C1: PSG, Manchester City, United, Chelsea… ultra-riches et ultra-favoris

Neymar, Kylian Mbappé et Lionel Messi au centre d’entraînement du Paris Saint-Germain le 28 août 2021 à Saint-Germain-en-Laye
Par Alexis HONTANG, avec Coralie FEBVRE à Lausanne / © 2021 AFP

A l’image de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, les plaques tectoniques du football européen ont bougé cet été, pour faire des plus riches, le Paris SG, Manchester City, Manchester United et Chelsea en tête, les ultra-favoris de la Ligue des champions, qui redémarre mardi.

Le mercato estival qui vient de s’achever a fait souffler un vent de folie sur la plus prestigieuse des compétitions de clubs, qui espère avoir laissé le Covid-19 derrière elle.

Des armadas se sont constituées des deux côtés de la Manche, grâce à l’assouplissement du fair-play financier (FPF) ainsi que la perspective du retour du public dans les stades, avec les revenus supplémentaires qui vont avec.

Ce contexte a favorisé les formations les mieux dotées, soutenues par un mécène ou un Etat qui ont épongé les pertes créées par la pandémie.

Les mastodontes anglais ont dégainé le chéquier, à l’image de City pour Jack Grealish (117 millions d’euros), et des “Blues” de Chelsea, champions d’Europe en titre, avec Romelu Lukaku (115 M EUR).

Les “Red Devils” ont surenchéri en recrutant Jadon Sancho (85 M EUR), Raphaël Varane (40 M EUR) et, surtout, Cristiano Ronaldo, le chouchou d’Old Trafford entre 2003 et 2009.

La superstar portugaise, après trois années mitigées à la Juventus, a senti qu’il avait de meilleures chances de soulever la “Coupe aux grandes oreilles” avec les Mancuniensce qu’il a déjà réussi, en 2008.

Messi a toujours faim

“On se rapproche des titres avec lui”, a assuré son coéquipier Bruno Fernandes. D’autant que Ronaldo a retrouvé avec bonheur le maillot rouge samedi avec un doublé contre Newcastle (4-1).

Comme en 2019 (Liverpool-Tottenham) et 2021 (Chelsea-Manchester City), la finale, prévue le 28 mai dans l’antre du Zénit à Saint-Pétersbourg, pourrait devenir une affaire anglo-anglaise.

Sauf si le PSG, l’autre grand vainqueur du mercato, s’en mêle. Le club, propriété du riche fonds souverain du Qatar, a réussi le coup le plus retentissant avec Messi, libre après avoir mis fin à 21 années d’union avec le FC Barcelone.

Comme “CR7”, la “Pulga” argentine n’a d’yeux que pour la Ligue des champions. “Le PSG était très près de la gagner. Mon rêve est de la remporter une cinquième fois”, a déclaré l’Argentin lors de sa présentation.

Finalistes contre le Bayern en 2020, les Parisiens pourront aligner un trio offensif exceptionnel, avec Messi, Neymar et Kylian Mbappé, peut-être dès mercredi à Bruges.

“Cette fois, c’est la bonne”: voilà l’air en vogue dans la capitale française, qui attend toujours sa première C1.

A Lille, l’autre représentant français en C1, la période est plutôt aux économies. Le champion de France mise sur la stabilité de son effectif pour essayer de créer la surprise.

Vers une “taxe de luxe” ?

Le tirage au sort a réservé aux Dogues une poule homogène (Séville, Wolfsburg, Salzbourg), quand le PSG est dans un groupe très relevé, aux côtés de Manchester City, du RB Leipzig et du Club Bruges.

Les chocs entre Parisiens et Mancuniens seront parmi les affiches de la première phase, à l’instar du plus classique FC Barcelone-Bayern, prévu dès mardi.

A l’écart des grandes manoeuvres du mercato, Barcelonais et Munichois ont initié un nouveau cycle cet été. Les Catalans avec Memphis Depay (ex-Lyon) comme joueur-clé, pendant que le jeune Julian Nagelsmann (34 ans) s’installait sur le banc bavarois.

Le Real Madrid de Karim Benzema, aussi, navigue entre deux eaux, après avoir échoué à attirer Mbappé cet été, se rabattant sur le prometteur milieu français Eduardo Camavinga.

La star montante Erling Haaland (Dortmund) ou le champion du monde français Antoine Griezmann, de retour à l’Atlético, promettent de jouer les trouble-fête, dans une compétition qui, ces dernières années, a fait la part belle aux surprises.

De quoi perturber la hiérarchie économique ? L’UEFA travaille dans le même temps sur une réforme du fair-play financier, qui encadrait depuis 2010 la course aux meilleurs joueurs en exigeant des comptes proches de l’équilibre.

La nouvelle donne pourrait prendre la forme d’une “taxe de luxe”: les clubs devraient limiter leur masse salariale à un certain pourcentage de leurs revenus, par exemple de 70%, mais conserveraient néanmoins la liberté d’investir au-delà, et devraient dans ce cas payer à l’UEFA une “taxe” correspondant au montant dépassant le plafond, qui serait ensuite répartie parmi les clubs plus vertueux.

L’UEFA a engagé cette semaine une vaste consultation pour une décision espérée en décembre, à mi-chemin d’une saison qui doit conduire les meilleurs clubs européens jusqu’à une éventuelle consécration à Saint-Pétersbourg.