C1: Solskjaer de retour à la case départ à Manchester United?

L’entraîneur norvégien de Manchester United, Ole Gunnar Solskjaer, quitte précipitamment le terrain après la défaite de son équipe à Leipzig, en match de groupes de la Ligue des champions, le 8 décembre 2020
Par Frédéric HAPPE / © 2020 AFP

Éliminé de la Ligue des champions par Leipzig, mardi, Manchester United a encore étalé ses lacunes et semé le doute sur la capacité d’Ole Gunnar Solskjaer, à nouveau sur la sellette, à faire progresser l’équipe.

Un point sur les deux derniers matches, c’est tout ce qu’il fallait à l’équipe mancunienne pour atteindre les huitièmes de finale.

Mais ni à domicile contre le Paris SG (1-3), ni à Leipzig (3-2), les Red Devils n’ont été à la hauteur de l’évènement.

Une désillusion qui semble placer l’entraîneur norvégien, pour la énième fois depuis sa nomination il y a un peu moins de deux ans, sur un siège éjectable: il jouera son avenir dans un quitte ou double dans quatre jours, lors du derby contre City à Old Trafford.

A Leipzig, un début de match catastrophique de ses hommes, sans jus, sans détermination, sans agressivité leur a rapidement coûté un déficit de deux buts, aggravé par un troisième à vingt minutes du coup de sifflet final.

“Allez ! Monte plus haut !”, “faites circuler la balle plus vite !”. Dans un stade vide, les micros d’ambiance ont parfaitement capté les ordres restés lettre morte de Solskjaer sur le bord de la touche.

Et ce ne sont pas les deux buts tardifs des siens (80e et 82e) qui changeront le constat.

Faillite des joueurs

Si Manchester United a souvent réussi à renverser la vapeur cette saison, comme à Southampton (3-2) ou à West Ham (3-1) récemment, à l’étage au-dessus, ça ne suffit pas.

La faillite est avant tout celle des joueurs, entre les errements défensifs lors de la défaite à Basaksehir (2-1) ou contre Leipzig, et les occasions ratées d’Anthony Martial contre le Paris SG…

Même la bonne entrée de Paul Pogba, au lendemain de la bombe lâchée par son agent sur le temps de l’international français qui serait compté sous le maillot de United, n’a presque fait que souligner la rareté de ses fulgurances et sa médiocrité de plus en plus fréquente.

“On s’attend à les voir retrousser leurs manches, c’est ce qui doit caractériser la personnalité des joueurs à Manchester United. Mais je ne vois pas cela chez eux. Je ne vois pas des hommes avec qui je voudrais partir à la guerre, en qui avoir confiance. Vous voulez faire confiance à ces joueurs-là? Dieu nous vienne en aide”, avait lâché l’ex-aboyeur en chef des Red Devils, Roy Keane, il y a quelques semaines.

Il avait même dédouané par avance son ancien coéquipier: “je n’ai jamais eu besoin de regarder mon coach pour me motiver, ça vient de l’intérieur”.

“Ole va finir par perdre son poste à jouer avec des joueurs comme ça, aussi sûr que la nuit suit le jour, c’est ce qui va arriver”, avait-il ajouté.

Sur courant alternatif

Mais le Norvégien a évidemment sa part de responsabilité.

S’il a pacifié l’ambiance dans le club, fait progresser des joueurs comme Rashford, Martial ou Greenwood, arraché une qualification en C1 presque inespérée la saison passée et réussi à faire bien jouer son équipe dans des systèmes très différents, son emprise sur l’équipe reste incertaine.

ManU reste désespérément sur courant alternatif et quel que soit le système choisi, Solskjaer n’a aucune certitude sur ce que ses joueurs vont en faire.

Le 3-5-2 solide et percutant qui lui avait permis d’aller l’emporter à Paris 2-1, lors de la première journée, a été mardi soir insipide et déséquilibré.

Le 4-4-2 avec milieu en losange qui avait fait exploser Leipzig à Old Trafford (5-0) à l’aller, avait sombré quatre jours plus tard contre Arsenal.

“On ne peut pas rester bas pour défendre le 0-0. Ce n’est pas dans les gènes de l’équipe, pas dans les gènes du club, nous voulons jouer pour gagner le match”, avait-il affirmé en conférence de presse d’avant-match, pour au final n’aligner que trois joueurs offensifs au coup d’envoi contre Leipzig.

Et son équipe, pourtant en configuration défensive, a vu son arrière-garde rapidement céder, une déconvenue qui pourrait bien lui coûter son poste.