C1: Rabiot à la Juventus, ni tout blanc, ni tout noir

Adrien Rabiot avec la Juve lors du match nul 1-1 à Monza en Serie A, le 31 juillet 2021
/ © 2022 AFP

Adrien Rabiot continue de vivre un paradoxe à la Juventus, hôte de Villarreal mercredi (21h00) en 8e de finale retour de Ligue des champions: le milieu français n’a jamais autant joué mais peine toujours à convaincre, régulièrement critiqué comme à l’aller en Espagne (1-1).

“Nouvelle tuile à la Juve après les blessures de McKennie et Kaio Jorge: Rabiot est lui en pleine forme…”

Le récent tacle de l’humoriste (et grand amateur de football) Gene Gnocchi dans son “agenda” hebdomadaire dans la revue Sportweek résume le regard déçu que porte souvent l’Italie sur Rabiot, dont le rendement est souvent jugé insuffisant.

Le Parisien est pourtant incontournable actuellement chez les Bianconeri: il n’a même jamais été autant titularisé en championnat (20 fois dans l’équipe de départ cette saison pour 24 apparitions au total), figurant dans le Top 5 des joueurs de champ utilisés par Massimiliano Allegri.

Les départs en janvier de Rodrigo Bentancur et Dejan Kulusevski (Tottenham) et d’Aaron Ramsey (Rangers), n’ont fait que conforter son temps de jeu dans l’entrejeu, où l’international français de 26 ans (24 sélections) est régulièrement chargé d’occuper le couloir gauche.

Pas un buteur

Et pourtant, Rabiot reste toujours aussi discuté. La faute à des attentes (trop) importantes accompagnant ce joueur longiligne et endurant, estime son entraîneur qui, comme Andrea Pirlo avant lui, a dû admettre que le Français n’avait pas l’impact offensif qu’il espérait.

A son retour à la Juve, l’été dernier, Allegri avait d’abord clamé que Rabiot (6 buts en 118 matches depuis son arrivée au pied des Alpes en 2019) devait davantage se projeter dans la surface adverse et surtout davantage marquer.

Mais “Max” a depuis recalibré ses attentes alors que Rabiot n’a pas encore trouvé le chemin des filets cette saison.

“Il peut décevoir quand tu t’attends à ce qu’il marque dix buts, parce qu’il donne le sentiment de pouvoir le faire, mais ce n’est pas dans ses caractéristiques”, a admis samedi Allegri.

“Il fait une bonne saison, il se sacrifie, court beaucoup, récupère des ballons, même s’il devrait être plus libre de se projeter vers l’avant”, a-t-il ajouté.

Le Français avait lui reconnu en décembre qu’il devait “faire plus”, avec davantage de buts et de passes décisives.

Tout près du rouge

“Je pense avoir progressé tactiquement en Italie, mais je sais que je dois encore faire plus”, avait assuré l’ex-milieu du PSG.

Sans s’offusquer des sifflets de tifosi bianconeri quelques jours plus tôt lors d’un match à Turin: “Je suis un professionnel, je fais ce travail depuis dix ans, je connais le football… Bien jouer est la seule façon de changer les choses”, avait-il souligné lors de ce qui constitue l’une de ses rares interventions médiatiques.

Titulaire quasi indéboulonnable de ce début d’année, Rabiot peut être crédité, avec des prestations sérieuses, du joli rétablissement turinois en Serie A: la Juve a éloigné le spectre de rater la C1 la saison prochaine en reprenant pied dans le Top 4, avec une série d’invincibilité en cours de quinze matches en championnat.

Mais à l’aller, à Villarreal, Rabiot a encore alimenté les critiques en raison d’un marquage approximatif sur l’égalisation des Espagnols en seconde période (1-1), même si Matthijs De Ligt apparaît aussi fautif sur l’action.

Quelques minutes plus tard, il est en outre passé tout près du carton rouge après une lourde semelle sur l’intérieur du genou gauche de Samuel Chukwueze.

Déjà averti en phase de poules, l’ex-Parisien est d’ailleurs sous la menace d’une suspension en cas de nouvel avertissement mercredi, ce qui lui ferait manquer d’éventuels quarts de finale. Pour peu que la Juventus passe l’obstacle des huitièmes, stade fatal à la “Vieille dame” ces deux dernières saisons, contre Lyon puis Porto.