison: six petits buts en Premier League, et trois en phase de poule de Ligue des champions. Bien peu pour un talent de son calibre.

Sans parler comme pour Ramos de saison cauchemardesque, Werner semble vivre une difficile période d’adaptation, alors même qu’il a eu la confiance de ses deux entraîneurs successifs Frank Lampard et Thomas Tuchel.

Son but vainqueur le 24 avril contre West Ham (1-0), crucial parce qu’il a placé Chelsea en position favorable pour se qualifier pour la prochaine C1, est même apparu comme une libération. Son dernier remontait à plus de deux mois.

Pour autant, l’international allemand sait se mettre au service de l’équipe, aller dans les duels, garder la balle et travailler défensivement.

Et contre Madrid, qui devra se découvrir pour aller marquer un but à Stamford Bridge, sa vitesse et sa capacité à plonger dans les espaces en profondeur pourraient être les meilleures armes des Blues.