L’entraîneur de Lyon Rudi Garcia avant le coup d’envoi du match contre le Zenit Saint-Pétersbourg en C1, le 27 novembre 2019 à Saint-Pétersbourg
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

Un léger mieux en Ligue 1, mais trois défaites cruciales: Rudi Garcia, depuis son arrivée aux commandes de l’équipe mi-octobre, est encore loin d’impulser l’élan espéré à Lyon, même si une qualification pour les 8es de finale de Ligue des champions reste en vue.

Après la défaite à Saint-Pétersbourg mercredi (2-0), il affiche, parmi les techniciens comptant plus de 20 rencontres de C1 à leur palmarès, la moyenne la plus faible de la compétition (0,85 pt), avec seulement cinq victoires en 27 matches, selon le statisticien Opta.

Dans le lot, quelques sévères déroutes (6-1 contre le Bayern Munich en 2012 avec Lille, 7-1 encore devant le Bayern en 2014 et 6-1 face à Barcelone en 2015, avec l’AS Rome).

Depuis son arrivée à Lyon début octobre, Garcia a perdu chez la lanterne rouge du groupe G en C1, Benfica (2-1), puis en Championnat à Marseille (2-1). Le revers en Russie est un nouveau coup de griffe sur son CV, alors qu’il était déjà critiqué pour son incapacité à battre les gros quand il était à l’OM.

Certes, il a réussi à ramener Lyon dans la première partie du tableau de L1, à la faveur d’une série de trois victoires en quatre matches, obtenues face à des mal classés. Mais la 9e place actuelle le laisse dans une position délicate, qui pourrait vite se fragiliser en cas de défaite.

Pourtant, malgré ses faiblesses, l’Olympique lyonnais, actuel 3e d’un groupe de C1 moyen avec 7 points en cinq journées, peut encore se qualifier en battant Leipzig le 10 décembre au Groupama stadium, un adversaire qu’il avait su dépasser à l’aller (2-0).

Les excuses de Garcia

Quant au revers concédé mercredi à Saint-Pétersbourg, le technicien lyonnais peut faire valoir quelques excuses.

Pas au regard de l’arbitrage, qu’il n’a encore jamais invoqué depuis qu’il est à l’OL, mais plutôt en ce qui concerne l’absence de plusieurs joueurs, dont le seul capable actuellement dans l’effectif de faire basculer un résultat: Memphis Depay.

Des difficultés aggravées par le manque de profondeur du banc, comme en attestent les entrées en jeu de Ryan Cherki (16 ans) et Amine Gouiri (19 ans), loin d’être en mesure de renverser le cours d’un match de ce niveau.

Le premier, présenté comme un prodige, a logiquement encore tout à prouver, alors que le second, qui a compensé le forfait de Martin Terrier, malade de dernière minute, avait joué une période en Youth League plus tôt dans l’après-midi.

Et si les compositions d’équipes de Garcia ou ses choix en cours de match peuvent parfois être contestables, il est aussi à la tête d’une équipe dans laquelle trop d’éléments sont loin du niveau de la Ligue des champions. La faute à un recrutement discutable mais pourtant onéreux cet été.

La responsabilité de Juninho

Certains auraient peiné même à être remplaçants dans la formation dont Juninho était le maître à jouer dans les années glorieuses 2000-2010.

Un constat plusieurs fois souligné par le Brésilien depuis son retour au club comme directeur sportif et de nouveau après la rencontre en Russie.

Mais celui-ci porte également, par sa fonction à la tête du département sportif, une part de responsabilité dans la constitution de l’effectif. Il était aussi à l’origine du choix porté sur son compatriote Sylvinho pour être l’entraîneur en début de saison.

“Nous avons une équipe jeune. Je trouve qu’elle manque de caractère, de faim collective. Nous essayons de jouer au ballon mais sans l’agressivité qu’il faut pour gagner. Je pense que nous ne méritions même pas le résultat nul”, a-t-il reconnu.

On peut se douter que le président Jean-Michel Aulas saura, comme il l’a souvent fait, trouver les arguments forts pour motiver son équipe pour le rendez-vous face à Leipzig, crucial tant sportivement qu’économiquement pour le club.