C1: Verratti, Fernandes, Pogba… Milieux en chantier pour ManU-PSG

Le milieu de terrain portugais de Manchester United, Bruno Fernandes (c), entouré des attaquants uruguayen Edinson Cavani (g) et français Anthony Martial, lors du match de Ligue des Champions contre Istanbul Basaksehir, le 24 novembre 2020 à Old Trafford
Par Frédéric HAPPE avec Adrien VICENTE à Paris / © 2020 AFP

Bruno Fernandes et Marco Verratti en maîtres à jouer, et autour, la pagaille. Manchester United et le Paris SG, opposés mercredi en Ligue des champions, souffrent des mêmes maux à l’heure de constituer leur milieu pour cette rencontre décisive en vue des huitièmes.

Fernandes-Verratti, valeurs sûres…

Un dynamiteur et un patron. Bruno Fernandes pour Manchester et Verratti pour le PSG sont le coeur de leur équipe, l’indispensable chaînon qui assure la transmission entre défense et attaque.

Déjà comparé aux légendaires Eric Cantona, Wayne Rooney ou Cristiano Ronaldo, le Portugais (26 ans) est devenu en dix mois le leader de l’équipe mancunienne.

“On peut tous apprendre de sa mentalité de vainqueur. Quand on est à 2-0, il voudra le 3-0 et s’il y a 4-0, il voudra le 5-0. Il veut toujours que l’équipe s’améliore”, l’a loué son entraîneur, Ole Gunnar Solskjaer.

Tous les ballons transitent par l’ancien milieu du Sporting Portugal, dont le sens de la passe et du déplacement font merveille dans les phases de transition, alors que ses qualités sur coup de pied arrêté et dans la finition donnent des solutions à son équipe face aux défenses placées.

Décisif 35 fois en 36 matches avec les “Red Devils”, le milieu arrivé l’hiver dernier porte sur ses épaules une équipe incapable de trouver un rythme de croisière ou un schéma de jeu durable.

La même responsabilité repose sur les épaules de Verratti, de retour avec le PSG après une blessure musculaire qui l’a éloigné des terrains pendant plus d’un mois.

Le “Petit Hibou” de 28 ans est attendu pour remettre de la fluidité dans un jeu parisien en manque d’idées sans lui.

Entré en toute fin de match contre le RB Leipzig mardi (victoire 1-0), le joueur le plus capé de l’histoire du club en C1 (61 matches) a immédiatement relevé le curseur.

Le milieu récupérateur a laissé la même impression samedi en Ligue 1 face à Bordeaux, en étant le meilleur de son équipe malgré le nul (2-2).

“Marco peut tout changer dans nos plans et sur le terrain”, l’a complimenté l’entraîneur Thomas Tuchel.

“Il a une qualité incroyable. Dès qu’il rentre, on voit sa qualité, même après une longue absence”, a renchéri le capitaine Marquinhos.

… et autour, le brouillard

Mais, entre blessés, cadres en méforme et outsiders prometteurs, l’entrejeu est un chantier permanent pour Tuchel comme pour Solskjaer.

Le milieu du PSG n’a pas été épargné par la spirale de blessures provoquées par l’absence de préparation d’avant-saison et le calendrier ultra-dense.

Outre Verratti, Julian Draxler, Leandro Paredes et Idrissa Gueye ont chacun raté plusieurs matches, obligeant Thomas Tuchel à changer son fusil d’épaule à chaque rencontre, entre 4-3-3 et 4-4-2.

“On peut faire un bon mix entre des joueurs différents. Cela dépend de l’état physique, de l’état d’esprit, de l’adversaire”, a résumé le technicien sans dévoiler son système préféré.

Mais ses choix demeurent limités par son effectif restreint. L’Allemand a essuyé une nouvelle vague de critiques pour avoir repositionné au milieu pour quelques matches Marquinhos, dont il apprécie la qualité de passe, alors que le Brésilien était attendu en défense centrale cette saison.

Pendant que les recrues Rafinha et Danilo Pereira poursuivent leur intégration, Ander Herrera, ex-Red Devil devenu le joueur de champ parisien le plus utilisé cette saison, incarne l’une des rares certitudes.

Côté Manchester United, la grosse inconnue s’appelle Paul Pogba.

En délicatesse avec une cheville depuis la trêve internationale, le Français est aussi en manque de rythme et de confiance quand il joue. Rien n’assure qu’il débutera le match dans un milieu de terrain encore très changeant.

Légèrement écarté dans un milieu en losange ou dans un rôle plus de récupération plus axial, le positionnement du champion du monde est un casse-tête.

Depuis que Solskjaer a opté pour un milieu renforcé avec double pivot, Fred, Scott McTominay et Nemanja Matic semblent plus adaptés que Pogba, qui souhaiterait un rôle plus offensif.

Mais l’ampleur prise par Fernandes, avec une efficacité que le Français n’a jamais eue depuis son retour à Old Trafford en 2016, lui ôte toute légitimité dans cette revendication. Et continue d’alimenter les doutes sur l’entrejeu mancunien.