C1: PSG et Bayern s’affrontent aussi sur le lucratif marché chinois

Des supporteurs chinois du PSG assistent à un entraînement du club à la veille du Trophée des champions, le 1 août 2019 à Shenzhen
Par Peter STEBBINGS / © 2020 AFP

Opposés dimanche à Lisbonne en finale de Ligue des champions, le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich sont également engagés, avec d’autres, dans une compétition acharnée de l’autre côté de la planète, sur le lucratif marché chinois.

La Chine, pays le plus peuplé au monde et sa deuxième plus grande économie, constitue un champ de bataille majeur pour les clubs européens les plus prestigieux, qui veulent profiter à plein des revenus d’une classe moyenne en fort développement.

Alors que le coup d’envoi de la finale aura lieu à 03h00 du matin en Chine, un horaire peu propice à déchaîner les foules, le Bayern a ainsi annoncé qu’il organiserait des sessions de visionnage de la rencontre pour ses fans dans 30 villes chinoises.

Les supporters chinois du PSG devraient également être au rendez-vous pour ce match diffusé sur la télévision d’Etat mais aussi en ligne.

Le Bayern revendique plus de 110 millions de fans en Chine même si ce chiffre est compliqué à établir.

Sur le réseau social Weibo, l’équivalent de Twitter, les Bavarois comptent 4,2 millions d’abonnés, contre 1,9 million pour le PSG. Mais l’attaquant du Bayern Thomas Müller en compte à lui seul 6,1 millions.

Les quintuples champions d’Europe se félicitent en tout cas de l’impact de cette nouvelle finale sur leur attractivité.

“Nous pouvons déjà le sentir et le voir”, assure Rouven Kasper, responsable du bureau du Bayern à Shanghai depuis son ouverture en 2016.

Paris veut doubler

Selon lui, le fait que les coéquipiers de David Alaba “jouent un football incroyablement attractif”, symbolisé par la destruction 8-2 du FC Barcelone en quart, a généré un intérêt supplémentaire.

En outre, la reprise plus précoce des matches en Bundesliga, dès mai, comparé aux championnats voisins, a également constitué un atout, affirme Rouven Kasper.

Du côté du PSG, les propriétaires qataris ont fait de la Chine une priorité “dès le premier jour” lorsqu’ils ont repris le club il y a neuf ans, souligne Sébastien Wasels, directeur général de la zone Asie-Pacifique.

“La Chine a toujours été extrêmement importante pour nous et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons fait une tournée avec l’équipe première en Chine ces deux dernières années (durant l’été). L’année dernière, toute notre tournée en Asie s’est déroulée en Chine”, rappelle-t-il.

Le club parisien, fondé en 1970, alors que le Bayern a été créé en 1900, tente “d’aller dans une direction différente pour essayer de cibler un public différent de celui du football traditionnel”, explique Sébastien Wasels, à l’image de ce partenariat avec la célèbre équipe chinoise de esport, LGD Gaming.

“Nous essayons vraiment d’être le club de la nouvelle génération… il est dans notre intérêt de faire en sorte que les jeunes fans qui n’ont pas encore de club deviennent des fans du PSG”, dit-t-il.

Le PSG qui se considère comme “probablement le club de football qui connaît la plus grande croissance en Chine”, selon Sébastien Wasels, espère doubler sa base de fans chinois grâce à un triomphe dimanche sur le Bayern, après y être déjà parvenu depuis 2017 avec les signatures de Neymar et Kylian Mbappé.