C1: Raphaël Varane, le patient anglais

Le défenseur français de Manchester United, Raphaël Varane, à la lutte avec l’attaquant de Middlesbrough Folarin Balogun, lors du 4e tour de la Coupe d’Angleterre, le 4 février 2022 au Stade d’Old Trafford
/ © 2022 AFP

Souvent blessé, Raphaël Varane ne donne pas encore sa pleine mesure au sein de la défense plutôt friable de Manchester United qui joue, mardi (21h00, aller: 1-1), un match capital pour sa fin de saison en huitième de finale retour de Ligue des champions contre l’Atlético Madrid.

En octobre les adducteurs, 15 jours et trois matches manqués. En novembre les ischios, 50 jours et neuf matches manqués. En février des problèmes gastriques, un match manqué et en mars le Covid-19, encore un match manqué…

S’il y a bien un lieu que Varane a rapidement appris à connaître à Manchester United, où il est arrivé l’été dernier en provenance du Real Madrid, c’est l’infirmerie.

Acheté 42 millions d’euros pour devenir le complément idéal à Harry Maguire en apportant un peu plus de vitesse, une meilleure lecture du jeu et de la qualité dans la relance, le champion du monde de 28 ans n’a disputé que la moitié des minutes de championnat avec son club et environ 40% en Ligue des champions.

Un état de fait très frustrant pour l’entraîneur Ralf Rangnick.

“Son plus gros problème, les premières semaines, c’était qu’il avait toujours à soigner des blessures”, a admis l’Allemand il y a quelques semaines.

“On ne peut jamais se relâcher”

“Pour moi, c’est primordial qu’il reste en bonne santé et qu’il n’ait surtout pas d’autres blessures musculaires. Si cela arrive, il pourra évidemment devenir l’un des meilleurs défenseurs centraux du championnat”, avait-il poursuivi.

Ses absences à répétition ont fait naître chez certains observateurs un doute sur sa capacité à supporter le défi athlétique de la Premier League.

“L’intensité est très différente. Le rythme du match est vraiment très élevé (…) On ne peut jamais se relâcher, même si on mène au score et qu’il ne reste que dix minutes à jouer, tout peut arriver”, avait admis Varane dans un entretien au site du club.

Le sujet est d’autant plus brûlant que la défense a été le gros talon d’Achille des Red Devils cette saison.

Avec 40 buts encaissés en 29 journées de championnat, ils ont la pire défense des neuf premières équipes au classement. Et sont sur une moyenne qui les amènerait à 52 buts pris sur la saison entière, ce qui serait le deuxième pire total du club depuis que la Premier League existe (1992).

Mais si les automatismes avec ses partenaires sont loin d’être au point, les chiffres plaident tout de même en faveur du Français en y regardant de plus près.

Manchester moins perméable avec lui

Premier constat: les grosses défaites, que ce soit 4-2 à Leicester, 5-0 à Old Trafford contre Liverpool ou 4-1 à Watford et City

soit déjà presque la moitié des buts encaissés en championnat

-, ont été concédées sans Varane sur le terrain.

Ensuite, sans être irréprochable, l’arrière-garde mancunienne est indéniablement moins perméable quand il est là.

Sur les 1.972 minutes, toutes compétitions confondues, que les Mancuniens ont joué avec lui, ils ont encaissé 19 buts, soit 0,87 par match de 90 minutes en moyenne, alors qu’ils en ont encaissé 1,6 par match de 90 minutes sans lui.

Cinq des neufs matches terminés sans prendre de but l’ont été avec Varane, et il était aussi présent pour 13 des 18 matches où il n’ont pris qu’un but.

Jamais Manchester n’a pris plus de 2 buts quand il jouait et sur les 5 rencontres où la défense a cédé deux fois, une seule a abouti à une défaite

le premier match de C1 à Berne (2-1)

-, pour deux matches nuls et deux victoires, dont celle contre Tottenham (3-2) samedi, même si elle doit presque tout au triplé de Cristiano Ronaldo.

Des chiffres qui semblent donc donner raison à Rangnick. Le meilleur est sans doute à venir pour Varane en Angleterre, mais pour cela, il faudra qu’il puisse enfin enchaîner les matches.